Torchage de gaz, Mountrail County, ND
Au Nigéria, plus de 350 milliards de pieds cube de gaz de torchage sont brûlés chaque année. Ce gâchis énergétique est également responsable de plus de 15 % des émissions de gaz à effet de serre du pays. L’AFD explore comment récupérer ce gaz et les possibilités de le vendre sur le marché domestique.

Lors de l’extraction du pétrole, du gaz naturel s’échappe des puits. Le récupérer nécessite de lourds investissements des compagnies pétrolières. C’est pourquoi elles préfèrent le brûler avec des torchères. Cette pratique, très courante au Nigéria, est fortement émettrice de gaz à effet de serre. Elle a des effets néfastes sur la santé des habitants (problèmes pulmonaires) et l’environnement (pollution de l’air, de l’eau, des terres).

Récupérer le gaz de torchage pour le commercialiser contribuerait à l'économie nigériane, doublerait la production d'électricité et améliorerait l'accès à l'énergie de plus de 6 millions de foyers.

RÉCUPÉRER LE GAZ ET LE COMMERCIALISER

Réduire les gaz de torchage est l’un des objectifs les plus ambitieux affiché par le Nigéria dans sa contribution à la COP21 (INDC). D’ici à 2030, cela permettrait d’économiser environ 64 millions de tonnes (Mt) de CO2 par an pour un bilan carbone actuel de 450 Mt par an. 

L’AFD accompagne le ministère du Pétrole dans la mise en œuvre de cette initiative. Une première mission d’expertise de six mois a rendu un rapport d’analyse et de pistes financières pour l’exploitation du gaz. 

Elle a également identifié les obstacles à lever pour développer le marché domestique du gaz :

  • la déficience du réseau existant de pipeline, à la fois vétuste, incomplet et régulièrement sujet à des actes de sabotage ;
  • la faiblesse du secteur de l’électricité, principal débouché domestique ;
  • la taille réduite et l’isolement d’un grand nombre de sites de torchage qui rendent l’exploitation commerciale du gaz difficile.

  

RÉDUIRE LES ÉMISSIONS DE CO2 ET DYNAMISER L’ÉCONOMIE

Pour faire face à ces défis, l’AFD va financer des projets faisant appel à de nouvelles technologies qui facilitent la commercialisation du gaz de torchage. Les trois technologies privilégiées sont :

  • le CNG (compressed natural gas)
  • le mini-LNG (liquefied natural gas)
  • le GTL (gas to liquids)

Ces technologies encouragent de nouveaux usages du gaz et améliorent l’efficacité énergétique dans le secteur industriel (production d’électricité) et domestique (utilisation de combustibles plus propres pour la cuisson). Elles réduisent également les émissions de gaz à effet de serre.