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Scolarisation Primaire Universelle (SPU)

La Scolarisation Primaire Universelle (SPU) consiste à assurer à l’horizon 2015 un enseignement primaire gratuit à tous les enfants, notamment les filles, les minorités ethniques et les enfants les plus démunis. Etant à la fois un des six objectifs de l’Education Pour Tous et un des Objectifs du Millénaire, la SPU est un enjeu qui se trouve au cœur des politiques éducatives des pays. L’AFD oriente principalement ses interventions en faveur de la réalisation de la SPU, notamment dans les Pays les Moins Avancés.

 

 Les enjeux

L’éducation est une condition nécessaire du développement. Le lien entre pauvreté et éducation est clairement établi : l’éducation est indispensable pour briser le cercle vicieux de la pauvreté qui se reproduit de génération en génération. Elle réduit la vulnérabilité des personnes, favorise  leur participation à la prise de décision, contribue à la diffusion de comportements innovants.

L’éducation conditionne aussi le décollage économique. La performance d’un pays en termes de croissance et de gains de productivité est étroitement liée à la durée d’études moyenne de ses habitants. Les études rétrospectives sur les différentes régions du monde en développement ont clairement établi que la croissance ne peut s’installer de façon durable sans une production préalable suffisante de capital humain attestée par un taux d’alphabétisation de la population adulte d’au moins 50% ou encore par une durée d’études moyenne de six années.

Il faut aussi souligner que l’éducation à un impact positif dans les domaines de la santé, de la démographie et de l’environnement. La baisse du nombre d’enfants par femme, le pourcentage de suivi médical pendant la grossesse, l’indice de connaissance sur le VIH/Sida, sont, par exemple, corrélés avec le niveau d’éducation.

Ces différents bénéfices ne sont toutefois pas effectifs si la maîtrise de l’écrit et du calcul ne sont pas stabilisés, si l’alphabétisation n’est pas durable. Le minimum requis, pour développer une capacité d’apprentissage tout au long de la vie, est une scolarisation complète de six ans. Voilà pourquoi l’accent est désormais mis sur l’universalisation de l’accès à un cycle primaire complet de qualité et non plus seulement sur la généralisation de l’accès à l’école. 

En outre, le rendement social du cycle primaire est généralement plus élevé que celui des cycles secondaire et supérieur, ce qui justifie l’accent mis sur la scolarisation primaire. Cela implique la construction d’une pyramide éducative cohérente avec le système économique, à commencer par une base forte et généralisée.

 

 

Les objectifs de la Scolarisation Primaire Universelle et leur mesure

Lors de la conférence de Jomtien en 1990, la SPU a d’abord été conçue comme l’accès généralisé à l’éducation. C’est ce que le taux brut de scolarisation du primaire mesure puisqu’il est un indicateur de la capacité d’accueil du système éducatif. En effet, il rapporte le nombre d’enfants scolarisés dans l’enseignement primaire au nombre d’enfant en âge de l’être.

Mais cet indicateur ne reflète pas la proportion d’enfants qui bénéficient d’une scolarité primaire complète puisque les taux d’abandon en cours de cycle sont élevés dans beaucoup de pays en développement. C’est dans cette optique que le forum de Dakar et le sommet du millénaire pour le développement ont fixé comme indicateur de suivi le taux d’achèvement du cycle primaire.

A long terme, l’objectif de la SPU est l’alphabétisation durable de la population. L’atteinte de la SPU en 2015 ferait baisser l’analphabétisme en Afrique de 35% (en 2002) à 16% (en 2015).

 

 

L’état des lieux

Les années 1990 ont vu le taux d’achèvement du primaire passer de 72% à 77%, une progression encourageante qui ne doit pas masquer de fortes disparités géographiques. En effet, si l’Europe de l’Est (94%), l’Amérique latine (97%) et l’Asie de l’Est (99%) sont aujourd’hui proches de la réalisation de la SPU, des régions comme l’Afrique subsaharienne (62%) ou l’Asie du sud (82%) en sont encore loin.

Au total, 47 pays ont atteint la SPU alors que 70 pays ne sont pas sur la bonne trajectoire. La tendance actuelle ne permettra pas d’atteindre l’objectif d’universalisation du primaire d’autant que certains pays, comme l’Afghanistan, connaissent une stagnation ou une baisse de leur taux. Les prévisions estiment qu’une augmentation de 3% par an du taux d’achèvement du primaire est nécessaire pour atteindre les objectifs en 2015.

 

 

Les freins à la réalisation de la Scolarisation Primaire Universelle

De nombreux freins s’opposent à la réalisation de la SPU à la fois du côté de l’offre éducative, en termes de marges de manœuvre pour les gouvernements, et du côté de la demande éducative chez les familles.

 On note plusieurs freins du côté de l’offre éducative :

  • le manque de ressources financières des gouvernements : la pression fiscale est limitée et la concurrence pour l’affectation des ressources est extrêmement élevée ; 
  • le manque d’infrastructures scolaires : le nombre d’écoles n’est pas suffisant et les écoles existantes ne peuvent pas toujours dispenser tous les niveaux de cours, ce qui est une des causes des abandons ;
  • le manque de ressources humaines : le manque de professeurs et de formateurs est souvent préjudiciable au bon fonctionnement des écoles ; 
  • la précarité des conditions  d’apprentissage : les classes surchargées, les professeurs peu formés, les faibles moyens pédagogiques disponibles, un nombre d’heures de cours insuffisant et un absentéisme élevé sont autant de freins à une éducation de qualité ;
  • la mauvaise gestion qui ne favorise pas une distribution équitable et rationnelle des ressources disponibles au profit des établissements scolaires.

On peut aussi distinguer des freins à la réalisation de la SPU du côté de la demande éducative :

  • le coût des études : les frais d’inscriptions ou autres frais d’écolage peuvent être prohibitifs pour les familles les plus pauvres ;
  • la perception du coût d’opportunité : les familles doivent choisir entre scolariser leurs enfants ou les faire participer aux activités domestiques. L’arbitrage sera en défaveur de l’école si cette dernière ne répond pas aux attentes des familles ou si l’enfant y est rapidement en échec (redoublement).