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Education et VIH/Sida

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La lutte contre le Sida, qui figure parmi les objectifs du millénaire pour le développement, est cruciale pour l’atteinte de la scolarisation primaire universelle. La pandémie pose en effet des problèmes d’offre éducative dans la mesure où elle atteint fortement la population enseignante, et des problèmes de demande éducative en engendrant des orphelins.

En 2003, on estimait à 40 millions le nombre de personnes vivants avec le Sida, à 5 millions le nombre de nouvelles infections par an et à 3 millions le nombre de décès par an.

 

  

L’impact du VIH/Sida sur l’éducation

Le VIH/Sida influe sur le système éducatif à différents niveaux :

  • au niveau des enseignants : le virus a fortement affecté les enseignants dont les taux de mortalité et d’absentéisme sont en hausse.
  • au  niveau des orphelins : le taux d’abandon à l’école est plus élevé que la moyenne chez les orphelins. Les politiques de prise en charge représentent alors des efforts et un coût additionnels.
  • au niveau de la gestion du système éducatif : la planification des remplacements d’enseignants et les nouvelles formations sont encore peu prises en compte dans la gestion des systèmes éducatifs.
  • au niveau du coût du service d’éducation : des coûts additionnels sont à prévoir pour le remplacement des enseignants, les formations supplémentaires et la mise en place des politiques de prévention.
  • au niveau de la qualité des enseignements : les remplacements de professeurs, la baisse du temps scolaire qui résulte de l’absentéisme sont des éléments qui font baisser la qualité de l’éducation.  

  

L’impact des politiques éducatives sur le VIH/Sida

L’école doit être un lieu de prévention, à la fois en intégrant le VIH/Sida dans les programmes mais aussi en en promouvant l’éducation par les pairs. Les actions de prévention permettent l’acquisition des connaissances de base sur le virus, les modes de protection et l’assimilation de pratiques et de comportements destinés à créer des habitudes plus sûres chez de jeunes adolescents qui ne sont pas encore actifs sexuellement.

Il est à noter, plus généralement, que l’élévation du niveau général d’éducation joue le rôle de « vaccin social » et fait baisser le taux de prévalence VIH/Sida dans un pays. Cependant, on constate également que ce sont les classes sociales les plus aisées et les mieux éduquées qui sont les plus exposées au virus du sida.

Les politiques éducatives ont aussi pour but d’atténuer les effets du VIH/Sida sur l’offre éducative. En développant un meilleur système de gestion, les pays pourraient connaître plus exactement le nombre d’enseignants affectés, les besoins en remplacement et en formation et donc augmenter leur capacité de planification.

Un soutien de la demande éducative est nécessaire pour permettre aux enfants orphelins de terminer leur scolarité. De même, lorsqu’une famille est touchée par le virus du Sida sa capacité économique est drastiquement réduite. Dans cette situation, la rentabilité de l’éducation perçue par les familles diminue et les contraintes financières affaiblissent la demande qu’il faut alors soutenir activement.

 

Les actions menées à propos de la lutte contre le Sida dans l’éducation et leur financement

Le forum de Dakar a permis de préciser un cadre d’action qui relie les problématiques de santé et d’éducation : FRESH (Focusing Resources on Effective School Health). Il définit 4 points qui doivent être intégrés dans les démarches d’Education Pour Tous :

  • Une politique de santé et de nutrition à l’école
  • Un environnement scolaire permettant l’accès à l’eau potable et à des latrines séparées pour les filles
  • Des programmes éducatifs développant les connaissances de base et des pratiques sans risque
  • Des services qui facilitent la santé et la nutrition au sein des écoles.

Les actions entreprises dans cette optique sont coordonnées par l’Inter Agency Task Team de l’Onusida qui a pour mission l'harmonisation des efforts et l’aide à la mise en place du cadre FRESH.

Les efforts déployés pour la lutte contre le Sida augmentent au total de 975 millions $ par an le coût estimé pour atteindre l’objectif de l’Education Pour Tous. Il existe deux grandes voies pour les financer : l’initiative Fast Track pour l’éducation et le Fonds mondial de lutte contre le Sida. L’AFD participe à ces efforts en tant que bailleur de fonds de l’initiative Fast Track.