L’Agence Française de Développement a signé le 3 avril dernier une convention de financement avec l’ONG kenyane « Green Belt Movement » de Wangari Maathai, Prix Nobel de la Paix en 2004. Le projet, financé par l’AFD à hauteur de 1,3 million d’euros, prévoit notamment la restauration du château d’eau du massif classé des Aberdares, au Kenya, qui permet l’alimentation en eau potable des trois millions d’habitants de la capitale Nairobi. Il participe également à la protection de la biodiversité sur ce site classé, tout en contribuant à la génération d’activités économiques au bénéfice des communautés locales. Le renforcement du rôle et de la participation des femmes est une dimension essentielle du projet, qui prévoit notamment l’implication de près de 300 associations de femmes dans les actions de sensibilisation et d’entretien de la forêt.

 
 


La déforestation massive ainsi qu’une absence de gestion raisonnée des forêts du Kenya ont engendré une dégradation des fonctions régulatrices hydrologiques et une forte érosion des sols. La pression foncière est également une menace pour la survie de cet écosystème et de sa biodiversité. Depuis les années 70, de nombreuses ONG internationales et kenyanes luttent contre la déforestation massive des forêts du Kenya. « Green Belt Movement », créée en 1977 par Wangari Maathai, apparaît aujourd’hui comme la figue de proue des revendications de la société civile à l’égard de cette problématique.

Une des priorités du projet est le reboisement d’un des écosystèmes les plus importants du pays : le massif des Aberdares. « Green Belt Movement » envisage de reboiser 2 000 hectares de forêt en 3 ans, soit 12,5 % du massif. La protection de ce massif forestier est un enjeu vital à plusieurs titres. En Afrique de l’Est, on estime en effet que 10% du territoire doit être couvert de forêts pour retenir l’eau nécessaire à la vie, conserver la biodiversité locale, et préserver la fertilité des sols. Au Kenya, moins de 2% du territoire est recouvert de forêts. Ainsi, cette forêt des Aberdares, située dans la province centrale du pays, alimente et régule de nombreuses sources ainsi que trois des principaux fleuves du Kenya. L’un d’entre eux, le Fleuve Tana, produit 50% de l’énergie hydroélectrique du pays. Les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que l’alimentation en eau potable des 3 millions d’habitants de la capitale Nairobi dépendent également de cet écosystème.

 


 
 

Les Aberdares sont également un réservoir unique de biodiversité : le site abrite de nombreuses espèces animales dont certaines sont en voie de disparition. Le massif fournit enfin aux communautés locales des matières premières comme le bois ou des plantes médicinales.

Le projet soutenu par l’AFD envisage également de renforcer les capacités de communication de «Green Belt Movement», en tant qu’acteur de la société civile, auprès du public et des acteurs institutionnels. Le message essentiel que veut faire passer « Green Belt Movement » est celui de l’importance des forêts dans l’alimentation en eau du pays. A cet effet, des outils tels que la vidéo ou Internet serviront à disséminer l’information.

 
     


Le projet repose essentiellement sur les réseaux de femmes qui font l’identité et la force des actions menées par Green Belt Movement. Ce sont près de 300 groupes de femmes qui mettront en œuvre la culture, le transplant et l’entretien des 4 millions d’essences locales nécessaires au reboisement du massif des Aberdares. Green Belt Movement soutiendra en particulier la transformation de ces groupes de femmes en «Community Forest Associations», légalement enregistrées au Kenya comme interlocuteurs locaux du Forest Department pour la gestion communautaire de la forêt. Green Belt Movement mène aussi des actions de sensibilisation sociale afin de changer les comportements sur des problématiques de santé et d’éducation.

 
 
 


16 000 : c’est la superficie totale (en hectares) du massif des Aberdares

Entre 2000 et 3000 : c’est la superficie totale (en hectares) prévue dans le projet de reforestation de Green Belt Mouvement.

3 000 000 : c’est le nombre d’habitants de la capitale Nairobi, dont l’approvisionnement en eau potable dépend du château d’eau du massif des Aberdares.

Ceci est un numéro spécial d’ « Hémisphères », la lettre électronique de l’Agence Française de Développement pour les ONG et la société civile. Cette lettre électronique est rédigée par le Département de la Communication de l’AFD en collaboration avec les différents départements techniques de l’Agence. Vous pouvez ainsi retrouver chaque mois, dans « Hémisphères », toute l’actualité des initiatives conduites par l’AFD en partenariat avec les acteurs de la société civile.