La très sévère crise que traversent actuellement les filières coton de la zone franc ne doit pas faire oublier que le coton africain possède des atouts considérables qui peuvent être valorisés sur le marché mondial. Produit de manière durable, avec une utilisation faible d’intrants agricoles, mais aussi d’eau et d’énergie, au sein d’un système familial de polyculture-élevage, il propose une fibre dont la qualité est très bonne.
Dans le fonctionnement classique du marché mondial du coton, l’origine géographique et le mode de production du coton ne sont pas valorisés. Cependant, du côté de la demande, les industries textiles sont de plus en plus interpellées par les consommateurs sur leur responsabilité sociale et environnementale, et cherchent à développer des lignes de produits textiles se démarquant par leur caractère « propre » et « social ». C’est pour répondre à cette demande du marché que les cotons équitable et biologique se sont développés ces dernières années. Ceci constitue une opportunité réelle pour améliorer les revenus et le cadre de vie des producteurs au Sud. Si leur développement est bien intégré dans les filières existantes, il peut être un puissant levier d’amélioration de la compétitivité et durabilité des filières coton.
Pour le coton africain, ce créneau de marché représente une aubaine, compte tenu des caractéristiques de son mode de production, tout à fait éligible aux critères du commerce équitable. En valorisant le caractère durable de la production de coton Africain - très peu consommateur de carbone et d’intrants chimiques, comparé au coton américain, européen ou chinois–, et son caractère social (sa production faisant vivre des millions de famille en Afrique de l’Ouest et Centrale), il existe une réelle opportunité pour que l’Afrique bénéficie de cet engouement des industriels et consommateurs pour le coton équitable. De plus, un prix minimum assure aux producteurs un revenu convenable (238 FCFA/ kg de coton graine équitable à comparer aux 160 FCFA/kg de coton graine conventionnel au Mali ou encore 145 FCFA/kg au Burkina Faso).
Objectifs
La finalité du projet est de faire bénéficier à des producteurs de coton dans 5 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Sénégal) des avantages du commerce équitable et de l’agriculture biologique dont la demande est en pleine expansion. Il vise l’amélioration de la compétitivité de l’ensemble de la filière coton et de sa promotion sur le marché mondial.
Descriptif du projet
Le projet financé par l’AFD comprend trois composantes :
Place des femmes
40 % des producteurs de coton biologique en Afrique de l’Ouest sont des femmes. Ce projet aura un effet important sur le niveau de vie de leur famille. Les actions de formations contribueront à accroître leurs compétences. L’agriculture biologique favorise très nettement les femmes, du fait de l’absence de manipulation d’intrants chimiques. Enfin, les standards de l’équitable promeuvent l’intégration des femmes dans les organisations professionnelles.
Impacts
Dates et montants
Démarrage : 2008
Financement : subvention de 4,7 millions d'euros
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