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Financement du développement
Le processus de développement demande d’importants financements que les seules ressources intérieures ne peuvent combler. Aussi, les Etats ont-ils recours au financement extérieur, selon des modalités différentes en fonction de leur niveau de développement. Les pays émergents et à revenus intermédiaires ont accès à tous les instruments de financements extérieurs disponibles, tels les investissements directs étrangers, les emprunts sur les marchés financiers ou auprès des banques commerciales, les financements de bailleurs de fonds sur prêts et sur dons. En revanche, les pays à faible revenu ne peuvent bien souvent financer leur développement qu’en ayant recours à l’aide internationale.
Leur besoin de financement est immense pour financer l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) d’ici 2015, et en premier lieu celui de la réduction de la pauvreté. Dans cette perspective, la communauté internationale s’est engagée à doubler les montants d’aide publique au développement. Par ailleurs, pour relever ce défi, les pays en développement cherchent de nouvelles sources de financements, qu’ils trouvent auprès des bailleurs émergents, comme la Chine ou l’Inde, de nouveaux acteurs telles les fondations ou à travers la promotion du secteur privé via de nouveaux instruments tels la micro-finance, les transferts de fonds des migrants ou les partenariats publics-privés.
Les importantes annulations de dette consenties par la communauté internationale à travers l’Initiative Pays Pauvres et Très endettés (PPTE) lancée en 1996 et l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) lancée en 2005, ont également pour objet de faciliter l’atteinte des OMD. Ces annulations massives ont eu pour conséquence de rendre de nouveau solvables les pays qui en ont bénéficié. La question du rythme et des modalités de leur réendettement se pose avec acuité et il est nécessaire d’adapter la gouvernance internationale de la dette de sorte à éviter les erreurs du passé et à prévenir autant que possible de nouvelles crises de la dette.
Toutes ces observations invitent le département de la recherche de l’AFD à mener des travaux sur le financement du développement et à réfléchir aux instruments financiers qu’un bailleur de fonds bilatéral pourrait développer pour accompagner ou accélérer la dynamique de développement.
Travaux en cours
Plusieurs études ont ainsi été engagées concernant les différents aspects du financement du développement : veille sur les travaux et débats portant sur l’allocation de l’aide et son efficacité ainsi que sur la problématique de l’augmentation du volume de l’aide (scaling-up) et de la capacité d’absorption ; travaux sur les aides budgétaires globales et sectorielles, leur efficacité et le renforcement des capacités des pays dans la gestion budgétaire, et sur la mesure du risque fiduciaire ; travaux sur l’impact de l’émergence de nouveaux bailleurs (Chine – Inde – Brésil) sur les stratégies d’intervention des bailleurs du Club de Paris et sur l’octroi d’APD ; études sur l’impact de projets de micro-finance ; travaux sur le renforcement des systèmes financiers, principalement en Afrique subsaharienne et dans la région MEDA ; travaux sur des mécanismes de couverture des vulnérabilités des pays en développement : conception d’un outil de financement contra-cyclique permettant de limiter ex ante de nouvelles crises de la dette ; mécanismes de lissage ou d’assurance contre les risques exogènes.
Sur la base de ces premiers travaux, la production intellectuelle s’attache à éclairer la décision politique en termes de mise en œuvre d’outils de financement répondant aux exigences, d’une part de l’établissement financier qu’est l’AFD, d’autre part d’une meilleure articulation avec les besoins des bénéficiaires et les opportunités qui s’ouvrent à eux.

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