Reconstruction du quai du port de Ziguinchor, au Sénégal

Sénégal : Projet de reconstruction du quai du port de Ziguinchor

Contexte du projet

Isolée du reste du Sénégal, l’économie de la Casamance (1,4 million d’habitants dont 220 000 dans la ville de Ziguinchor) est fortement pénalisée par son enclavement et les difficultés d’échanges entre Dakar et Ziguinchor. La liaison maritime est essentielle pour la Casamance : par la voie routière, la liaison est longue de 450 km en transitant par la Gambie, ce qui nécessite le passage de deux frontières et d’un bac, ou de 860 km en contournant la Gambie via Tambacounda.

Le naufrage en septembre 2002 du navire le « Joola », qui assurait seul la liaison maritime, a causé la mort de 1 953 personnes. La dégradation du quai du port de Ziguinchor constitue un élément supplémentaire pénalisant la Casamance. Après les effondrements successifs en mai 2000, mai 2003 puis octobre 2003, à peine le tiers du quai était alors exploitable et deux  navires ne pouvaient plus accoster simultanément. Le port ne pouvait pas accueillir dans des conditions de sécurité acceptables le nouveau navire passagers envisagé. Une reconstruction complète du quai s’est avérée indispensable à court terme pour permettre une poursuite de l’exploitation portuaire.
 

Finalité et contenu du projet

L’objectif du projet est de permettre au Port de Ziguinchor de retrouver un rôle moteur pour le désenclavement de la Casamance et son développement économique et social.

Il comprend la reconstruction du quai sur 350 mètres, la reprise du revêtement des terre-pleins et des voies d’accès sur 20 000 m² et la réfection de l’assainissement et des réseaux d’eau et d’électricité. L’AFD finance ce projet sur don à hauteur de 7 M€..

Impacts attendus

Par rapport à la voie routière, la liaison maritime Dakar-Ziguinchor présente une économie qui peut être évaluée (en 2004) entre 4 000 et 8 000 FCFA par tonne de marchandises, ce qui est déterminant pour la compétitivité des produits locaux. Ceci, entre autres paramètres, induit une rentabilité économique du projet significative.

Les niveaux actuels de redevances portuaires, légèrement supérieurs à ceux pratiqués au Port de Dakar, doivent permettre, une fois l’exploitation reprise, d’assurer un fonctionnement satisfaisant du port tout en couvrant les dépenses d’entretien et de grosses réparations. Dans la perspective d’une évolution favorable des trafics, la Chambre de Commerce qui gère le Port devrait pouvoir autofinancer les investissements déjà identifiés.

Au delà de son impact économique, le projet a un impact politique et social fort. Au niveau politique, il s’agit de renforcer l’intégration de la Casamance. Au niveau social, les nombreuses commerçantes, qui utilisaient la liaison maritime pour écouler leurs produits, pourront reprendre leurs activités. Les produits locaux, notamment vivriers, seront de nouveaux compétitifs sur les marchés de Dakar.

Le projet comporte également une dimension institutionnelle pour améliorer la gestion du port, à travers (i) la signature d’un nouveau cahier des charges avec la Chambre de Commerce pour la gestion du port, (ii) la création d’un Comité de suivi du port associant l’Etat, les collectivités locales et le secteur privé, et (iii) le renforcement du rôle de l’Etat en tant qu’autorité portuaire.                   

Les travaux, réalisés sous la maîtrise d’ouvrage du Ministère des Infrastructures, de l’Equipement, des Transports Terrestres et des Transports Maritimes Intérieurs, sont prévus pour être achevés mi-2006, sécurisant la reprise progressive du trafic rendue possible par l’arrivée récente d’un nouveau bateau.   
mise à jour : 7 juin 2006