Etude d’impact de programme de prêts étudiants : le cas d'Eduloan en Afrique du Sud

I - Contexte

La disponibilité de personnes qualifiées est une condition nécessaire au développement économique et social des pays. Souvent, l’accès à l’éducation supérieure reste néanmoins limité, en particulier pour les populations pauvres peu capables d’en couvrir les frais (directs et indirects). Depuis quelques années, l’AFD s’est engagée dans plusieurs programmes de soutien à des organismes de prêts étudiants (en République dominicaine, au Liban et en Afrique du Sud). Le caractère pilote de ces opérations implique que leurs effets sont en grande partie méconnus, notamment en termes de ciblage des bénéficiaires (quelles populations sont touchées ou exclues), de l’utilisation des prêts (quels sont les autres sources de financement des études supérieures et pour quels objets) et d’impact sur le taux d’inscription et de réussite aux examens. Cette étude vise à documenter ces effets dans le cadre d’un partenariat entre l’AFD et l’organisation de crédit Eduloan, en Afrique du Sud.

II - Question(s) Evaluative(s)

L’organisation Eduloan propose des prêts étudiants aux populations sans accès aux banques traditionnelles. Son partenariat avec l’AFD date de 2002 et a permis d’octroyer 400 000 prêts supplémentaires. En 2008, Eduloan et l’AFD ont conjointement décidé de l’opportunité d’une étude permettant de mieux mesurer et comprendre l’impact de ces prêts. Une équipe universitaire de l’Ecole d’Economie de Paris a été sélectionnée pour cette tâche.

L’étude d’impact proposée en cours repose en grande partie sur la disponibilité de données secondaires, produites par Eduloan (pour l’accès aux emprunts) et par le ministère de l’Education d’Afrique du Sud (pour les résultats aux examens). Des données supplémentaires permettant de mieux comprendre la chaîne des résultats (notamment les comportements d’emprunt) seront également collectées par un partenaire sud-africain à identifier.

III - Méthode

La mesure de l’impact repose sur l’existence d’une séparation naturelle entre les bénéficiaires de prêts et les non-bénéficiaires. En effet, l’octroi de prêt dépend en grande partie du classement de chaque individu sur une échelle de solvabilité, déterminée par un indice composite fonction des expériences d’emprunt passées.

La formule sous-jacente à cet indice (dit Empirica) n’est pas connue et le niveau n’est pas directement manipulable par les demandeurs d’emprunt. Eduloan utilise un niveau seuil d’Empirica au-delà duquel les crédits sont plus facilement acceptés. Le seuil étant choisi de manière arbitraire, il est probable que les individus dont le score est juste en deçà du seuil soient suffisamment similaires à ceux juste au-dessus. Cette discontinuité dans la décision d’octroi offre alors ainsi un groupe de traitement et un groupe de contrôle.

Afin de mieux comprendre la chaîne des résultats, un sous-échantillon d’une centaine d’individus bénéficiaires a également fait l’objet d’entretiens semi-structurés.

Documents liés à l’étude et liens utiles

Mise à jour en juillet 2011

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