L'activité du Groupe AFD en Jordanie
1. Historique de l’intervention de l’AFD en Jordanie
L’AFD a été autorisée à intervenir en Jordanie en 2003. Une convention d’établissement a été signée en septembre 2003. Un Fonds d’études et de préparation de projets a été mis en place avec la signature en mars 2004 d’une convention de don d’un million d’euros. La convention d’établissement de PROPARCO, filiale de l’AFD chargée du secteur privé, a été signée en novembre 2004.
La stratégie générale de l’AFD dans les pays à revenu intermédiaire, dont fait partie la Jordanie, vise à développer les prêts concessionnels, en priorité non souverains. L’AFD a cependant été autorisée en juillet 2005 à octroyer à titre exceptionnel à la Jordanie des subventions, à hauteur d’un montant de 20 millions d’euros sur cinq ans.
Une agence de l’AFD a été ouverte à Amman en mars 2006.
Un premier projet, le projet de développement régional et local (PDRL), en cofinancement avec la Banque mondiale, a été approuvé par le Conseil de surveillance de l’AFD le 21 décembre 2006, pour un montant de 20 millions d’euros, dont 15 millions d’euros sous forme de prêt et 5 millions d’euros sous forme de subvention.
Deux concours à caractère régional ont par ailleurs été approuvés pour le financement des études de faisabilité et d’impact environnemental et social du projet de transfert d’eau de la Mer Rouge à la Mer Morte, projet régional piloté par la Banque Mondiale : 2 millions d’euros de l’AFD et un million d’euros du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM).
2. Stratégie et priorités sectorielles
Les interventions de l’AFD en Jordanie répondent à deux finalités :
- La gestion durable de l’environnement et des ressources en eau
- L’amélioration des conditions de vie des populations et la cohésion sociale
2.1. La gestion durable de l’environnement et des ressources en eau
- Le secteur de l’eau : la Jordanie est l’un des pays les plus mal dotés en ressources en eau dans la région et toutes les ressources renouvelables sont déjà mobilisées. Le secteur est hautement stratégique, en particulier la préservation des ressources renouvelables, les économies d’eau dans l’agriculture, l’amélioration du rendement des réseaux de distribution d’eau potable et la valorisation des eaux usées retraitées. Compte tenu du caractère prioritaire du secteur de l’eau sous ses divers aspects pour le groupe de l’AFD et de l’importance de la gestion des ressources en eau en Jordanie, ce secteur a été retenu comme axe d’intervention prioritaire dès que l’AFD a été autorisée à intervenir en Jordanie et a donné lieu à un important travail de prospection.
- Le secteur de l’environnement : comme pays à revenu intermédiaire, la Jordanie doit déjà faire face aux pollutions induites par l’activité industrielle et par les industries extractives. Le problème est rendu particulièrement urgent par la concentration des activités économiques et de la population dans une zone limitée. L’AFD envisage de financer des projets de dépollution industrielle (rejets industriels et émissions aériennes).
- Le secteur de l’énergie : la Jordanie, marginalement productrice de gaz naturel et sans ressources pétrolières, est confrontée aujourd’hui à une facture pétrolière insoutenable, en raison de l’envolée des prix des hydrocarbures et de l’arrêt des livraisons à conditions préférentielles de l’Irak et de l’Arabie Saoudite. Pour amortir l’impact de cette hausse sur les entreprises et les ménages, le gouvernement jordanien souhaite mettre en œuvre une politique d’efficacité énergétique, parallèlement à la conversion au gaz naturel, livré par l’Egypte à des conditions préférentielles.
2.2. L’amélioration des conditions de vie de la population, la cohésion sociale et la réduction des inégalités
- Le développement régional et local : en dépit d’un taux de croissance élevé et soutenu depuis quelques années, la Jordanie doit faire face à un accroissement des inégalités régionales et municipales. Afin de réduire les disparités économiques sur son territoire, le gouvernement jordanien souhaite mener une politique de développement local, qui passe par le renforcement du système municipal.
- Le secteur de la microfinance : la micro-finance fait l’objet d’une priorité politique en Jordanie, pour réduire la pauvreté et le sous-emploi. Elle fait notamment l’objet d’une grande attention du MoPIC et d’une implication directe de la Reine. En réponse à cette requête, l’AFD finance une ligne de crédit bancaire destinée au refinancement d’institutions de microfinance. Une convention d’ouverture de crédit d’un montant de 3 millions d’euros a été signée avec la banque participante début juin 2008.
- L’appui au secteur privé : l’octroi d’une subvention d’un million d’euros au titre du Programme de renforcement des capacités commerciales (PRCC), concernant la création d’indications géographiques protégées pour l’huile d’olive jordanienne, est actuellement en discussion avec les autorités. Une mission tenue mi-janvier 2009 a permis de redéfinir les grandes lignes du projet : renforcement des capacités de production, mise en place d’une procédure de certification de la qualité et appui à la définition d’une stratégie de commercialisation à l’exportation.
3. Interventions de PROPARCO
L’orientation du Gouvernement jordanien en faveur du développement du secteur privé et de sa participation dans la gestion des infrastructures et des services publics, ouvre des perspectives pour un développement des interventions de PROPARCO. Outre le financement du projet d’exploitation de la nappe souterraine de Disi, approuvé en janvier 2009, PROPARCO pourrait financer des projets de génération électrique ou des projets dans le domaine des transports.
Projets emblématiques
Appuyer la microfinance en Jordanie
Apparu dans les années 1990, le secteur de la microfinance jordanien a rapidement vu émerger des institutions spécialisées. Majoritairement urbain, ce secteur concerne 200 000 bénéficiaires potentiels. La couverture actuelle de cette population est inférieure à 30 %. Les cinq principales institutions jordaniennes de microfinance ne peuvent, de par leur statut, collecter des dépôts et doivent avoir recours à l’endettement. Elles recherchent des financements, à moindre coût, en monnaie locale et à moyen terme, pour financer leur croissance. Afin de soutenir la croissance de ces institutions, l’AFD a approuvé l’octroi de lignes de crédit à deux banques jordaniennes, pour un montant global de 15 M$. Les deux banques distribueront ces concours aux cinq institutions, en se conformant à des critères d’éligibilité répondant aux objectifs du projet. Cette intervention vise à contribuer au développement économique du pays et à lutter contre la pauvreté en permettant à des populations exclues du système financier d’avoir accès, durablement, à des services financiers adaptés à leurs besoins.
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