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Analyses macroéconomiques et diagnostics pays
Sur le plan du régime de croissance, il s’agit d’abord d’identifier une trajectoire de longue période permettant d’approcher les performances structurelles de l’économie. Ce premier point permet de savoir dans quelle mesure le pays étudié se trouve dans une dynamique de convergence par laquelle son revenu par habitant se rapproche de celui des pays développés. La périodisation de cette trajectoire permet d’identifier des phases de décollage (au cours desquelles la croissance se révèle forte et peu volatile) et, dans certains cas, des phases de déclin, voire de décollage avorté. L’analyse cherche alors à identifier les facteurs économiques permettant d’expliquer le profil de cette croissance de longue période. A titre d’exemple, ces facteurs peuvent être : la stabilité plus ou moins forte du cadre macroéconomique (inflation, finances publiques, taux de change) ; la capacité du secteur productif à générer des gains de productivité ; la montée en gamme de l’appareil productif et de la base d’exportation.
Dans un second temps, l’analyse du régime de croissance aborde les aspects conjoncturels offrant ainsi une lecture des évolutions de court terme de la croissance. Il s’agit ici de déterminer les facteurs de nature cyclique influant sur les résultats de l’année en cours, voire des trimestres en cours lorsque le système statistique le permet. Pour les pays d’Afrique de l’Ouest, un modèle macroéconomique (le modèle Jumbo) est utilisé comme cadre d’analyse. Ce modèle permet de réaliser des prévisions à deux ans ainsi que des variantes définies en fonction de chocs macroéconomiques probables, ou en cours de réalisation.
La seconde partie du diagnostic pays s’intéresse au système financier (les banques et les marchés financiers). Il s’agit notamment de définir la situation bilantielle du secteur bancaire à partir du niveau de capitalisation, de la qualité de l’actif, des éventuels déséquilibres en maturités et en devises et, enfin, de la rentabilité. Mais , au-delà de cette analyse statique, parfois difficile à conduire en raison d’informations insuffisantes, il s’agit également d’analyser la situation des banques en rapport avec leur cycle financier afin de déterminer d’éventuelles zones de vulnérabilités : croissance du crédit trop rapide ; allocation inefficiente du crédit ; développement de bulles financières sur les marchés d’actifs.
Evaluer la solidité des systèmes bancaires, dans une approche du type risque systémique, est selon nous d’une importance considérable en raison du caractère dévastateur des crises bancaires que certains pays en développement ont pu connaître au cours des décennies passées. Ces crises se traduisent en effet par des recapitalisations financées par les Etats qu peuvent être extrêmement coûteuses (50% du PIB dans le cas de l’Indonésie à la fin des années 90) et qui peuvent se traduire par la paralysie des politiques publiques pour plusieurs années (effets d’éviction générés par le financement des recapitalisations au détriment des composantes actives des dépenses publiques : financement des infrastructures et des dépenses sociales, par exemple). Par ailleurs, les crises bancaires débouchent généralement sur des périodes plus ou moins longues de restriction du crédit pouvant nuire durablement à la croissance et au développement.
La situation des finances publiques fait également l’objet de développements spécifiques. Il s’agit ici d’évaluer le caractère soutenable de l’exécution budgétaire et de l’endettement public. La nature endogène ou exogène de la soutenabilité est particulièrement étudiée : dans le premier cas, l’Etat parvient à assurer sa solvabilité à partir de ses ressources propres et quelque soit son environnement macroéconomique ; dans le second cas au contraire, l’Etat a un besoin crucial des bailleurs de fonds pour assurer sa solvabilité et demeure exposé à des chocs macroéconomiques négatifs.
La mise en dynamique des dettes publiques est sur ce plan un exercice utile afin de projeter les ratios d’endettement sur le court et le moyen termes. Réalisés à partir d’hypothèses de cadrage propre à l’AFD (taux de croissance et soldes budgétaires notamment), ces exercices permettent une lecture distanciée des résultats fournis par les IFIs.
La dernière partie des diagnostics porte sur le financement externe du pays sous revue. Nous cherchons ici à mesurer le besoin de financement externe de l’économie et son mode de couverture. Les deux dernières décennies ont en effet montré que le niveau du besoin de financement externe et la qualité de sa couverture sont deux des vulnérabilités majeures des processus de développement pouvant déboucher sur des situations de crises financières.
Cette étape du diagnostic nous permet en outre de mesurer la capacité du pays à générer des devises à partir de sa base d’exportation et d’approcher ainsi la question de la soutenabilité de son régime de change. Enfin, une analyse de la solvabilité et de la liquidité externes est également réalisée ainsi qu’une mise en dynamique de la dette externe à court et moyen termes.

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