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La croissance des villes constitue un des faits majeurs de ce début de millénaire. On compte près d'un million d'habitants en milieu urbain de plus par semaine. A l'horizon 2030, la population mondiale sera de 8 milliards, dont 5 milliards d'urbains. Cette croissance concernera avant tout les pays relevant de l'aide au développement, dont les villes devront accueillir deux milliards d'habitants de plus en 25 ans.
À la une
La crise de 2009 en Guadeloupe : le rôle des statistiques dans le dialogue social
Boris SAMUEL, SciencesPo – CERI
Contacts : Virginie DIAZ et Thomas MELONIO, département de la Recherche, AFD
Le mouvement social de 2009 en Guadeloupe, mené par le collectif Liyannaj Kont’ Pwofitasyon (LKP), a donné lieu à une grève générale de 44 jours ayant pour revendication phare la revalorisation du pouvoir d’achat. Les demandes du LKP visaient à la fois la diminution des prix, la mise en place de revalorisations salariales et la promotion de la transparence sur la formation des prix. De nombreux travaux d’analyse économique et statistique visant une meilleure compréhension de la formation des prix et de leurs écarts avec la France métropolitaine ont alors été lancés pour répondre à la crise et fonder une politique de lutte contre la vie chère. Des techniques visant la mesure et l’audit se sont ainsi retrouvées au centre d’une scène politique en ébullition.
Quels rôles les objets techniques ont-ils joué dans le déroulement du dialogue social et dans les négociations entre acteurs sociaux et politiques depuis 2009 ? Comment la réponse à la crise s’est-elle construite autour des démarches « expertes » ? Telles sont les questions auxquelles la présente étude tente d’apporter des éléments de réponse.
Accès à l’eau et usages militants du droit - Étude de cas à Soweto
En Afrique du Sud, à la fin de l’apartheid (1994), l’une des préoccupations du nouveau gouvernement ANC est de gommer les inégalités en généralisant l’accès aux services de base. La réalisation du droit à l’eau, tel que reconnu par la nouvelle Constitution, devient ainsi l’une des priorités. En 2003, la municipalité de Johannesburg lance le projet Gcin'amanzi (OGA) dans son plus important township : Soweto. Dès ses prémices, il est l’objet de nombreuses controverses et donne lieu, en 2006, à un procès : « l’affaire Mazibuko ». Sous l'impulsion d’organisations militantes et avec le soutien d’une organisation de défense des droits humains et d’un avocat constitutionnel renommé, cinq résidents de Soweto attaquent deux aspects du projet: l’installation de compteurs à prépaiement, et la politique de l’eau gratuite, dont le volume est jugé insuffisant.
En retraçant l’histoire de cette « affaire » et en étudiant les répercussions de l’usage militant du droit sur la politique municipale de l’eau, cette étude permet d’appréhender les effets potentiels du droit à l’eau, de juger de l’effectivité de sa justiciabilité et, plus généralement, de celle des droits sociaux.
► Télécharger le document (PDF)
Pour une présentation officielle du projet, écoutez Ntshaveni Mukwevho, directeur général de Johannesburg Water, société publique qui gère l'eau de la capitale économique et acteur dans l’affaire Mazibuko relatée dans l’ouvrage. Financé par l'AFD, le projet mené par cette société consiste notamment à installer des compteurs d'eau avec système de prépaiement, à réparer les nombreuses fuites d'un réseau devenu vétuste, et à sensibiliser les usagers à un meilleur usage de l'eau. Interview réalisée durant le Forum mondial de l'eau à Marseille (en anglais).
Le programme "Gcin'amanzi" ("conservation de l'eau" en zoulou) à Soweto est l'un des plus importants projets du pays dans le domaine de l'eau. C'est un projet nécessaire dans l'Afrique du Sud post-apartheid. Depuis la fin du régime ségrégationniste, le pays cherche sa voie, entre des exigences économiques fortes et des inégalités sociales immenses qui fragilisent la nouvelle société sud africaine.
La situation foncière en Afrique à l’horizon 2050
Cette étude a été réalisée dans le cadre du projet Afrique 2050. Engagé en 2009 conjointement par la BAD et l’AFD, ce programme de recherche vise à explorer de façon systématique les principaux secteurs et les enjeux déterminants pour l’avenir des pays africains d’ici à 2050.
Transition démographique tardive, pression croissante sur les terres, difficile mise en place d’une gouvernance foncière et d’une politique de gestion durable des ressources naturelles, sont autant de facteurs qui pèsent lourdement sur la question foncière en Afrique subsaharienne. Au cours des prochaines décennies, les agriculteurs connaîtront-ils autant de difficultés à vivre de leur terre ? Les habitants des villes seront-ils toujours aussi nombreux à ne pouvoir se loger correctement ?
Partant d’une analyse de l’évolution passée de la situation foncière en Afrique subsaharienne, cette étude tente d’apporter des éléments de réponse à ces questions et propose une méthode pour comprendre ce qui pourrait advenir en matière de sécurité foncière et alimentaire, de conflits portant sur les terres et de logement, si se prolongeaient ou s’amplifiaient les tendances observées aujourd’hui.
Premier contrat d'objectif communal d'aide à la restructuration et au développement
La préfecture, la direction régionale des finances publiques et la commune du Prêcheur ont signé le 3 février le premier contrat d'objectif communal d'aide à la restructuration et au développement (COCARDE) de Martinique.
Le Prêcheur est la commune située le plus au nord de la côte Caraïbe. Son éloignement du centre économique du département et une croissance excessive de ses dépenses de fonctionnement se sont traduits par des déséquilibres financiers importants.
- le premier se décline en une matrice de mesures élaborée avec l’appui de l’AFD, à mettre en oeuvre par la commune afin de redresser sur le long terme les finances communales ;
- le second vise à apurer les arriérés de paiement par l’octroi d’un prêt de restructuration à long terme, non bonifié, mis en place par l’AFD. Pour le Prêcheur, le prêt s’élève à 1,5 M €.
Le dispositif prévoit la mise en place d’un comité de suivi semestriel rassemblant les services de la commune, les représentants de l’Etat ainsi que de la direction régionale des finances publiques et l’AFD.
La réhabilitation énergétique des bâtiments – Enjeux et méthodes
Programme de recherche dans la Province du Hubei en Chine
La réhabilitation énergétique des bâtiments existants a longtemps été délaissée par les autorités publiques au profit de politiques énergétiques dans les bâtiments neufs, plus faciles à mettre en œuvre. Plus complexe et plus délicate à organiser du fait de l’extrême diversité des bâtiments existants, des situations administratives et des statuts d’occupation, cette réhabilitation exige, dans sa conception, une bonne connaissance technique mais également une maitrise des situations économiques, sociales et institutionnelles locales.
Aujourd’hui, ce type de réhabilitation est devenu indispensable à toutes les économies, y compris dans les pays émergents, compte tenu des contraintes liées à la sécurité énergétique, au changement climatique ainsi que par le potentiel considérable d’économies d’énergie qu’il représente.
Se basant sur l’expérience acquise au cours d’un programme de trois années de recherche appliquée, mené en Chine par l’AFD et la Province du Hubei, cet ouvrage décrit la méthodologie utilisée et s’adresse à toute personne travaillant sur ce domaine, dans une autre région ou un autre pays.
Des fruits et des légumes locaux pour les habitants de N'djamena
A l’occasion de sa visite, Gérald Collange, directeur adjoint de la division Afrique de l’AFD, a signé avec Christian Georges Diguimbaye, ministre des finances et du budget tchadien, une convention de financement d’un projet d’aménagement hydro-agricole,pour un montant de 5 millions d’euros.Ce projet vise à réaménager le Bahr Linia, un bras temporaire du fleuve Chari qui traverse la capitale du pays, N’djamena.
Le projet, localisé en périphérie sud-est de la capitale, vise à remettre en eau régulière et l’irrigation d’environ 2 000 hectares de cultures, en particulier maraîchères et fruitières. Cette nouvelle zone de culture, qui favorise également le développement de la pisciculture et de l’élevage, bénéficiera directement à la ville de N’djamena, qui compte plus d’un million d’habitants.
2 000 hectares pour améliorer l'indépendance alimentaire du Tchad |
En effet, avec un taux de croissance démographique de près de 5 % par an, les besoins en produits agricoles augmentent rapidement dans la capitale. Avec ce projet, la ville va limiter sa dépendance vis-à-vis des importations, et notamment en provenance du Cameroun, pays frontalier.
La périphérie du Bahr Linia devrait ainsi devenir la seconde zone d’approvisionnement de la capitale, après les rives du lac Tchad.
Une vendeuse sur le marché de Linia
Partenaire de l’AFD, l’Etat tchadien apporte un cofinancement d’environ 4 millions d’euros. La maîtrise d’ouvrage de ce projet sera assurée par le ministère tchadien de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat (MATUH).
Enfin et dans le but d’assurer un développement harmonieux de la production, un Plan Foncier Rural sera déployé autour de ce projet, comme cela est régulièrement pratiqué dans d’autres pays d’intervention de l’AFD.
Ce plan foncier doit permettre :
- de recenser les parcelles agricoles
- d’identifier des unités foncières par des numéros attribués aux parcelles
- d’enregistrer les ayants-droit avec les droits exercés ou détenus
- de fournir la description physique des parcelles sous la forme d’un document graphique grâce à la collaboration de tous les acteurs concernés
- de constater et enregistrer les mises en valeur.
