Enrichir la connaissance des enjeux de développement

Réfléchir aux modalités de l’aide au développement et participer aux débats stratégiques internationaux sont deux activités à part entière de l’AFD. La production de connaissances est un complément indispensable aux interventions techniques et financières. Cette activité permet d’ajuster les opérations à l’évolution des usages, des besoins et des contextes d’intervention.

À la une

"Évolution du marché international du travail, impacts des exclusions paysannes"

01/10/2012

Le Gret, le Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad) et l’AFD, avec le soutien de l’Académie d’Agriculture et en collaboration avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE), ont organisés le 16 octobre, Journée mondiale de l'alimentation, un colloque sur le thème de l'évolution du marché international du travail et les impacts des exclusions paysannes. Cet événement s'est tenu au Palais d’Iéna, siège du CESE, 9 place d’Iéna 75016 Paris - Métro Iéna, Trocadéro.

Plusieurs centaines de millions de personnes sont aujourd’hui exclues du marché de l’emploi au niveau mondial. Les projections sur l’évolution du marché du travail à l’échelle mondiale mettent en évidence qu ’il faudrait créer 3,3 milliards d’emplois formels ou informels à l’horizon 2050 pour permettre à l’ensemble des actifs d’être inclus dans l’économie. Or, la destruction prévisible d’emplois dans l’agriculture constitue l’un des flux majeurs entrant sur le marché du travail. Aussi, si la création d’emplois dans les secteurs nouveaux doit constituer une priorité, il apparaît également indispensable de limiter la perte d’emplois agricoles à l’échelle mondiale.

Ce colloque permettra de :

  • présenter les résultats de prospectives sur l’évolution de la population et du marché du travail à l’horizon 2050 et de discuter des conséquences possibles au Nord et au Sud ;
  • mettre en évidence le rôle déterminant de la crise des agricultures paysannes – et des pertes d’emplois qu’elle génère – dans l’aggravation des déséquilibres sur le marché de l’emploi et analyser les causes de cette crise ; 
  • identifier les évolutions de l’agriculture et des politiques agricoles qui permettraient de limiter les pertes d’emplois dans l’agriculture, tout en répondant aux autres grands défis de l’Humanité que constituent la sécurité alimentaire et la préservation des écosystèmes.

 

(cliquer sur l'image pour vous inscrire)

 



Afrique contemporaine n°241 | L’Afrique dans la littérature, un continent en son miroir | Le paradigme de l’aide projet fait de la résistance

05/09/2012

Comment l’Afrique se voit-elle dans le « miroir » de sa littérature ? Le dossier d’Afrique contemporaine explore la relation qu’entretient la littérature africaine avec la réalité du continent, en l’occurrence avec son parcours historique.

Longtemps marquée par la Négritude et l’engagement politique, la littérature africaine opère une mutation radicale, caractérisée par une véritable effervescence, l’émergence de nouveaux auteurs et l’exploration de nouveaux genres, comme le roman noir.

Sujet peu souvent abordé en dehors des études linguistiques, la littérature africaine est véritablement un espace à investir par la recherche en sciences sociales, comme moyen d’accès à ce que disent les Africains de leur vie et des dynamiques contemporaines.

Afrique contemporaine réunit les contributions de Lilyan Kesteloot, de l’université de Dakar, Karen Ferreira-Meyers, de l’université du Swaziland, Justin K. Bisanswa, de l’université Laval, Jean-Michel Devésa, de l’université de Bordeaux et Alexandre Maujean, coordinateur du dossier..



Une entreprise dans un DOM. Est-ce que cela change la donne ? Une analyse comparative des entreprises des DOM et de métropole

04/07/2012

Vincent CAUPIN et Bertrand SAVOYE (AFD)

Les spécificités du contexte ultramarin et notamment les handicaps liés à l’ultra-périphéricité sont à l’origine des différentes mesures prises en faveur du secteur privé local. Cette étude propose une nouvelle lecture de ces spécificités, centrée sur les DOM et sur la comparaison avec la métropole.

Dans un premier temps, l’étude rappelle les contraintes générées par l’ultra-périphéricité pour les entreprises, en montrant que celles-ci sont variables suivant l’activité de l’entreprise. Dans un deuxième temps, en s’appuyant sur une base de données de l’INSEE sur les entreprises françaises, l’étude compare les structures des tissus d’entreprises domien et métropolitain, ainsi que les caractéristiques et les performances des entreprises.

Lien vers l'interview des auteurs  



Afrique contemporaine - Appel à propositions | Impacts des printemps arabes sur les pays d’Afrique Sub-saharienne

27/06/2012

Cet appel à propositions d’articles pour la revue Afrique contemporaine porte sur le thème des « Impacts des printemps arabes sur les pays d’Afrique Sub-saharienne ». Il est placé sous la direction et la coordination de Jean-Bernard Véron, rédacteur en chef de la revue. Les articles peuvent être soumis en français ou en anglais.

Ce qu’il est convenu d’appeler les « printemps arabes » est probablement un des évènements majeurs de ces deux dernières années et devrait le rester à tout le moins sur le moyen terme, même si les suites et développements sont aujourd’hui difficiles, voire impossibles, à appréhender. Néanmoins, il semble très souhaitable d’essayer d’évaluer dès aujourd’hui leurs impacts potentiels sur les pays d’Afrique subsaharienne en raison d’une part de l’ancienneté des relations de tous ordres (commerciales et économiques, politiques et religieuses) entre ces deux mondes – arabes et subsahariens - et, d’autre part, de certaines similitudes dans leur situation respective.

Un autre élément qui devra être pris en compte est celui des interférences entre ces similitudes et des sources potentielles de troubles et de tensions propres à l’Afrique subsaharienne.


Traits communs et similitudes des « printemps arabes »

- Les   « printemps arabes » présentent un certain nombre de traits communs :

  • leur caractère inattendu, qui a pris le monde de court, et leur propagation par contagion en traînée de poudre (Tunisie => Egypte et Yémen => Libye => Syrie, sans compter les pays où ils ne sont pas à ce jour, parvenus à leur terme, tels que Bahreïn, le Maroc, l’Irak et l’Algérie, où les régimes installés sont restés en place)


- Certaines similitudes entre ces différents pays, ce que l’on pourrait appeler les causes « profondes » du déclenchement, soit la conjonction :

  • de régimes usés, s’accrochant au pouvoir et procédant aux manipulations nécessaires pour ce faire (restriction des libertés publiques, interdiction ou ferme contrôle des partis d’opposition s’ils existent, « manipulation » des élections, contournements constitutionnels,…),
  • la concomitance fréquente de performances économiques souvent assez satisfaisantes et leurs faibles retombés sur la majorité des populations,
  • les inégalités de développement horizontales (par exemple régionales), par opposition aux inégalités verticales (entre classes),
  • la coagulation autour du pouvoir d’une oligarchie politico-économique s’appropriant une part importante des fruits de la croissance et du produit des processus de libéralisation économique.


- Le déroulement des évènements :

  • certains faits emblématiques déclencheurs (cf. suicide par le feu en Tunisie),
  • le rôle de la jeunesse,
  • et inversement la faible participation initiale des partis politiques ou mouvements pourtant solidement implantés dans ces sociétés (cf. les Frères musulmans et autres formations assimilées),
  • l’importance des modes de communication modernes en réseau (Twitter).


Toutefois ces similitudes, constatées tant dans les pays du Maghreb que dans ceux du Moyen Orient, ne doivent pas conduire à des généralisations abusives :

  • tous les pays concernés n’en sont pas au même point (cf. Tunisie et Egypte où se sont déroulés des élections, par opposition à la Syrie « au bord » de la guerre civile) ;
  • les changements nés des printemps arabes sont loin d’avoir produit tous leurs effets, notamment en ce qui concerne la mise en place d’une nouvelle architecture des forces politiques en présence, y compris celles qui soutenaient les régimes renversés ;


Il n’y a donc pas un « printemps arabe », mais des « printemps arabes » en raison de spécificités propres à chacun des pays touchés.

En dépit de ces réserves, il parait intéressant de construire un dossier qui explorerait les éventuelles répercussions des printemps arabes sur les pays d’Afrique subsaharienne, et ce sous l’angle, en particulier mais pas exclusivement, de leur potentiel de déstabilisation des régimes en place, de redistribution des forces politiques, d’apparition de nouveaux acteurs sur la scène publique, éventuellement porteurs de nouveaux messages (par exemple, à fondements nationalistes et/ou religieux).


Pistes de recherche
 

  •  la similitude avec les pays arabes des causes potentielles de déclenchement de soulèvements populaires pouvant déboucher, ou non, sur des changements de régime (régimes politiques usés, répartition  inégale des fruits de la croissance, mainmise des oligarchies politico-économique) ;
  • les différences, telles que la faiblesse numérique des classes moyennes instruites dans les pays africains ou, dans certains de ces mêmes pays, l’existence de systèmes de démocratie politique plus ouverts.
  • l’articulation de ces causes potentielles avec d’autres sources de troubles/tensions/déstabilisation, comme par exemple, et ici sans souci d’exhaustivité
  • les affrontements à fondements (ou justifications) identitaires, comme au Nigeria
  • la résurgence des insurrections touareg dans certains pays sahéliens (Mali, Niger)
  • la question migratoire et le retour de migrants, civils et militaires, depuis les pays arabes (et pas seulement la Libye)
  • les élections qui ont été plus ou moins fortement contestées (Cameroun, Burundi, RDC) ou suivies de tensions entre les partis et/ou candidats en compétition (Guinée)
  • l’existence de mouvements autochtones se réclamant d’un Islam djihadiste (Somalie, Mali)
  • leur articulation avec l’AQMI (Al Qâ’idah au Maghreb Islamique)
  • les flambées de révoltes catégorielles (Burkina Faso).

Un peu dans le même ordre d’idée, mais en prenant appui sur des fondements plus structurels, il serait intéressant de prendre également en considération :

  • les heurts « traditionnels » autour de l’accès aux ressources naturelles, notamment entre agriculteurs et éleveurs (Tchad, Niger, Sud Soudan), dans la mesure où ils peuvent être instrumentalisés par des mouvements politiques ou politico-militaires ;
  • le gonflement des grandes métropoles à un rythme qui rend difficile l’intégration socio-économique des jeunes générations, des migrants ruraux, comme à Abidjan, Lagos ou Nairobi et plus récemment des migrants de retours des pays arabes.


Calendrier

Le calendrier de ce dossier, susceptible de modifications est le suivant :

  • faire acte de candidature, en envoyant un résumé d’environ 1 page sur le thème qui serait proposé, et ce au plus tard pour le 30 juillet
  • envoi des articles retenus au plus tard pour le 30 septembre
  • procédure de référés, éventuelles corrections et validation finale des articles.
  • objectif de parution, premier semestre 2013.

Ces articles, qui devront avoir un format de 35 000 signes (espaces compris, notes de bas de page et bibliographie comprises) dans leur version destinée à la publication, pourront être soit monographiques (étude de cas pays), soit plus analytiques et donc transversaux (sur telle ou telle thématique spécifique).


Contacts

Vous pouvez adresser vos appels à proposition par e-mail à :

Isabelle Fortuit, adresse de messagerie fortuiti@afd.fr



Les systèmes d’information sur les marchés agricoles en Afrique subsaharienne. De la première à la deuxième génération

26/06/2012

Hélène DAVID-BENZ (CIRAD), Johny EGG (IRAM), Franck GALTIER (CIRAD), Johanna RAKOTOSON (FAO Madagascar), SHEN Yuanyuan (Université Paris Sud-CIRAD) et Andrew KIZITO (Michigan State University)
Contact AFD: Marie-Cécile THIRION, Département de la Recherche

Les systèmes d’information sur les marchés (SIM) mis en place dans les années 1980 pour accompagner la libéralisation des marchés ont été fréquemment critiqués pour leur incapacité à répondre aux besoins des opérateurs, leur lourdeur administrative, leur fragilité financière.
Depuis, de nouvelles opportunités ont permis de rénover ces services : développement des NTIC, décentralisation des systèmes d’information, rapprochement des organisations professionnelles, etc.
 

Aujourd’hui, que sont les SIM en Afrique ? Répondent-ils mieux qu’auparavant aux attentes des agriculteurs, des commerçants, des consommateurs ? Fournissent-ils des informations utiles aux décideurs politiques ? Les outils de communication actuels permettent-ils de toucher plus et mieux les acteurs ou sont-ils sources d’exclusion ? Les nouveaux SIM sont-ils financièrement viables ? Autant de questions auxquelles tentent de répondre les auteurs en s’appuyant sur une enquête menée auprès de plus de 30 SIM et sur l’analyse approfondie de quelques SIM africains



Conférence - Rapports de force locaux, impacts mondiaux : vers une analyse multidisciplinaire des échelles

14/06/2012

L'Université de Chicago et l'Agence Française de Développement ont organisés une conférence de deux jours et demi qui s'est tenue à Paris du 13 au 15 Juin 2012. Cette conférence s'est déroulée sur plusieurs sites (INALCO, Université Paris Diderot) dans le 13e arrondissement de Paris. Le détail du programme est disponible au téléchargement ici.

Un problème, plusieurs thèmes

Qu'il s'agisse du changement climatique, des maladies transmissibles, des crises financières ou de la protection de la biodiversité, l'analyse de problèmes mondiaux essentiels souffre de barrières disciplinaires profondément enracinées. Dans leur examen de la gouvernance mondiale, par exemple, les spécialistes des relations internationales se concentrent encore largement sur les grandes institutions, les grands sommets et les grands accords. Ils offrent un regard «macro» mais accordent une attention limitée aux acteurs et dynamiques domestiques, à moins que ces derniers n'affectent directement les négociations internationales. A l'inverse, les chercheurs en sciences sociales familiers d'autres paradigmes disciplinaires analysent souvent en détail la manière dont des groupes d'intérêt et des jeux de pouvoir locaux influent in situ sur des enjeux mondiaux. Pourtant, rares sont ceux qui utilisent ces données locales détaillées pour enrichir la réflexion sur la gouvernance mondiale et les formes souhaitables de coopération internationale.

L'analyse des impacts mondiaux des rapports de force locaux demeure un continent largement inexploré. Cette question n'est pas encore identifiée comme un domaine de recherche à part entière, bien qu'elle puisse engager une communauté de recherche large et multidisciplinaire. La recherche en sociologie, économie, politique, anthropologie. sur les interactions entre les échelles locale et mondiale ne bénéficie pas encore d'une analyse systématique, d'outils conceptuels partagés et de débats organisés - en particulier parmi les décideurs politiques qui se sentent probablement contraints par le principe de souveraineté nationale. Pourtant, une recherche complète et multidisciplinaire pourrait aider à imaginer des mécanismes de gouvernance mondiale qui viendraient compléter, plutôt que défier, la souveraineté nationale. Voilà qui plaide pour un renouveau de l'analyse sur les interactions entre acteurs socio-économiques et politiques à différentes échelles - et notamment sur la manière dont des jeux politiques domestiques sont redéfinis par des contraintes et des acteurs internationaux.

Le Pr. Arjun Appadurai introduira la conférence. Professeur de culture et communication à l'Université de New York (NYU), il est reconnu comme l'un des théoriciens importants du thème de la globalisation.

NB : la conférence se tiendra en français et en anglais (au choix des intervenants et du public). Il n’y aura pas de système de traduction alternative ou simultanée.
 

Télécharger le programme de la conférence

 

 

Personnes à contacter :

 

L'Université de Chicago est une université de recherche qui comprend plus de 2000 professeurs travaillant à temps plein dans les sciences physiques, biologiques et sociales, les sciences humaines ainsi que dans un ensemble d'écoles professionnelles - notamment dans la médecine, le droit et les affaires. Parmi ses distinctions éducatives et de recherche, l'Université compte dans son histoire 87 lauréats du Prix Nobel, dont 8 membres du corps professoral actuel.

Accéder au site web de l'Université de Chicago

 

L'Agence Française de Développement (AFD) est l'agence de coopération internationale de la France. En tant que banque bilatérale de développement, elle est active dans plus de 70 pays. Elle a apporté en 2010 près de 7 milliards d'euros à ses partenaires - via des outils financiers divers et dans tous les secteurs économiques et sociaux. Son Département de Recherche produit et publie des études, organise séminaires et conférences, et participe activement à de nombreux réseaux internationaux. L'un des ses programmes de recherche (conduit par Olivier Charnoz) porte sur les impacts mondiaux de jeux de pouvoir locaux.



 
   
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