Le genre et la réduction des inégalités
femmes-hommes


© Nils Devernois

  • L’égalité entre les sexes est à présent reconnue par la communauté internationale comme un puissant facteur de développement durable, de croissance et de lutte contre la pauvreté. Néanmoins, aucun pays au monde, aussi développé soit-il, ne dispose à ce jour d’une organisation de la société permettant aux hommes et aux femmes de participer sur un pied d’égalité à la vie civique, économique, sociale, culturelle ou politique.

    C’est dans le but de contribuer à un développement durable, inclusif et équitable entre les femmes et les hommes que l’AFD a adopté en mars 2014 sa propre stratégie genre : le Cadre d’intervention transversal (CIT) sur le genre et la réduction des inégalités femmes-hommes.

Citoyenneté maya et droits des femmes

15/02/2017

Dans le haut plateau Occidental du Guatemala, les droits des femmes mayas s’améliorent grâce à un projet mis en place par Terre des Hommes France et le Mouvement Tzuk Kim Pop. Un projet, soutenu par l’AFD, qui repose sur une plus grande participation des populations à la sphère publique.

« Un jour, je serai maire de mon village. » L’ambition de Rosa Dominga Chaj Yac, membre de la commission des femmes de la municipalité de Cantel, dans la région du Haut Plateau Occidental au Guatemala, est le signe que la place des femmes est en train d’évoluer dans les communautés mayas où interviennent Terre des Hommes France et le Mouvement Tzuk Kim Pop.

Les deux ONG partenaires se battent pour faire avancer les droits des femmes dans des communautés marquées par la pauvreté, le machisme et les discriminations contre les femmes. Plus largement, c’est un projet pilote de bonne gouvernance et de participation citoyenne qu’elles ont mené de juin 2013 à mai 2016 dans quatre municipalités.
 


Femmes du Mouvement Tzuk Kim Pop ©Terre des Hommes France


Développer la participation citoyenne

En se basant sur les lois existantes au Guatemala, le projet a permis de développer fortement la participation citoyenne : aujourd’hui, les populations de ces municipalités, à plus de 90% amérindienne, participent à 11 commissions municipales. Elles travaillent conjointement avec les conseils municipaux pour que soient apportées des réponses concrètes à leurs besoins en matière d’éducation, de santé, de développement économique, d’environnement et de droits des femmes.
La part des femmes dans ces instances de participation est une réussite du projet : 36 % de femmes parmi les membres des instances municipales et 61% parmi les représentants de la société civile !
 


©Terre des Hommes France


Faire entendre la voix des femmes

Cette forte représentation féminine permet de faire entendre un certain nombre de préoccupations concernant la santé (maison d’accouchement respectant les traditions mayas, formation et revendication des savoir-faire traditionnels des sages-femmes et guérisseurs, laboratoire de plantes médicinales), l’éducation (bibliothèques scolaires, formation des femmes pour lutter contre la violence) ou encore l’environnement (gestion durable des forêts, conservation des ressources en eau). Les municipalités appuient par ailleurs l’activité des femmes, à travers l’élevage de poules pondeuses par exemple, pour améliorer leurs revenus. Objectif ? Développer leur indépendance économique pour qu’elles puissent exercer leurs droits et se libérer des violences dont elles sont victimes.
 

Des politiques publiques pour s’inscrire dans la durée

Au-delà de ces projets, l’ambition de Tzuk Kim Pop et de Terre des Hommes France est de favoriser la mise en place de véritables politiques publiques, pour inscrire toutes ces actions dans la durée et maximiser leur impact. Deux politiques publiques municipales, élaborées avec les femmes, ont déjà été adoptées. Elles incluent également des actions concrètes comme la réalisation et la diffusion de spots en langue quiché pour sensibiliser sur la violence, l'éducation et la santé reproductive.

 


©Terre des Hommes France
 

Vers plus de transparence

Avec « une participation citoyenne évidente », soulignée lors de l’évaluation externe du projet, il y a un an, cette première phase est un succès. Terre des Hommes France et le Mouvement Tzuk Kim Pop ont donc décidé de continuer à accompagner ces populations avec une deuxième phase, démarrée en août 2016, dans trois municipalités déjà soutenues et dans trois nouvelles. Dans la continuité des actions engagées depuis 2013, cette nouvelle phase comprendra également un accompagnement spécifique des jeunes et des femmes pour les aider à faire entendre leur voix et à participer aux instances de décision. L’accent sera mis également sur la transparence, du niveau communautaire au niveau municipal, et sur la lutte contre la corruption. L’AFD continue à soutenir ce projet, grâce auquel, un jour, peut-être, une femme maya deviendra maire de son village !

► En savoir plus sur Terre des Hommes France

 



Les femmes et l'emploi : l’AFD réunit les acteurs locaux engagés

28/03/2016

L’AFD a organisé, en collaboration avec le Consulat général de France à Istanbul, deux journées de table rondes pour contribuer aux réflexions sur l’emploi des femmes en Turquie et les moyens d’améliorer leur accès et leur maintien à un travail décent. 150 acteurs issus d’horizons variés (parlementaires, ministères, institutions publiques, municipalités, ONG, secteur privé) y ont participé les 15 et 16 mars.

À l’occasion du 1er Sommet du Women 20 à l’initiative de la présidence turque du G20, la Turquie avait réitéré la volonté de renforcer la participation des femmes à la vie économique. Le taux de participation des femmes en Turquie est en effet inférieur à 30 % (soit le plus bas des pays de l’OCDE).

L'organisation de ces deux journées de table rondes et de séminaire axées sur les femmes et l'emploi fait écho à ce contexte. Elle s'inscrit également à la suite d'échanges bilatéraux sur la thématique du genre que l’AFD et le Consulat général entretiennent depuis 2 ans avec de nombreux interlocuteurs turcs aussi bien dans le milieur institutionnel qu'associatif.

Focus sur les femmes et l'emploi

Les participants ont échangé le premier jour autour de l’emploi des femmes sous différents angles : la qualification des femmes, les obstacles rencontrés par les femmes dans l’accès et le maintien au marché du travail, les violences dont elles sont victimes sur les lieux de travail comme en milieu familial, les opportunités liées à l’entreprenariat féminin. Les experts turcs ont eu ainsi l’occasion de valoriser les initiatives et projets en Turquie qui contribuent à l’amélioration de l’accès et du maintien des femmes à un travail décent ainsi qu’à l’amélioration de leurs conditions de travail.

Le 2ème jour a permis aux experts turcs et français d’échanger leurs expériences en matière d’exemples de garde d’enfant. Ce séminaire a été l'occasion d’interroger les différents aspects des dispositifs de garde d’enfant en Turquie et en particulier le développement d’une offre d’accueil abordable et de qualité qui puisse à la fois contribuer aux objectifs économiques du pays en favorisant la participation économique des femmes (45% des femmes turques ayant travaillé préalablement ne retournent pas sur le marché du travail après avoir eu leur premier enfant). Cette journée de séminaire a été suivie par une journée de visites de terrain organisée par l'AFD Istanbul pour les experts venus de France au sein de dispositifs de garde turcs et qui ont permis aux experts de comprendre les spécificités du contexte turc.

 


Ces deux évènements ont accueilli plus de 150 participants dont de nombreux experts turcs et français issus d’horizons très variés (ministères, institutions publiques et privées, municipalités, associations et fondations, entreprises et entrepreneurs privés, cabinets d’avocats, universités, etc.) et ont constitué l’occasion de contribuer au développement d’une réflexion et d’une coopération bilatérale entre la France et la Turquie sur la problématique des femmes et de l’emploi.
 

 



Exposition les "Femmes de l'eau"

06/03/2015

Du 6 mars au 23 mai 2015, en écho à la journée internationale des femmes, Eau de Paris présente au Pavillon de l’eau "Femmes de l’eau".. Cette exposition photographique de l’artiste Angèle Etoundi Essamba , créée en partenariat avec l’AFD, illustre les nombreux défis que rencontrent les femmes de la ville de Ganvié au Bénin. La « Venise de l’Afrique » est un écosystème fragile de 30 000 âmes : impacts du changement climatique, modification de la salinité, pollution, difficulté d’accès à une eau salubre… autant d’éléments qui influencent fortement les modes de vie de la cité lacustre.

Femmes de l’eau : « chaque femme de l’eau a son histoire »

Le formidable travail d’Angèle Etoundi Essamba, artiste camerounaise, illustre avec clairvoyance, poésie et humanité, le quotidien des femmes et leur rôle dans le développement des sociétés africaines. Les projets d’accès à l’eau et à l’assainissement sont parmi ceux qui ont le plus d’impact sur le mode de vie des femmes dans le monde en développement.
Les images puissamment évocatrices de l’artiste reflètent l’essence des enjeux de l’accompagnement des politiques de développement à l’échelle des pays, des régions et des villes. Elles rappellent que la lutte contre la pauvreté et la préservation des ressources naturelles ne sont pas deux objectifs contradictoires, mais vont au contraire de pair.


L’eau au cours des grands événements internationaux 2015

L’exposition « Femme de l’eau » intervient dans un contexte international où la question de l’eau sera fortement posée. En 2015, se dérouleront le 7ème forum mondial de l’eau (du 12 au 17 avril à Daegu Gyeongbuk en Corée du Sud) et la 21ème Conférence internationale du Climat - Cop 21 (du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris-Le Bourget).
Le Forum mondial de l’eau mettra en avant les enjeux mondiaux, régionaux et locaux liés à l’eau, proclamée en 2010 droit de l'homme, indispensable à la pleine jouissance du droit à la vie. La COP 21 constitue un rendez-vous historique en matière de lutte contre le dérèglement climatique, problématique indissociable de la gestion de la ressource en eau. C’est dans cette optique, qu’Eau de Paris, régie municipale chargée de la production et de la diffusion de l’eau à Paris et « expert hydraulique » de la Ville sur des projets de coopération décentralisée, a souhaité soutenir cette exposition photographique en partenariat avec l’Agence Française de Développement.



Ateliers sur l’accès et le maintien des femmes à des emplois de qualité en Tunisie

30/01/2015

L’emploi des femmes représente un enjeu essentiel pour un pays comme la Tunisie.
Quels sont les grands chantiers pour y parvenir ? Des réponses concrètes sont proposées dans le cadre d’une étude commanditée par le département recherche de l’AFD à l’institut de Recherche pour le Développement (IRD).

Le travail des femmes est un facteur d’autonomisation

Cette étude comparative entre la Tunisie, le Maroc et la Turquie démontre que l’emploi des femmes ne signifie pas automatiquement leur autonomisation. Il apparaît ainsi qu’une grande partie du travail des femmes est « invisible » dans le sens qu’il est informel, faiblement valorisé, peu ou pas rémunéré. L’étude démontre que le travail des femmes est un facteur d’autonomisation seulement s’il est reconnu par la société, que ce soit sous la forme d’un travail reproductif visible ou sous celle d’un emploi de qualité.

Il ressort de cette étude que le soutien de l’accès et le maintien des femmes à des emplois de qualité nécessite de :

  • Cibler les interventions et soutenir la production de données sexo-spécifiques
  • Alléger le travail domestique des femmes via des programmes de garde d’enfants
  • Promouvoir la mixité dans l’orientation et la formation professionnelle
  • Soutenir l’entrepreneuriat des femmes et le passage à la moyenne entreprise
  • Favoriser l’accès aux transports en milieu rural et la scolarisation des filles
  • Soutenir la formalisation du travail et l’accès à la protection sociale.

 

Ce travail a pu être discuté pendant l’atelier « Droits des femmes et égalité hommes-femmes » organisé par le réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme, à Hammamet en Tunisie, les 17 et 18 janvier 2015. Les discussions sur l’étude ont été introduites par Pauline Chabbert, experte genre et co-auteur de l’étude, Rohen d’Aiglepierre, RED et Basma Fahroud, agence de Tunis. Cet atelier rassemblant un grand nombre d’organisations actives de la société civile sur le genre en Tunisie (AFTD, AFTURD, Beity…) a également permis de discuter un certain nombre de questions associées comme l’exploitation et la traite des jeunes filles (en tant que « petites bonnes ») ou encore les conditions de travail et l’accès aux services publics des femmes en zones rurale.

Un atelier organisé le 19 janvier à l’agence de Tunis a également permis d’approfondir les recommandations de l’étude avec d’autres partenaires de l’AFD (Ministère de la formation professionnelle et de l’Emploi, IFT, GIZ, IRD, IRMC, CRES, Mercycorp …).

A travers ces évènements, l’AFD espère que les recommandations de cette étude soit portées par ses différents partenaires pour un meilleur plaidoyer en la matière.



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