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Agir avec un acteur fort, concrétiser les potentialités offertes par l’électrification ou subventionner fortement les projets d’accès à l’électricité : ces trois axes d’intervention améliorent l’électrification rurale en Afrique. L’Agence française de développement capitalise sur ces expériences grâce à une étude financée par le programme ARE Scale Up.

Avec 45 % de taux d’accès à l’électricité, l’Afrique est le continent le moins électrifié du monde. Ce résultat tombe à 26 % au Sahel et peut chuter sous la barre des 10 % dans certains États, comme le Burundi. Deux facteurs prépondérants expliquent ces chiffres : la faible capacité de paiement des potentiels consommateurs et leur habitat extrêmement dispersé.

Dans le cadre du programme ARE Scale UP, l’Agence française de développement (AFD) et le bureau d’études Burgeap ont récemment mené une étude sur les facteurs de réussite des projets d’électrification en milieu rural dans sept pays : Burkina Faso, Cambodge, Kenya, Madagascar, Maroc, Mauritanie et Sénégal. Alors que l’Objectif de développement durable n°7 vise l’électrification universelle pour 2030, l’étude met en avant trois pistes pour repenser et améliorer l’accès à l’électricité.

 

chiffre 1Un acteur fort pour organiser l’électrification

Sur les pays étudiés, l’expérience montre que la présence d’un acteur fort, comme un opérateur national d’électricité par exemple, est souvent décisive dans le succès des stratégies d’électrification. Forts de ce constat, de nombreux pays africains ont mis en place une agence d’électrification rurale dès la fin des années 1990. Malheureusement, faute de moyens et de compétences, ces agences n’ont pas toujours été les catalyseurs attendus.

Malgré ces échecs, identifier un chef de file capable de porter le développement de l’accès à l’électricité reste essentiel. Ce leader doit pouvoir fédérer les acteurs de l’accès et piloter des programmes d’ampleur en lien éventuel avec des co-financements de bailleurs internationaux. Il sait aussi s’appuyer sur les opérateurs, tant pour la conduite de réseaux que sur la gestion de la relation avec les abonnés.

 

chiffre 2Ce sont les usages qui importent

Apporter l’électricité dans une localité n’est pas une fin en soi. Seuls les usages qui en sont faits importent et rendent cette énergie indispensable à tout développement socio-économique : pouvoir s’éclairer le soir, garder ses aliments au frais, faire fonctionner une machine pour se dégager du temps…

Les projets d’électrification devraient aller au-delà de l’arrivée de l’électricité et se penser sur le temps long. Intégrer ces programmes dans une logique de développement durable des zones concernées demande également la mise en place de filières de recyclage. Ceci, notamment, afin de pouvoir prendre en charge les équipements en fin de vie, plus particulièrement les batteries et les panneaux solaires.

 

chiffre 3L’électrification rurale a besoin de subventions

Atteindre le 100 % de foyers connectés nécessite de subventionner fortement le secteur, l’électrification rurale restant majoritairement déficitaire. Comme le constate l’étude, les foyers sans accès à l’électricité sont souvent établis dans des zones pauvres et reculées. Ils sont peu rentables à connecter car difficiles à desservir et faibles consommateurs. Les moyens financiers limités de ces ménages les rendent aussi peu attractifs.

La présence d’un client-pilier (artisan, commerçant, petite entreprise…), capable d’assurer une part substantielle de la consommation électrique, peut rendre une localité plus attractive pour un opérateur privé.

 

Lire l'étude : « Les enjeux de l’universalisation de l’électrification »