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Chine : Projet d'électrification de la ligne de chemin de fer Luoyang-Zhangjiajie
Le Contexte
La Chine possède le réseau de chemins de fer le plus productif et le plus intensément utilisé au monde. Il représente 6% du linéaire mondial (environ 70 000 km) et 25% des tonnes-kilomètres transportées par voie ferrée sur la planète. Pourtant, ce réseau doit être encore développé et optimisé pour répondre à la très forte demande de transport de marchandises et de passagers. Le Plan à Moyen Long Terme du secteur prévoit notamment, pour la période 2003-2020, le développement du réseau jusqu’à 100 000 km, dont 50 000 km en double voie et 50 000 km électrifiés (12 000 km aujourd’hui), ainsi que la création de lignes à grande vitesse dédiées aux passagers.
La question de l’efficacité énergétique constitue, avec la protection de l’environnement, un des piliers du 11ème plan quinquennal chinois qui couvre la période 2006-2010. L’accélération de la demande en électricité et en énergie primaire entraîne en effet de sérieux impacts environnementaux négatifs, à l'échelle mondiale (gaz à effet de serre) ou régionale (pluies acides). La flambée des cours du pétrole soulève également la question du recours à des sources d’énergie alternatives. Le secteur des chemins de fer est particulièrement concerné par ces enjeux, à la fois en amont, puisque ce mode de transport est le plus adapté à l’acheminement du charbon qui fournit 70% de l’énergie primaire chinoise, et en aval car, bien que moins gourmand en énergie que le transport routier, le transport ferroviaire utilise environ 10% du carburant consommé en Chine.
Les objectifs
Ce projet a pour objectif l’amélioration de l’efficacité énergétique de la ligne Luoyang-Zhangjiajie grâce à son électrification. Cette ligne d’envergure nationale, longue de 925 kilomètres dont 750 km à double sens, traverse les provinces du Henan, du Hubei et du Hunan et représente une branche importante du réseau de transport de marchandises, notamment le charbon. Le projet d’électrification concerne l’équipement de la ligne ainsi que la construction de 18 sous-stations électriques et l’achat de matériel roulant à traction électrique. Il permettra d’équiper le dernier maillon non électrifié du réseau national dans la région. Son coût est évalué à 567 millions d'euros.
Les impacts attendus
L'électrification aura pour effet d’augmenter la vitesse commerciale des trains et, partant, la capacité de la ligne, ce qui permettra d'améliorer sensiblement le service aux usagers et de satisfaire la demande de transport. Celle-ci devrait alors atteindre 8,4 millions de passagers et 131 millions de tonnes par an sur la section la plus chargée contre 6,2 millions et 48 millions aujourd’hui, respectivement. Toutefois le projet n’entraînera pas de changement de son tracé et les travaux de génie civil concerneront principalement les gares et les ouvrages d’art à modifier pour libérer les gabarits nécessaires au passage des caténaires.
Sur le plan énergétique, et par rapport à une solution équivalente diesel, la traction électrique nécessitera, à moyen terme, de l’ordre de 40% d’énergie en moins et permettra d’éviter l’émission annuelle d’environ 500 000 tonnes de CO2. Par ailleurs, les économies de coût d’exploitation, notamment sur le prix de revient de l’énergie seront importantes.
Du point de vue institutionnel, la collaboration entre l’AFD et le Ministère des chemins de fer pour la préparation du projet a permis de nouer le dialogue sur le thème de l’efficacité énergétique dans le secteur ferroviaire en Chine, via notamment des études sur l’impact du projet en termes d’économies d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre.
La mise en œuvre
Le projet est cofinancé par l’AFD par le biais d’un prêt de 80 millions d’euros à la République Populaire de Chine. Sous l’égide des services centraux du Ministère des chemins de fer, la maîtrise d'ouvrage du projet sera déléguée à chacune des trois administrations régionales des chemins de fer concernées (Zhengzhou, Wuhan et Canton). Des bureaux d’ingénierie locaux assureront la maîtrise d’œuvre du projet. La durée prévue des travaux est de deux ans. Le matériel roulant à traction électrique devrait être mis en service dans le courant de l’année 2008.
