Etude d’impact de programmes d’assurance de santé : le cas de Sky au Cambodge

I - Contexte

Les pays pauvres, qui concentrent globalement 90 % des problèmes de santé au niveau mondial, sont aussi ceux où les dépenses de soins sont les plus faibles : 12 % seulement du total. Or, ces dépenses sont pour la plupart assumées directement par les ménages, en l’absence de systèmes d’assurance maladie. Dans ce contexte, les différents problèmes de santé rencontrés par les familles engendrent aussi des problèmes économiques : réduction des revenus, décapitalisation, endettement… Les ménages les plus pauvres et vulnérables s’avèrent bien entendu les plus exposés à ces risques.

Le Cambodge fait face à ces difficultés et tente d’y remédier par des politiques appropriées. Le ministère de la Santé cambodgien a ainsi défini l’accès à des services publics de santé de qualité comme première priorité. Les conséquences économiques négatives des épisodes de maladies ont été clairement identifiées comme des obstacles à la réduction de la pauvreté dans le pays. Un plan national pour le développement de l’assurance maladie a été adopté en 2005.

II - Question(s) Evaluative(s)

Le programme SKY, démarré en 1991 par le GRET sous forme pilote dans le cadre d’une institution de microfinance, a progressivement développé un service indépendant de micro-assurance maladie pour les ménages aux revenus modestes. Il dessert aujourd’hui environ 30 000 familles.

L’évaluation de l’impact de la micro-assurance maladie SKY sur la santé et la pauvreté des ménages a été confiée à CEGA (Center of Evaluation for Global Action – Université de Californie, Berkeley). CEGA s’est associée à un centre de recherche cambodgien, DOMREI, ainsi qu’à l’Université Royale de Phnom Penh pour une meilleure adaptation de l’évaluation au contexte local. Le GRET apporte sa connaissance de l’assurance maladie et du contexte pour l’élaboration de la théorie de l’évaluation.

L’évaluation d’impact est cofinancée par l’AFD et l’USAID (bourse BASIS).

III - Méthode

L’évaluation doit apporter des réponses d’intérêt local et global concernant l’impact de la micro-assurance sur la santé et la pauvreté des ménages des pays en voie de développement. Les questions abordées sont les suivantes :

► quels sont les impacts de la micro-assurance sur la santé et l’économie des ménages ?

► quelle est l’efficacité de la micro-assurance de santé dans la réduction des risques économiques liés aux maladies ?

► comment les ménages répondent-ils à une variation de tarifs de l’assurance ?

► l’expansion de la micro-assurance a-t-elle un effet sur la qualité du service public de santé ?

Le dispositif expérimental repose sur la distribution aléatoire de bons de réduction pour l’adhésion au système de micro-assurance. Lors des premières séances d’information sur SKY dans les villages, les ménages participent à une loterie et gagnent des bons de réduction d’un mois ou de cinq mois. Les ménages recevant les bons de réduction de cinq mois adhèrent plus massivement (44 %) que ceux recevant un bon d’un mois (4 %) : la différence de taux d’adhésion entre ces deux groupes, par ailleurs équivalents, se traduira en différentiel d’impact.

Au total, 5 300 ménages dans 249 villages ont ainsi été tirés au sort. Il est prévu qu’ils soient enquêtés à trois reprises (situation de référence en 2008, puis 2009 et 2010). La parution des résultats de l’évaluation est attendue début 2011.

Mise à jour en mai 2011

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