Notre action en matière de santé

Deux axes d’intervention se dessinent en réponse aux défis mondiaux actuels en matière de santé : l'amélioration de l'accès aux soins et l'amélioration de la santé maternelle et infantile. L'accompagnement de la transition démographique et les partenariats publics privés restent des axes centraux de notre stratégie.

Actualités

"Financer les systèmes de santé, c’est actionner un levier de croissance"

16/05/2013

Devenu ces dernières années un objectif prioritaire des pays en développement en matière de santé, la couverture médicale universelle est non seulement un outil sanitaire,  élément essentiel au bien-être humain et du droit à la santé mais également un outil de financement privilégié des systèmes de santé. Malgré sa puissance, cet objectif reste très compliqué à atteindre, nous explique Bénédicte Brusset, de la division Santé.

Pourquoi la couverture médicale universelle est-elle devenue l’axe prioritaire de financement des systèmes de santé ?
Tous les pays ont pris conscience que les difficultés d’accès aux soins avaient non seulement des conséquences sanitaires et sociales négatives  mais représentait un déterminant important du sous-financement des systèmes de santé. Un système de santé qui fonctionne est un levier de croissance économique, créateur de valeur ajoutée et d’emplois, directement ou non. C’est pourquoi tous les Etats membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se sont engagés, dès 2005, à développer leurs systèmes de financement de la santé afin d’apporter des soins de qualité à toute la population. La couverture universelle de santé et le financement des systèmes de santé est d’ailleurs le titre du rapport 2010 de l’OMS.
A partir de là, les questions sont posées : Comment encourager une utilisation optimale des structures de santé et des ressources ? Qui paye quoi ? Comment financer les systèmes de santé ?
Trois outils majeurs ont été développés : la gratuité des soins, l’assurance maladie volontaire (du type mutuelle) et l’assurance maladie obligatoire, du type de notre Sécurité sociale.

Ces  pistes que vous évoquez consistent à faire fonctionner le système en finançant la demande et non plus l’offre ?

Oui, C’est une réforme des modalités de financement du système de santé. 
En tant qu’Etat, soit vous  donnez plus 100 à la structure de santé pour financer des moyens (équipement, personnel, consommations, etc.), soit vous les donnez au patient qui les utilisera pour acheter un service de santé vendu par une  structure sanitaire. Ce dernier mécanisme permet aux structures de santé d’avoir un financement en adéquation avec son activité et d’en optimiser sa gestion et aux patients d’exiger une meilleure qualité de soins.
En « solvabilisant » la demande, vous augmentez la consommation des soins et  l’utilisation des services de santé et  vous stimulez tout le secteur !

Quelle est la position de l’AFD par rapport à ces différents moyens de financement des services de santé dans les pays en développement ?
L’AFD n’a pas de position dogmatique sur la question. Elle cherche à améliorer l’efficience des politiques publiques que les Etats se choisissent.
Aujourd’hui, les soins sont payants partout en Afrique, même s’ils sont largement subventionnés. Mais si, par exemple, la gratuité des soins, qui a permis de multiplier par 3, 4 voire 5 la consommation de soins dans de nombreux pays, a été choisie par un Etat, nous cherchons à accompagner cette politique en proposant des mécanismes  de gestion et d’administration de ces fonds. Car en effet, malheureusement, ces politiques souffrent d’un sous-financement et surtout de modalités de gestion très déficientes  L’administration d’une politique de gratuité demande des compétences d’assureur (même si les fonds sont publics) et ne se résument pas à payer des factures C’est un vrai métier qui mérite une gestion professionnelle. Les paiements en retard ou lacunaires de la part de l’Etat ont entraîné des difficultés importantes pour les centres de soins qui se  sont souvent  retrouvés  financièrement asséchés. Or ces problèmes auraient pu être évités si ces politiques de gratuité des soins avaient été accompagnées de mécanismes professionnels de gestion et d’administration. Ce sont ces problèmes techniques qui entretiennent des polémiques sur la mauvaise idée que serait la gratuité des soins.
Actuellement, seulement 10% des patients sont couverts par un système en Afrique. La vraie solution qui permet d’avoir de l’argent dans le système de  santé et donc d’offrir une bonne qualité des soins, c’est d’avoir un patient couvert d’une façon intelligente. Un patient assuré- grâce à ses ressources, celles de l’Etat ou des deux - lui permet d’acheter des soins à chaque fois qu’il en a besoin et permet au système de santé d’avoir plus de ressources et donc de recruter du personnel qu’il lui manque, de le former, d’acheter sans difficultés des médicaments, des équipements etc ..

L’assurance maladie volontaire, un système efficace de couverture ?
Concernant les systèmes d’assurance volontaire développés par des ONG ou par des Etats et que nous soutenons depuis une dizaine d’années, on dresse aujourd’hui un bilan plutôt mitigé. Malgré les efforts que l’on peut faire en termes de sensibilisation, d’éducation à l’assurance, on sait aujourd’hui qu’un système d’assurance volontaire ne touchera pas plus de 10 %- de la population  qu’il vise.
Les raisons majeures sont connues : en premier lieu, les systèmes développés s’adressent essentiellement  aux plus pauvres. Demander à des gens de cotiser pour une maladie qu’ils vont peut-être avoir alors qu’ils ont du mal à mettre du riz dans leur assiette, c’est compliqué et ce quel que soit le travail de pédagogie sur le thème de l’assurance.
A ce titre, de tels produits seraient plus faciles à développer auprès de la classe moyenne, bénéficiant d’une capacité contributive plus importante mais peu d’expériences existent finalement car les acteurs qui ont développé ce genre  d’expériences s’intéressaient essentiellement à ceux qui étaient totalement exclus des soins de santé.
En deuxième lieu, ces systèmes de mutuelles de santé, puisque c’est de cela dont il s’agit,  sont complexes. Ils  demandent une importante gestion administrative, très professionnelle, a fortiori avec des cotisants aux revenus irréguliers (du secteur informel, par exemple) et sont donc très onéreux. Donc, soit vous êtes chers et n’atteignez pas votre cible, soit vous offrez un service de qualité mineure que personne ne veut acheter, soit vous faîtes faillite et le cas est fréquent.
Aujourd’hui, afin de proposer un bon produit d’assurance, attractif et abordable, on s’oriente vers des types de mutuelles mixant cotisation de l’assuré et participation de l’Etat et/ou d’un bailleur de fonds.

Et l’assurance maladie obligatoire ?
Vous avez raison, c’est sans doute la seule solution : rendre l’assurance maladie obligatoire pour tout le monde.
Des pays africains l’ont mise en place avec succès. Je pense notamment au Rwanda ou au Ghana où 80% de la population est couverte. Ces Etats ont développé des outils fiscaux spécifiques permettant d’alléger le coût individuel pour l’assuré et d’en garantir le financement.
Mettre en place une CMU malgré une part forte de financement de l’état ne correspond pas forcément   à des dépenses publiques supplémentaires mais plutôt à un changement du mode de financement  des systèmes de santé : l’argent passe par le patient qui achète des soins, autant de ressources directes pour le  financement du  fonctionnement de l’hôpital.
Mettre en place un système de CMU est  un processus qui peut être très long, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut impliquer tous les acteurs de la vie économique (société civile, entreprises, structures sanitaires, etc…) et en premier lieu l’Etat qui doit prendre au sérieux une telle politique en mettant en place les structures et les ressources humaines qualifiées pour gérer de tels systèmes. Trop souvent, on a vu des déclarations politiques démagogiques qui ont eu l’effet inverse de celui recherché en mettant sur la paille des structures de santé déjà sous-financées.
Les gouvernants ne peuvent plus fermer les yeux sur les difficultés d’accès aux soins qui sont devenues  socialement insupportables, les acteurs de la santé voient qu’ils ne pourront améliorer sensiblement l’état de santé de la population si de très nombreuses populations en restent exclues mais surtout ce que l’on doit retenir c’est bien que ce type de politique d’extension de la couverture du risque maladie est un levier de croissance extraordinaire.
Le but pour l’état est autant de rendre les soins accessibles au plus grand nombre que de  financer son système de santé durablement, de créer des emplois et  de stimuler les secteurs associés  économiques: industrie pharmaceutique, équipements médicaux, …
C’est ce qu’ont fait les pays émergents et c’est aussi ce que tente de promouvoir le G20 qui a mis, à son ordre du jour les socles de protection sociale qui relèvent de la même logique en élargissant le champ aux services essentiels.



Lancement officiel du projet d’amélioration de la santé urbaine à N’Djaména

03/04/2013

Afin d’améliorer la santé dans les quartiers périphériques de la capitale de N’Djamena, l’AFD apporte une subvention de 8 millions d’euros (5.2 milliards de FCFA) à l’Etat tchadien, pour ce projet d’une durée de 4 ans.

Durant la dernière décennie, la ville de N’Djamena a subi de profonds changements avec une augmentation rapide de sa population et la création de nouvelles zones d’urbanisation, en premier lieu les zones Sud et Est de la ville (Chagoua, Dembé, Djari, Diguel…). Le projet au sein de ces quartiers aura l’ambition de toucher l’ensemble des déterminants du bien être en milieu urbain, et permettra à la Mairie de N’Djaména de mettre en œuvre ses nouvelles compétences transférées dans le cadre du processus décentralisation.

Un accompagnement dans la mise en œuvre des nouvelles compétences de la mairie de N’Djaména

A la suite de la signature de la convention, un acte de rétrocession des fonds entre le Ministère des Finances et du budget, signataire de la convention pour l’Etat tchadien, et la Mairie de N’Djaména a été signé. C’est en effet la Mairie qui sera maître d’ouvrage général du projet.
Le projet prend ainsi acte de l’application des lois de décentralisation et permet à la Mairie d’exercer ses nouvelles compétences dans le domaine sanitaire. Pour l’y aider, le projet dispose d’un volet entièrement consacré au renforcement de ses capacités en lui permettant de disposer tout au long du projet d’une expertise internationale.

 

Un projet agissant d’une part sur l’amélioration des soins de santé maternelle et infantile, et d’autre part sur la santé de la reproduction

Le projet visera tout d’abord l’amélioration de l’offre de services en santé. C’est en premier lieu l’offre de soin qui sera amélioré par la remise à niveau des infrastructures et des équipements des centres de santé et le renforcement des compétences pratiques du personnel médical et paramédical. C’est ensuite les produits de planification familiale qui seront rendus davantage disponibles grâce à la création de cliniques de planification familiale. 

 

La maitrise des déterminants environnementaux

Le projet agira également sur les déterminants environnementaux de la santé à travers l’amélioration du traitement des eaux usées de l’Hôpital Général de Référence Nationale (HGRN), en finançant la construction d’une station d’épuration.

L’amélioration des indicateurs de santé nécessite une approche intégrée dans la mise en œuvre des politiques publiques. Ce projet entend en être l’exemple, en liant les déterminants en matière de santé avec ceux en matière d’eau et assainissement, et en agissant sur les deux pour qu’ils se renforcent mutuellement.

 

Ce lundi 27 mars 2013 a été une journée particulière pour la commune de N’Djamena puisqu’à cette signature s’est ajouté l’octroi du financement du projet de renforcement de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement et de la gouvernance de ce secteur qui fera bientôt l’objet lui aussi d’un lancement officiel.




 



La coopération sanitaire autour du Maroni s'intensifie

29/03/2013

La Guyane et le Suriname connaissent d’importants flux migratoires, qui rendent la coopération bilatérale en matière de santé publique urgente. C’est dans ce contexte que s’inscrit le programme de soutien au secteur de la santé de l’AFD au Suriname.

Le fleuve Maroni, bassin de vie transfrontalier

La Guyane et le Suriname partagent une frontière de près de 500 km matérialisée par le fleuve Maroni. De part et d’autre, à l’intérieur des territoires, vivent les populations noirs-marrons et amérindiennes, selon une logique commune de bassin de vie autour du fleuve. Les flux migratoires importants de ces populations entre la Guyane et le Suriname rendent la coopération bilatérale indispensable pour déployer une réponse adaptée et concertée aux problématiques de santé publique.

L'Hôpital d'Albina, au coeur du programme de soutien au secteur de la santé du Suriname

A travers ses opérations, l’AFD vise à améliorer et équilibrer l’offre de soins pour les populations des deux côtés du fleuve Maroni, en forte croissance démographique. Financé par un prêt concessionnel de l’AFD de 15 millions d’euros, l’hôpital d’Albina, ville frontalière, est le volet central du programme de soutien au secteur de la santé du Suriname. Le Ministre de la Santé du Suriname, Michel Blokland, a officiellement lancé les travaux de l’hôpital lors d’une cérémonie le 11 décembre 2012, pour une ouverture prévue début 2014.


Lancement des travaux de l'hôpital d'Albina

Plus d'un million d'euros pour la coopération hospitalière

L’AFD appuie également la coopération hospitalière entre les acteurs de la santé des deux territoires, à travers une subvention d’1,1 million d’euros au ministère de la santé du Suriname. Les actions ainsi financées soutiennent la coordination et la complémentarité des politiques de soins entre les deux rives, afin d’accroître l’efficacité dans la prévention des maladies transmissibles, l’échange d’informations sur le suivi des patients, la cohérence des traitements médicamenteux, les transferts de connaissances et de technologie et le partage d’expérience sur l’accès aux soins en zones isolées.



Améliorer les indicateurs de la santé au Togo: un défi à relever

05/03/2013

Le 28 février dernier s’est tenue dans les locaux de l’AFD, Agence de Lomé, une réunion d’échange entre les acteurs français de l’aide au développement intervenant dans le secteur de la santé au Togo.

 
Cette rencontre, organisée dans le cadre d’une mission de la division «  Santé et Protection Sociale  » du siège de l’AFD pour l’instruction d’un projet «  santé maternelle et infantile et planification familiale  » avait pour objectifs principaux :
 
    ♦ la présentation du fonctionnement de l’AFD et ses actions menées au Togo
 
    ♦ l’échange sur les interventions sanitaires mises en œuvre par les différents acteurs français présents au Togo.
 
La rencontre a ainsi permis de mener un dialogue fructueux sur le secteur de la santé au Togo et sur les différentes expériences vécues par chacun.
 
En séance de travail - © AFD 2013 Noël Améblé.

 

En savoir plus sur les interventions de l’AFD dans le secteur Santé.

Télécharger la plaquette : « L’AFD, la santé et la protection sociale ».

L’AFD et les ONG



L’AFD contribue à l’accès des populations reculées à la santé au Niger

07/02/2013

Le Ministre de la Santé Publique en Présence de l’Ambassadeur de France et du Directeur de l’AFD a réceptionné le 25 janvier à Niamey 37 motos financées par le Fonds Commun d’appui à la mise en œuvre du programme national de développement sanitaire auquel contribue l’Agence par une subvention de 14 millions d’euros, au côté de la coopération espagnole, de l’UNICEF et du fonds GAVI. Cette livraison sera suivie par 16 véhicules dont 5 ambulances.

Ces moyens de déplacements équiperont des formations sanitaires de l’intérieur du Niger. Ils permettront l’accès des populations les plus reculées aux services de soins essentiels, en particulier dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant ainsi que de la planification familiale.

En effet, le Niger qui atteint des résultats remarquables en matière de réduction de la mortalité infantile, affiche des indicateurs mortalité maternelle très élevés, 80% des décès pouvant être évités. De même, le Niger détient le taux de fertilité le plus élevé au monde (7,6), en augmentation.

Il s’agit d’une des nombreuses actions menées par le Fonds Commun Santé au Niger appuyé par l’AFD dans le cadre de son engagement de Muskoka en faveur de la santé de la mère et de l’enfant et plus récemment de son soutien au partenariat de Ouagadougou en matière de la planification familiale.
 



Inauguration du centre de santé de la Caritas Comores à Moroni (Grande-Comore)

19/01/2013

Le centre de santé de la Caritas Comores a été inauguré à Moroni en Grande-Comore le 19 janvier 2013. L’objectif général de ce centre consiste à renforcer l’efficacité et la qualité de l’offre proposée par les formations sanitaires de Caritas Comores.

L'inauguration s'est déroulée en présence du Ministre de la justice, représentant la Ministre de la Santé, de l’Ambassadeur de France auprès de l’Union des Comores, et du Grand Moufti, qui a témoigné par son intervention de la bonne intégration de la Caritas – Comores.
 
Les travaux de réhabilitation du Centre de Santé de la Caritas ont bénéficié d’un financement de l’AFD à hauteur 297 500 euros dans le cadre du Projet « Amélioration de l’offre des soins et renforcement des capacités de la Caritas Comores». Ce projet d’un montant total de 995 065 Euros, est cofinancé à hauteur de 75% par l’AFD, 20% par le Secours-Catholique (Caritas France) et 5% d’autofinancement par Caritas Comores. Le Centre Hospitalier de Mayotte a également apporté son appui par la formation à la prise en charge des brûlés et la fourniture d’équipements.
 
Il s'agit d'appuyer l’institution dans la définition et la mise en œuvre d’une stratégie d’intervention qui lui permette d’améliorer ses prestations à destination des populations démunies, tout en garantissant la pérennité et la viabilité de son organisation. C’est dans ce cadre que le centre de santé comprenant, un dispensaire, des salles de consultation d’une capacité de 45 lits, et un bloc pour les brûlés a été réhabilité. Le personnel soignant et technique de la Caritas Comores a bénéficié d’un programme de renforcement des capacités.
 

Monsieur Philippe Lacoste, ambassadeur de France en Union des Comores et Dr Anliane Ahmed, Ministre de la Justice, représentant le Ministre de la Santé


 
 
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