Contexte d'intervention de l'AFD dans le domaine sanitaire

 

Crédit photo : Chantal Regnault

Un bien public mondial [+]

Crédit photo : Paul Kabre

Longtemps éclipsée par des préoccupations d’ordre macroéconomique et financier, la santé est aujourd’hui au cœur des politiques de développement. Reconnue comme un bien public mondial , elle est inscrite depuis près de dix ans à chaque réunion du G8, débattue au sein de toutes les instances internationales (ONU, Union européenne, Banque mondiale...) et suscite une forte mobilisation des sociétés civiles (ONG, fondations...). Pour cause, la (bonne) santé des populations – notamment les plus pauvres – est une condition indispensable au développement des sociétés humaines et à une croissance économique durable et inclusive. Et vice-versa : le développement et l’amélioration des conditions de vie sont indispensables à l’amélioration durable de la santé des populations. En conséquence, agir en faveur de la santé implique de façon croissante d’intégrer des problématiques connexes comme l’éducation, la lutte contre la pauvreté et la sous-nutrition, l’égalité des genres, la préservation de l’environnement, l ’eau et l’assainissement : 780 millions de personnes manquent toujours d’eau et 2,5 milliards vivent sans infrastructures d’assainissement. 

 
En 2000, la communauté internationale a retenu trois Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sur huit consacrés à la santé : 
À l’approche de l’échéance de 2015 pour la réalisation de ces OMD et en préparation des Objectifs du développement durable (ODD) qui leur succéderont, la santé reste un enjeu mondial majeur. Sur ce sujet, la promotion d’une couverture sanitaire universelle (CSU), défendue par la France, constitue l’un des axes de réflexion privilégiés de la communauté internationale pour l’après 2015.

Contexte sanitaire mondial [+]

Crédit photo : Didier Gentilhomme

Plus de dix ans après l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), l’état de santé des populations s’est globalement amélioré. Des progrès substantiels ont été réalisés vers la réduction de la mortalité de la mère et de l’enfant, ainsi qu’en matière de diminution de la morbidité et de la mortalité dues aux infections au VIH, à la tuberculose et au paludisme : le nombre de décès avant l’âge de 5 ans a chuté de 12 millions en 1990 à 7 millions en 2010 ; le nombre de décès maternels est passé de 543 000 à 287 000 et 8 millions de personnes ont aujourd’hui accès aux antirétroviraux.

Néanmoins, des écarts importants subsistent entre les pays et en leur sein : l’écrasante majorité des décès liés à la grossesse et à l’accouchement (85%), ainsi qu’une même proportion des décès d’enfants de moins de cinq (82%) surviennent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. 
 
 
À cette mortalité maternelle et infantile toujours trop élevée s’ajoutent de nouvelles problématiques sanitaires et médico-sociales, à commencer par le développement des maladies non transmissibles (maladies cardiovasculaires, diabète, cancers, affections respiratoires chroniques…), dû notamment au vieillissement des populations et à la transformation des modes de vie et des régimes alimentaires. Les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire sont les plus touchés : ils recensent 80% des décès liés à ces quatre pathologies. 
 
Par ailleurs, l’intensification des échanges commerciaux et humains a accéléré la propagation de maladies infectieuses, à l’instar des épisodes épidémiques de SRAS, de grippe aviaire ou de chikungunya, et imposé une surveillance épidémiologique accrue
 
De même, la dégradation de l’environnement liée à la pollution des terres, de l’air et de l’eau, à l’urbanisation massive, mais aussi à certaines évolutions technologiques, représente un risque sanitaire important : selon l’OMS, presqu’un quart de la charge mondiale de la morbidité et de la mortalité est lié à l’environnement. 
Enfin, plusieurs maladies parasitaires et bactériennes (choléra, maladies diarrhéiques endémiques, dengue…) continuent d’affecter les populations les plus démunies ne bénéficiant que d’un accès limité voir inexistant aux services de santé : plus d’un milliard de personnes sont atteintes de ces maladies dites « négligées » aux conséquences sociales et économiques considérables.
 
 

Enjeux [+]

Crédit photo : C. Regnault

  • Maîtriser la fécondité
En Afrique subsaharienne, la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelle et infanto-juvénile reste une des priorités de la France et de ses partenaires au développement réitérée lors de la réunion du G8 à Muskoka (juin 2010). 
 
Dans cette optique, l’amélioration de la santé sexuelle et reproductive, y compris à travers la planification familiale et la contraception, constitue un enjeu majeur. Car maîtriser la fécondité est une des clés pour améliorer la santé des populations et assurer une croissance économique durable : aucun pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine n’a pu construire un développement pérenne sans contrôle de sa démographie.
 
  • Répondre à la montée en puissance des maladies non transmissibles et des maladies émergentes
 
Dans l’Outre-mer français et les pays à revenu intermédiaire, mais aussi de manière croissante dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les systèmes de santé doivent élargir leur gamme de prestations pour inclure la prise en charge des maladies non transmissibles et les soins aux personnes âgées. En effet, le développement des maladies chroniques implique des soins complexes et coûteux et requièrent une évolution des équipements, des compétences et des systèmes de financement. 
 
  • Améliorer le financement de la santé et réduire les risques financiers liés à la maladie et à la vieillesse  
 
Aujourd’hui, moins d’un pays africain sur trois atteint un niveau de dépenses totales de santé égal ou supérieur à 40 US$ par habitant, alors que 60 US$ en moyenne par personne et par an sont nécessaires pour assurer l’accès aux interventions essentielles et l’atteinte des OMD. En outre, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 75% de la population mondiale n’a pas de couverture sociale adéquate. En Afrique subsaharienne comme en Asie du Sud, moins de 10% de la population ont accès à une protection sociale minimale. De même, seuls 5% des actifs africains sont couverts par un régime de protection vieillesse. 
 
Face à ces enjeux, les pays du Sud sont appelés à développer des systèmes de protection et d’inclusion sociales innovants au bénéfice des populations pauvres dépendantes de l’économie informelle. 
 
 
  • Améliorer la gouvernance des systèmes de santé   
 
Investir dans l’amélioration de la santé est financièrement rentable, à condition que les fonds investis soient correctement gérés. L’OMS estime que de 20 à 40% des ressources allouées à la santé sont gaspillées en raison d’une médiocre gouvernance, de systèmes inefficients et de mauvaises pratiques de gestion (médicaments, ressources humaines, financement et administration). En outre, les systèmes publics de santé assument souvent tous les rôles (paiement, régulation, fourniture de soins, formation, achats…), mais manquent de moyens et de personnels qualifiés, notamment en milieu rural. 
 
En réponse à ces insuffisances, le secteur privé peut et doit contribuer à améliorer la couverture sanitaire des populations, en complément et en partenariat avec le secteur public, notamment dans les métropoles africaines où l’urbanisation rapide requiert un accroissement de l’offre qu’il conviendra d’accompagner dans sa dimension publique (régulation, contrôle) et privée (contractualisation). La mutualisation des risques peut permettre d’augmenter la solvabilité de la demande. 
Mise à jour en octobre 2013

En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l’installation de cookies sur votre poste, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. En savoir plus