Dix millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde, dont 40% en Afrique subsaharienne et 35% en Asie du Sud. Un enfant sur six n’atteint pas l’âge de cinq ans dans les Pays les Moins Avancés (PMA), contre un enfant sur 167 dans les pays développés.
Les enjeux de la santé infantile
Les principales causes de décès des enfants sont les maladies infectieuses (diarrhées, infections respiratoires, paludisme), aggravées par les carences nutritionnelles. La prise en charge précoce de ces infections, utilisant des techniques simples et peu onéreuses (réhydratation orale, vaccinations, antibiotiques, meilleure hygiène), pourrait réduire considérablement la mortalité infanto-juvénile. La couverture vaccinale qui avait beaucoup diminué dans de nombreux pays au cours des années 90 s’est récemment améliorée grâce à la mobilisation d’importants financements : la rougeole et le tétanos, entre autres, ont ainsi considérablement régressé et la poliomyélite est en voie d’être éradiquée. Grace aux progrès de la recherche, de nouveaux vaccins (par exemple, contre les pneumocoques) sont actuellement disponibles contre d’autres maladies sévères mais ils sont très onéreux.
Sur les 10 millions d’enfants décédés avant 5 ans, 4 millions ne vivent pas plus de quatre semaines. Le taux de mortalité néonatale est estimé à 45 pour mille naissances vivantes en Afrique (où il ne baisse plus en tendance), comparé à 34 en Asie, 17 en Amérique latine et 5 dans les pays développés. Ces décès sont très liés aux conditions d’accouchement et sont évitables grâce à un renforcement significatif de la qualité technique des services de santé maternelle, incluant le post partum.
La stratégie de l’AFD
La lutte contre la mortalité infantile se traite différemment, selon qu’elle concerne :
La lutte contre la mortalité et la morbidité infanto-juvénile repose largement sur le renforcement de l’efficacité des services de santé, dans leur dimension globale. Les appuis sectoriels, qui visent ce renforcement en collaboration avec d’autres partenaires, contribuent donc significativement, et durablement, à la lutte contre la mortalité infanto-juvénile.
La lutte contre la mortalité infantile repose également sur l’amélioration durable de la couverture vaccinale, qui fait l’objet de financements très importants au travers de GAVI, et auxquels la France contribue significativement via la Facilité Internationale de Financement pour la Vaccination (IFFIm). Enfin, la lutte contre la malnutrition des enfants comprend un ensemble complexe d’interventions à base communautaire qui se situent le plus souvent en dehors des systèmes de santé et qui ont trait aux changements de comportements alimentaires et à l’éducation à la santé.