La France est un partenaire majeur du Mali en matière d’aide publique au développement. En conformité avec les orientations du Document Cadre de Partenariat signé en juillet 2006 entre la France et le Mali, l’AFD privilégie trois secteurs d’intervention : le développement du secteur productif, l’eau et l’assainissement et l’éducation.
Depuis 2000, le volume total des engagements de l’AFD au Mali, y compris les aides budgétaires, s’est élevé à près de 295 millions d’euros, soit près de 200 milliards de FCFA, principalement sous forme d’aide projet (70% dont une partie en prêts concessionnels octroyés à des opérateurs intervenants selon une logique commerciale : 26% de prêts).
Depuis quelques années, des partenariats ont été noués avec des collectivités locales, des ONG et des associations de migrants afin d’enrichir nos modalités d’intervention et de procéder à des cofinancements.
Les priorités des autorités du Mali ainsi que l’ouverture à d’autres partenaires ont conduit à porter l’accent sur le développement du secteur productif ainsi que le développement urbain et à favoriser, dès lors qu’il existe une demande, la dimension développement solidaire.
Par ailleurs, en plus 40 ans d’existence, le Centre d’études financières économiques et bancaires (CEFEB), département du Groupe de l’AFD, spécialisé dans la formation et installé à Marseille, aura pu contribuer à la formation de 400 cadres maliens. Sur les cinq dernières années, ce sont plus de 200 personnes qui ont bénéficié des différentes offres de stage, séminaires et ateliers, organisés à Bamako, en Afrique de l’Ouest ou à Marseille. Ces cadres sont appelés à occuper des postes à responsabilité dans les entreprises privées et publiques, l’administration, les services publics, les banques et les institutions financières des pays de la zone d’intervention de l’AFD.
1. Secteur productif
Le soutien à la croissance économique s’articule autour de trois objectifs : lever les obstacles au développement du secteur privé, appuyer le développement de l’agriculture afin, notamment, de garantir la sécurité alimentaire.
Une place essentielle est donnée à l’agriculture, principal moteur de croissance, à travers un appui aux filières agricoles et au financement du monde rural. Les interventions de l’Agence dans ce secteur visent principalement à appuyer trois acteurs du développement économique malien : la Compagnie Malienne pour le développement des textiles (CMDT), la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et l’Office du Niger (organisme régional en charge de la gestion des ressources en eau du fleuve Niger).
L’appui à la structuration et au développement du secteur de la micro et mésofinance est un autre domaine que l’AFD souhaite privilégier, notamment pour ce qui concerne le financement du développement rural et des PME-PMI. Ces projets intéressent de surcroît les migrants qui peuvent ainsi devenir créateurs ou cofinanceurs d’entreprises.
2. Le développement urbain
Au Mali, près de 50% de la population est privée d’accès à l’eau potable. L’AFD se positionne comme un bailleur de référence dans ce secteur. Ses interventions visent à pérenniser l’accès des populations au service public de l'eau potable, et à développer les services publics d'assainissement.
L’Agence finance des programmes d’investissements permettant la réalisation d’infrastructures, tant en milieu rural qu’urbain. Elle appuie le renforcement des capacités de gestion fiable et pérenne du service de l’eau, à travers un accompagnement du processus de décentralisation, et apporte son soutien technique à la Direction nationale de l’hydraulique. L’AFD encourage une gestion partagée de l’eau impliquant les collectivités locales, des opérateurs privés ou associatifs, l’Etat et les usagers afin de favoriser une meilleure appropriation des projets et un entretien pérenne des infrastructures.
L’AFD est également très active sur le plan régional, notamment pour ce qui concerne la gestion de la ressource en eau du Bassin du Niger.
L’Agence privilégie une approche intégrée, favorisant une plus grande synergie entre les différents domaines où elle intervient (eau, santé, éducation, décentralisation). A titre illustratif, on peut citer l’installation de points d’eau et de latrines dans les écoles, la réalisation de documents pédagogiques relatifs aux règles essentielles d’hygiène, à l’entretien des points d’eau etc. Cette synergie est rendue possible par la concentration des activités de l’AFD dans certaines zones géographiques (régions du sud et de l’ouest du pays).
Depuis 2009, l’orientation retenue, dans le cadre de la logique de la Déclaration de Paris et du Code de Conduite Européen (concentration des actions sur trois secteurs), a amené l’AFD à focaliser ses intervention en milieu urbain, et principalement à Bamako, en raison d’une part de l’absence de toute intervention de bailleurs de fonds significatifs sur Bamako, mais également en complémentarité de l’appui au développement du secteur privé-secteur productif à fort contenu en main d’œuvre et valeur ajoutée locale.
3. Education – Formation
Si le Mali a réalisé ces dernières années d’importants progrès en matière de scolarisation, il n’en demeure pas moins de nombreuses difficultés, tant au plan quantitatif (insuffisance de maîtres, disparités dans l’accès à l’éducation) qu’au plan qualitatif (faible niveau de formation du personnel, mauvais état des infrastructures, difficultés d’organisation et de gestion). L’AFD intervient dans ce secteur avec un triple objectif :
- Améliorer l’accès : l’AFD a décidé de contribuer au renforcement de l'offre d'éducation fondamentale par l'extension des capacités d'accueil, l'amélioration de la qualité de l'enseignement, le développement des capacités de gestion de l'administration déconcentrée.
- Améliorer la qualité de l’enseignement : la qualité de l’enseignement est primordiale pour stimuler une demande d’éducation. Pour renforcer la demande d’éducation fondamentale, les projets mis en œuvre ont visé à stimuler la mobilisation sociale des populations bénéficiaires, la structuration des instances communautaires concernées et l’implication des collectivités locales.
- Appuyer la formation professionnelle : pour accompagner le Ministère de l’Education Nationale dans l’amélioration de sa politique de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, l’AFD financera la réhabilitation de l’ancien IFP de Kayes qui devrait concentrer ses activités de formations sur les métiers du tertiaire mais aussi la création d’un nouvel IFP qui se consacrera aux filières industrielles et artisanales.
4. Autres secteurs et appui budgétaire global
Parallèlement à ces secteurs prioritaires, d’autres projets sont menés, dans les domaines de l’environnement (protection de la biodiversité) et de la santé (offre de soins via les centres de santé et l’hôpital de Mopti, financement de projets portés par les ONG en liaison avec les collectivités locales maliennes et la coopération décentralisée).
Enfin, l’aide budgétaire française est mise en œuvre par l’Agence.
5. La production intellectuelle
L’agence de Bamako entend développer des axes de production intellectuelle qui puissent contribuer à l’animation des débats sur les enjeux du développement en Afrique sub-saharienne et au Mali ne particulier.