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Eau et agriculture
L’agriculture irriguée représente prés de 80 % des prélèvements sur la ressource. Toutes les projections indiquent que le développement de l’irrigation reste nécessaire pour répondre aux besoins alimentaires d’une population croissante. La concentration de la pauvreté dans les zones rurales justifie également des politiques d’investissement agricoles pour lutter contre la pauvreté et la faim (OMD n°1). Cependant les politiques de souveraineté alimentaire, de paiement de l’eau « au juste prix », de préservation de l’environnement et d’équilibre ville-campagne ont des impacts parfois contradictoires en matière d’irrigation qui nécessitent des arbitrages politiques.
Globalement il reste nécessaire de poursuivre les politiques d’amélioration de la productivité agricole, d’allocation de la ressource aux cultures à forte valeur ajoutée, d’équipement en infrastructures performantes et économes en eau (et aussi en énergie), ainsi que les politiques de sécurité alimentaire s’appuyant non pas uniquement sur l’autosuffisance mais aussi sur les échanges commerciaux.
Les progrès techniques et agronomiques amènent désormais à considérer un continuum allant des agricultures pluviales classiques jusqu’aux agricultures hydroponiques les plus artificielles. Il est possible de proposer un éventail de solutions de mise en valeur des sols et des eaux qui s’adapte à la diversité des situations naturelles, sociales et économiques et d’évoluer vers des modes plus respectueux de la ressource, notamment lorsque celle-ci se fait rare et se trouve orientée vers d’autres usages prioritaires.
L’ensemble des actions de protection des bassins versants vise enfin à augmenter la durabilité des infrastructures situées à l’aval et à accroître la ressource disponible, en favorisant les phénomènes d’infiltration et de recharge des nappes souterraines.
Augmenter la productivité de l’eau agricole
L’atteinte de l’OMD n°1 (réduction de la pauvreté et de la faim) nécessite une augmentation de la productivité par hectare cultivé et par mètre cube d’eau utilisé en agriculture. Les ressources en terres cultivables sont limitées par nature (objectif de préservation des zones de biodiversité et d’un environnement de qualité), d’où l’obligation de mieux valoriser les ressources existantes. Etant donné la place de l’agriculture dans la consommation des ressources et l’importance de l’irrigation en tant que facteur limitant de la production agricole, l’AFD poursuivra ses interventions en faveur de la productivité de l’agriculture en général et de l’agriculture irriguée en particulier.
L’AFD apportera son soutien à la diffusion de nouveaux systèmes de culture comme les semis directs sur couverture végétales, qui ont prouvé leur efficacité pour augmenter la disponibilité de l’eau pour les cultures et lisser les effets des variations pluviométriques. Là où cela est nécessaire, des aménagements complémentaires peuvent être proposés pour freiner les ruissellements et augmenter encore les ressources.
Par la combinaison de techniques d’irrigation et de modes de cultures, il est possible d’augmenter la productivité des sols cultivés pour répondre aux besoins croissants de l’alimentation mondiale. La mise en valeur des aménagements sera recherchée par des mesures appropriées, avec le souci de justifier économiquement les investissements consentis et de permettre, par les revenus additionnels générés, leur entretien et leur pérennisation.
L'intégration dans le tissu socioéconomique local
L’AFD favorisera l’intensification de la production en respectant le tissu social existant en particulier quand la production est le fait de petites exploitations familiales garantes d’une large répartition du travail dans des populations souvent défavorisées. Le développement d’infrastructures nouvelles comme la réhabilitation d’aménagements seront accompagnées d’une réflexion systématique sur les modes de mise en valeur et des mesures d’accompagnement seront dédiées à cette démarche.

Le bassin du Fleuve Rouge est l’un des deux greniers à riz du Vietnam . Zone à très forte densité de population, avec plus de 1000 habitants au km2, sa croissance économique et démographique est vigoureuse. La gestion et la maîtrise de l’eau y sont des contraintes majeures.