Formation professionnelle, Sénégal
Confronté à de nouveaux défis et à la nécessité de mobiliser de nouveaux moyens, le financement du développement a besoin d’un partenariat actif avec le secteur privé. Les entreprises font aussi le pari d’un monde en commun et doivent être encouragées dans cette direction.

Depuis sa création, l'AFD en est convaincue : le développement ne peut s’appuyer uniquement sur le secteur public pour mener à bien ses missions. Avant même la naissance de sa filiale dédiée au financement du secteur privé, Proparco, il y a 40 ans, l'AFD s'est appuyée sur les atouts uniques de ce secteur.

Premier créateur d'emplois dans les pays en développement, et de loin, le secteur privé contribue à l’offre de biens et services essentiels, notamment dans les infrastructures, la santé, l’éducation et l’énergie. Il est moteur d’innovation et de progrès technique, en matière de transition énergétique par exemple, et générateur de recettes fiscales indispensables aux États. Sous réserve de réguler son empreinte sur l’environnement et de veiller à l'application de bonnes pratiques sociales, le secteur privé est indissociable d'une politique de développement ambitieuse et efficiente.

Le rapprochement avec les entreprises implantées dans les pays en développement, émergents ou dans les Outre-mer, est ainsi au cœur du projet partenarial de l'AFD. Plus grande, plus ambitieuse, plus agile, l'AFD veut utiliser toutes les synergies entre le public et le privé pour le financement des grandes transitions qui nécessitent des ressources nouvelles. Et faire le pari d'un développement harmonieux et efficace dans lequel le secteur privé a toute sa place.

Le secteur privé est un formidable levier de développement, mais qui pose des questions légitimes, par exemple dans le secteur de la santé ou de l’éducation. Nous devons l’encourager, tout en veillant à la bonne cohérence de nos actions et de l’intérêt de nos pays partenaires.

 

Jérémie Pellet, directeur général délégué de l’AFD

Les ODD ont besoin du privé

Les récentes étapes de l'agenda du développement et du climat ont fait bouger les lignes. La Conférence internationale de 2015 à Addis-Abeba sur le financement du développement a ainsi acté la nécessité de mobiliser toutes les forces vives disponibles. La COP 21 de la même année et l'Accord de Paris qui en a découlé ont également permis de mettre en lumière l’importance d’une implication forte des entreprises et des investisseurs privés pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

En accompagnant le secteur privé, l'AFD vise ainsi à la réalisation de plusieurs ODD : lutter contre le changement climatique, éliminer la pauvreté, promouvoir le plein emploi et le travail décent, assurer la sécurité alimentaire et promouvoir l’agriculture durable, permettre à tous de vivre en bonne santé, garantir une éducation de qualité, promouvoir une industrialisation pérenne et encourager l’innovation.

Eau potable, Ouganda © Didier Gentilhomme
© Didier Gentilhomme pour l'AFD

 

Faciliter l'accès à l'eau

L'accès à tous à une eau propre et accessible (OOD n°6) fait partie des défis relevés par le secteur privé, avec le concours de l'AFD. Du fait de dysfonctionnements divers ou de mauvaises infrastructures, des millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à l’insuffisance de leur approvisionnement en eau et à un manque d’installations sanitaires.

L'expertise apportée par le secteur privé de l'eau dans le cadre des projets de l'AFD participe ainsi à la fourniture d'un accès pérenne à l’eau potable à 2,5 millions de personnes chaque année.

 

L’enjeu est aussi de réorienter les flux d’investissements privés mondiaux vers des projets durables et d’intensifier l’investissement privé le plus vertueux. Celui qui crée des retombées économiques locales, des emplois décents, celui qui innove tout en assurant des standards sociaux ambitieux. Il s’agit d’inventer ensemble les modèles économiques qui accompagnent la transition vers un monde en commun.

À l'écoute des besoins des entreprises

Pour démontrer sa volonté de construire des ponts entre public et privé, l'AFD compte doubler ses financements alloués au secteur privé d’ici 2020. Avec comme objectif d'atteindre le cap de 50 % de ses financements vers des acteurs dits « non souverains » qui incluent plus globalement collectivités territoriales, ONG, banques, fonds d’investissement et entreprises publiques ou privées. Une spécificité unique parmi les bailleurs internationaux.

Pour gagner en efficacité, notre offre sera plus diversifiée, plus claire et au plus près des préoccupations des entreprises. Nous voulons ainsi rendre l’environnement des affaires plus sécurisant pour les entrepreneurs privés, via par exemple des actions en faveur de la gouvernance, de la fiscalité, de la justice, mais aussi le développement d’un secteur financier stable, profond, diversifié et conforme aux normes internationales. Sans oublier l’appui à la formation professionnelle dans des secteurs où les entreprises ont besoin de main d’œuvre qualifiée.

L’AFD s’attache également à promouvoir les projets et savoir-faire des entreprises françaises dans ses projets, composante essentielle de « l’offre France » à l’étranger, en se rapprochant de celles les plus engagées dans le développement durable.

Tout le monde y gagne

Les projets ne manquent pas ; encore faut-il identifier ceux qui vont dans le bon sens. Le rôle d’un bailleur public comme le groupe AFD vis-à-vis du secteur privé est aussi de pouvoir faire émerger plus de projets et plus d’acteurs. Pour, in fine, générer plus de développement. Si les entreprises françaises investissent davantage dans les pays en développement et émergents, la croissance française comme celles des pays partenaires en sortiront gagnantes.

Panneaux solaires, Afrique du Sud © Cyril Le Tourneur
 © Cyril Le Tourneur

 

L'apport de Proparco au secteur privé

D’ici 2020, Proparco devrait créer ou soutenir plus d’1,7 millions d’emplois directs et indirects dans les pays du Sud, soutenir 45 projets innovants portés par les entreprises et offrir à 12 millions de personnes un accès à un bien ou à un service essentiel, en économisant plus de 15 millions de tonnes de CO2.