Les enquêtes auprès des entrepreneurs des pays du Sud soulignent que l’accès au financement est l’un des premiers obstacles au développement des PME. La croissance du secteur privé est pourtant tributaire d’une meilleure efficience des marchés bancaire et financier. Ceux-ci permettent une allocation optimale du capital et un accès adaptés des entreprises à des financements à moyen et long terme. L’existence même d’agences bancaires constitue un exemple des difficultés d’accès au financement : on recense moins de 2 agences pour 100 000 habitants dans la grande majorité des PMA contre plus de 40 en France. Si la situation globale semble meilleure dans les pays émergents, elle cache toutefois des disparités régionales importantes. La seule ville d’Istanbul compte ainsi plus d’agences que tout l’Est de la Turquie.
Cette barrière physique n’est pas le seul obstacle auquel se confrontent les investisseurs du Sud pour l’accès au crédit. Les institutions d’appui, indispensables au développement de leur activité, font défaut : absence de centrales de risques ou de bilans, environnement des affaires peu propices au crédit… Cela ne les incite pas au développement d’une activité de crédit à l’investissement auprès d’une clientèle de PME perçue comme plus risquée. La majorité des banques préfère ainsi rester sur le segment de marché des grandes entreprises qu’elles maîtrisent mieux. Il en résulte une offre peu diversifiée, dominée par les banques et concentrée sur le crédit à court et moyen termes. Cette exclusion financière nuit au développement des PME et des très petites entreprises n’ayant pas accès aux services financiers classiques et a un impact négatif sur la croissance.
La réponse au défi du financement des PME passe par l’encouragement des institutions financières à mieux servir cette clientèle, l’amélioration du climat des affaires, la fiabilité des informations financières et le développement de la compétitivité des entreprises. Cela demande une large mobilisation des gouvernements, des autorités monétaires, des banques, ainsi que des institutions de représentation et de soutien aux PME.
L’AFD prend une part croissante dans la réponse à ce défi par l’apport de ressources longues aux banques. Elle a octroyé plus de 250 M€ de crédits bonifiés pour soutenir les PME dans les pays du Sud au cours de l’exercice 2007. Elle peut accorder de manière sélective des lignes de crédits bonifiés aux institutions financières publiques ou privées s’adressant à une clientèle exclue du système bancaire traditionnel ou ayant subi un choc exogène mettant en péril la continuité de leur activité.
Ces financements ont aussi pour objet d’aider les PME à une meilleure prise en compte de leur responsabilité environnementale et sociale, tout particulièrement dans les pays émergents. L’AFD a notamment mis en place depuis 2006 deux concours d’un total de 130 M€ en Turquie permettant de financer les investissements et de former 288 entreprises bénéficiaires aux problématiques sociales et environnementales en partenariat avec les banques.
Afin d’avoir un impact pérenne sur le financement des PME, l’AFD agit auprès des intermédiaires financiers par la diffusion de bonnes pratiques en matière d’évaluation des risques et de suivi de la clientèle des très petites entreprises et des PME. Le fonds Ariz (assurance pour les risques d’investissements) mis en œuvre par l’AFD propose une garantie de 50 % pour les banques accompagnant les PME dans 15 pays, majoritairement en Afrique subsaharienne. Les octrois du fonds Ariz sont en hausse de 70 % depuis 2 ans (près de 15 M€ pour 50 dossiers de crédit en 2007). Plus d’une centaine d’entreprises en ont profité pour se développer. Ces octrois soutiennent directement et indirectement plus de 3000 emplois et complètent la panoplie des instruments financiers disponibles. D’autres fonds nationaux ou régionaux sont soutenus par l’AFD : le fonds GARI destinés aux entreprises privées de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest et le fonds de garantie malgache créé en 2002 par une dotation en fonds propres de l’AFD.
Le financement des PME est aussi une priorité de Proparco : fonds propres, lignes de financement longues en devises ou en monnaie locale dans certains pays, garanties… Ces instruments contribuent aux besoins des banques et à l’approfondissement des marchés financiers. L’encours de prêts aux établissements de crédit de Proparco s’élève à 423 M€ accordés à 54 clients. Le portefeuille de participations dans le secteur financier atteint 25 M€. Proparco apporte également, par sa signature, une garantie de solvabilité pour des montants allant de 2 à 60 M€.
En outre, devant le constat de la réticence des banques à octroyer des crédits aux PME, des actions de promotion de mécanismes alternatifs au financement bancaire sont initiés depuis dix ans. Le capital-investissement est une des réponses les mieux adaptées à cette situation. En proposant une alternative au surendettement, il apporte aux entreprises en croissance une assise financière, une assistance technique, de nouveaux partenariats, de nouveaux marchés et de nouvelles technologies. L’effet de levier engendré permet à Proparco de toucher de nombreuses PME locales. Depuis la création de l’activité, les fonds d’investissement auxquels elle participe ont investi 320 M€ dans 180 sociétés.