Réhabilitation d’ouvrages d’art en Centrafrique

Centrafrique : Projet de réhabilitation d’ouvrages d’art sur le réseau routier prioritaire du Sud-Ouest

Le contexte

Durant de nombreuses années, la République Centrafricaine a connu de nombreux troubles qui ont plongé le pays dans une profonde crise économique. Dans le secteur des transports, cette crise a engendré une baisse des trafics, jusqu’à 50 %, pour l’ensemble des modes de transports, routier, aérien et fluvial.

La  région sud-ouest du pays est vitale car elle concentre d’importantes ressources dans les secteurs de la forêt et du diamant. Le secteur forestier, dont la production a doublé en 10 ans, représente le principal employeur privé formel et le principal contributeur aux recettes fiscales de l’Etat et, avec l’aide du projet d’appui à l’aménagement forestier également financé par l’AFD, la quasi-totalité des sociétés forestières se sont engagées dans un processus d’exploitation durable de la ressource.

Dans cette région, l’acheminement des produits est devenu cependant difficile compte tenu de l’état des routes et des ponts. Or, pour l’évacuation des produits forestiers, les pertes dues à une coupure de la route peuvent être importantes, le coût du transport représentant près de 50 % du prix de vente des grumes centrafricaines. En fonction des prix des marchés internationaux, une augmentation du coût de transport peut conduire les sociétés forestières à suspendre la commercialisation de certaines essences.

Les objectifs et la consistance du projet

Le projet consiste en la réhabilitation ou la reconstruction d’ouvrages d’art dans les préfectures de la Sangha-Mbaéré et de la Mambéré-Kadéï.

Un programme prioritaire a été défini en fonction des ressources disponibles, de l’évaluation du coût des travaux, de l’importance stratégique des ouvrages et de la technicité des travaux. Deux ouvrages seraient à reconstruire et trois ouvrages à réhabiliter. D’autres ouvrages ont été placés en deuxième priorité, soit parce qu’il existait un itinéraire de contournement, soit parce que la portée des ouvrages était compatible avec des ponts forestiers provisoires.


Le projet a donc pour objectif d’assurer la continuité de cheminement sur le réseau routier prioritaire du sud-ouest de la République Centrafricaine par la remise en état de ponts. Il vise aussi, au travers des conditionnalités et des engagements qu'il comporte, à contribuer à l'amélioration de l'entretien routier.

En garantissant le désenclavement de cette région et du nord du Congo et les reliant aux ports du Cameroun, le projet contribue à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sur le thème "Répondre aux besoins particuliers des Etats enclavés en développement". Les axes concernés par le projet faisant partie du réseau intégrateur prioritaire de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale), le projet a aussi une vocation d’intégration régionale et contribue à l’initiative NEPAD.

Les impacts

Le projet permet le rétablissement des continuités routières dont la rupture d’un seul ouvrage suffit à entraver le fonctionnement. Il garantit ainsi la continuité de l’activité économique, l’accès aux centres de santé et aux services administratifs ainsi que l’approvisionnement en produits de base. Il permet également la réduction des coûts de transport et la reprise d’une activité forestière vitale pour le pays.

Les impacts environnementaux sont essentiellement limités à la période des travaux pendant laquelle un Plan de Gestion de l’Environnement sera appliqué. Une campagne de sensibilisation aux MST/SIDA est organisée en direction du personnel de chantier et des populations locales.

La mise en œuvre

Le financement envisagé est une subvention de l’AFD de 5 M€ accordée à la République Centrafricaine.

Les interventions prévues sur les ouvrages d’art ne peuvent se concevoir que dans la mesure où les routes concernées restent praticables. S’agissant de routes en terre, des opérations régulières d’entretien sont indispensables. L’entretien des routes du sud-ouest est réalisé par les sociétés forestières, il relève du principe utilisateur/payeur (le bois représentant 75 % des marchandises transportées) et constitue, en pratique, la seule solution à court terme. Dans le cadre du projet, un accord de partenariat est formalisé entre le Ministère de l’Equipement et des Transports, les autorités locales et les opérateurs économiques privés, principalement les sociétés forestières et les sociétés de transport.

D’autre part, de nouveaux statuts sont en cours d’approbation afin de permettre la création d’un Fonds d’Entretien Routier dit de 2ème génération, doté d’une autonomie accrue, avec participation majoritaire du secteur privé au sein du Conseil d’Administration.

mise à jour : 9 juin 2006