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Institutions, Gouvernance et Croissance à Long Terme
Ce programme de recherche vise à repenser les critères de « bonne gouvernance » et de qualité des institutions en fonction de leur efficacité dans les processus de développement économique. Il s’appuie sur une analyse fine des déterminants institutionnels de la croissance dans les pays qui ont connu des épisodes de décollage économique sur plusieurs décennies. Il vise à développer un nouvel outil de diagnostic pays combinant analyse institutionnelle et analyse économique dans l’élaboration de stratégies de développement.
Depuis les années 1990, les réformes institutionnelles, et notamment celles de « bonne gouvernance » (transparence de l’action publique, liberté de fonctionnement des marchés libres, formalisation des règles, contrôle de la corruption, démocratie…) font partie des priorités affichées des politiques d’aide au développement. Elles n’ont pourtant pas démontré leur efficacité à placer les pays en développement les plus pauvres sur des sentiers de croissance plus sûrs. L’adoption des réformes de « bonne gouvernance » reste souvent formelle et ne touche pas aux ressorts de la « mauvaise gouvernance », s’avérant bien réelle au quotidien. Les groupes d’intérêts qui, dans la plupart des pays en développement, verrouillent le jeu économique et politique local dans un équilibre de basse productivité, sont rarement perturbés par ces réformes ; au mieux, ils se recomposent et se redéploient en tenant compte des nouvelles contraintes ou opportunités que leur offre l’intervention des bailleurs.
Une série de travaux démontre que, contrairement aux annonces qu’en font les institutions de Bretton Woods, la « bonne gouvernance » n’est pas cette recette universelle, efficace et applicable dans tous les pays. Les pays en développement devraient plutôt se concentrer sur l’acquisition de certaines capacités de gouvernance, aujourd’hui identifiées par la littérature comme étant caractéristiques des pays émergents ou développés.
Quelles sont ces capacités de gouvernance fondamentales ? Elles concernent la prise de décision collective dans le mode de gestion des conflits, la coordination et la mobilisation des élites autour d’un objectif et d’une vision partagée ; la responsabilisation de chacun selon son degré de participation à l’atteinte de l’objectif commun ; la capacité à augmenter la productivité des actifs en les redéployant vers des activités ciblées pour leurs rendements croissants ; la capacité de maintenir la cohésion sociale et la stabilité politique ; la capacité à acquérir ou développer de nouvelles technologies et les savoir-faire correspondants. Les formes institutionnelles précises qui ont permis de remplir correctement ces fonctions ont bien entendu grandement varié dans l’histoire. Aussi il est illusoire de penser que certaines institutions formelles seraient les « bonnes », et qu’il suffirait de les mettre en place pour en ressentir les bienfaits économiques.
L’objectif du programme de recherche de l’AFD sur « Institutions, Gouvernance et Croissance à long terme » est de fonder une méthode innovante d’analyse des déterminants institutionnels de la croissance au niveau d’un pays.
Le programme de recherche de l’AFD sur « Institutions, Gouvernance et Croissance à long terme » est composé de quatre types d’activité complémentaires :
- Une réflexion théorique sur le rôle des institutions dans le développement, réflexion basée sur le cadre conceptuel de D. North, J. Wallis et B. Weingast et en dialogue avec plusieurs organisations (ex. SOAS à Londres).
- L’amélioration des outils de mesure des institutions avec l’exploitation de la base de données Profils Institutionnels (IPD) et la préparation de sa prochaine version (IPD 2012).
- Une approche quantitative de la relation entre Institutions, Gouvernance et Croissance à long terme à travers le partenariat avec l’Université de Maastricht (Maastricht Graduate School of Governance) : construction d’une base de données complémentaires, analyse des problématiques associées à la mesure des institutions et du développement, utilisation d’outils statistiques et économétriques pour évaluer quantitativement les relations entre les institutions et la croissance (et le développement).
- L’étude de « cas-pays » : dans une approche qualitative, analyse les équilibres entre les sphères économique et politique et leur impact en termes de croissance de long terme de huit pays à l’aide des outils de l’économie politique. Les pays actuellement à l’étude sont l’Inde, la Chine, le Vietnam, le Bangladesh, la Turquie, le Kenya, le Burkina Faso et Madagascar. Les « cas-pays » sont pris en charge par des chercheurs et centres de recherche (SOAS, Université de Maastricht, Maastricht Graduate School of Governance, FASOPO, Université de Bogazici, Université Dauphine, IRD-DIAL) et déboucheront d’une part sur une monographie par pays, et d’autre part sur une analyse testant le cadre théorique et les hypothèses de recherche de North, Wallis et Weingast.
Chercheur référent : Nicolas Meisel
Documents associés au programme de recherche
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DT N°58 | La « bonne gouvernance » est-elle une bonne stratégie de développement ?
Nicolas Meisel (AFD), Jacques Ould Aoudia, Direction générale du Trésor et de la Politique économique du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi .
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DT N°89 | Présentation de la base de données - Institutional Profites Database 2009 (IPD 2009)
Denis de Crombrugghe, Kristine Farla, Nicolas Meisel, Chris de Neubourg, Jacques Ould Aoudia, Adam Szirmai. Contact : Nicolas Meisel, département de la Recherche, AFD (meiseln@afd.fr)

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