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Evaluation, pilotage et management de l’éducation

Si l’on croise les données des résultats aux examens et de la dépense publique mobilisée par élève, on constate qu’augmenter les ressources financières pour l’éducation n’entraîne pas nécessairement de gains en termes d’apprentissage pour les élèves. Cette observation illustre l’enjeu d’une bonne gestion pour améliorer la qualité et utiliser au mieux les ressources disponibles. 

La gestion peut être définie comme « l’ensemble des activités qui font le lien entre la sphère des politiques éducatives et celle des résultats obtenus, entre le niveau national et le niveau local, entre les moyennes et leurs distributions, entre les ressources et les acquisitions scolaires » [1] .

Dans un premier temps, la gestion administrative consiste à distribuer, de façon équitable, du niveau national au niveau local, les ressources physiques, financières et humaines à travers le pays. L’allocation des personnels enseignants est au cœur de ce niveau de gestion qui doit permettre de corriger les nombreuses disparités qui existent. Le degré d’aléa sert à mesurer les disparités dans l’allocation des personnels enseignant et permet d’identifier les lieux où il existe un manque de ressources en personnel ou au contraire un excédent.

Dans un second temps, la gestion pédagogique consiste, au niveau des établissements scolaires, à transformer ces ressources en résultats d’apprentissage pour les élèves. La gestion pédagogique s’intéresse aux résultats obtenus et à la manière de les accroître en améliorant les pratiques pédagogiques et le fonctionnement des écoles.

Au niveau national, la gestion doit avoir pour but l’efficacité, l’équité et la cohérence de la politique générale, tandis qu’au niveau local, il s’agit d’améliorer les pratiques pédagogiques dans la classe et le fonctionnement effectif de chaque école.  

 

Les causes d’une gestion défaillante

On observe souvent trois difficultés principales :

·         des règles administratives mal définies qui ne permettent pas de piloter le système, notamment au niveau décentralisé ;

·         un manque de clarification des responsabilités aux différents niveaux du système ;

·         l’absence d’une évaluation des résultats, d’une réflexion sur les actions correctrices à mettre en œuvre et de mesures incitatives pour promouvoir une gestion axée sur les résultats.

 

Quelques exemples de bonnes pratiques de gestion administrative et pédagogique

·          Déterminer le niveau administratif pertinent

Le déploiement des personnels et des ressources financières doit, pour être efficace, être relayé et géré à différents niveaux du système éducatif. Les structures déconcentrées et décentralisées de l’éducation s’assurent que les ressources financières arrivent bien dans les écoles et sont transformées en outils pédagogiques. L’administration centrale peut déléguer une partie des responsabilités de l’allocation des ressources humaines aux échelons déconcentrés de l’Etat et aux niveaux décentralisés. Ces derniers doivent pouvoir distribuer les flux d’enseignants dans les circonscriptions et les écoles où le besoin s’en fait sentir.

·          Définir un cadre institutionnel clair

Les fiches de postes des agents de l’Etat et les responsabilités de chacun doivent être clarifiées lors de concertations entre les acteurs et l’Etat. Ce cadre institutionnel peut ensuite être contrôlé par des agents internes et externes pour rapporter d’éventuels dysfonctionnements.

·          Instrumenter le système

Pour piloter le système éducatif il est nécessaire d’avoir à sa disposition des informations statistiques fiables. Ces statistiques sont ensuite utilisées comme instrument de gestion, notamment pour évaluer les déficits ou les excédents de ressources à la fois humaines et financières pour chaque école. Enfin, le bon usage de ces instruments nécessite un renforcement des capacités adéquat pour les acteurs du système.

 

Quelques principes peuvent être avancés pour améliorer la gestion pédagogique à l’échelon des établissements :

·          Rendre public les résultats et les ressources allouées à chaque établissement.

La transparence des résultats et des ressources permet à tous les acteurs d’évaluer leur situation en se comparant aux autres établissements et peuvent par la suite signaler plus précisément leurs besoins.

·          Contrôler le fonctionnement de l’école et les pratiques pédagogiques

De nombreux éléments liés au fonctionnement de l’école peuvent causer des abandons et affaiblir la demande d’éducation des familles. Il peut être alors efficace de surveiller le temps de présence effectif des enseignants ; leur comportement vis-à-vis des élèves et notamment des filles ; la conduite pédagogique de la classe (respect des programmes scolaires, préparation des cours, suivi des élèves en difficulté…) ou encore la présence effective du matériel scolaire. Ces éléments de contrôle peuvent par exemple faire partie des missions attribuées aux inspecteurs.

  

Les engagements de l’AFD en matière de gestion des systèmes éducatifs

La thématique de la gestion des systèmes éducatifs est majeure pour l’AFD, c’est pourquoi l’Agence soutient l’initiative AGEPA ( Amélioration de la Gestion de l’Education dans les Pays Africain s) lancée en 2003 par la Banque Mondiale avec l’appui de la Norvège, de l’Irlande et de la Coopération Française.

Ce projet rassemble 5 pays choisis pour le développement de leur politique éducative : Burkina Faso, Madagascar, Mauritanie, Mozambique et Niger. Les activités menées dans le cadre de ce programme espèrent améliorer significativement la gestion des systèmes éducatifs des pays considérés. L’approche se focalise ainsi sur les problèmes de cohérence du déploiement des enseignants et de transformation des ressources en résultats scolaires tangibles au niveau de la classe.



 [1] «  Questions de gestion de l’éducation dans les pays d’Afrique sub-saharienne », Alain Mingat (AGEPA)