• logo linkedin
  • logo google plus
  • logo email
femme enfant afrique aide développement hopital maternité
L’aide publique au développement (APD) désigne l’ensemble des financements apportés par les acteurs publics des pays les plus favorisés pour améliorer les conditions de vie dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Mais ses contours ne sont pas toujours connus… Tour d’horizon de quelques subtilités.

1L’aide publique au développement soutient des secteurs délaissés

panneaux solaires photovoltaïque inde énergie renouvelable
© Yashas Chandra / AFD

 

Améliorer l’accès à l’eau, aux soins et à une éducation de qualité, protéger la biodiversité ou combattre le dérèglement climatique : voilà autant d’objectifs essentiels, à la fois pour les populations des pays en développement et la stabilité internationale. Sauf que de tels projets n’intéressent pas toujours les investisseurs publics et privés, qui les jugent trop risqués, voire non prioritaires. « La finance internationale va en général très peu vers les pays à faible revenu et les secteurs sociaux », constate ainsi Hubert de Milly, expert APD à l’Agence française de développement (AFD).

Et c’est là que l’aide publique au développement entre en jeu. En comblant le manque de financements dans certains secteurs et zones délaissés – via des dons, des prêts ou d’autres formes de soutien – elle permet d’impulser le changement pour les populations les plus vulnérables. Bien souvent, elle entraîne même avec elle d’autres acteurs – banques, entreprises, fondations – accroissant ainsi les sommes consacrées au développement.

L’autre rôle essentiel joué par l’aide publique au développement est qu’elle permet de réorienter l’économie de certains pays vers les objectifs de développement durable, c’est-à-dire vers un monde plus juste, écologique et égalitaire. Cette réorientation a un coût, comme toute action publique, mais apporte à moyen et long terme d’importants bénéfices.

 

2Elle ne repose pas uniquement sur le don

signature agence française de développement don prêt
© Clément Tardif / AFD

 

Les pays donateurs membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ont consacré 149 milliards de dollars (132 milliards d’euros) aux pays destinataires en 2018. Pour l’essentiel sous forme de dons. Mais ce n’est pas la seule manière.

Plusieurs pays donateurs ont ainsi recours à des prêts, plus ou moins bonifiés. En clair, il s’agit de prêter une somme d’argent à un taux préférentiel à des pays ou des porteurs de projets qui rencontrent des difficultés pour emprunter. Du fait de ce taux préférentiel, le prêt coûte quelque chose au prêteur, même une fois remboursé : c’est l’« équivalent-don », qui est comptabilisé dans l’aide publique au développement.

En 2018, les dons ont représenté 83 % de l'aide publique mondiale versée directement des pays donateurs aux bénéficiaires, aide dite « bilatérale », et les prêts, 17 %.

L'aide extérieure française se répartissait quant à elle à 64,3 % sous forme de dons (7,8 milliards d’euros), et 35,7 % sous forme de prêts (4,3 milliards d’euros) en 2017.

Parmi les apports comptabilisés dans l’aide publique au développement figurent également la prise en charge de réfugiés issus de pays en développement sur le territoire national (pendant un an), la gratuité des études supérieures pour certains étudiants originaires de ces pays, le coût de certaines opérations de maintien de la paix ainsi que quelques annulations de dette.

 

3Il existe une aide au développement « à la française »

développement france infrastructures
© Laurent Weyl / AFD

 

La France fait partie des quelques pays (avec l’Allemagne, la Corée du Sud et le Japon) dont l’aide extérieure repose à la fois sur les dons et sur les prêts à taux avantageux. Les autres pays (États-Unis, Russie, Suède), ne font, pour l’essentiel, que des dons. Les prêts sont surtout l’apanage des banques dites « multilatérales », comme la Banque mondiale.

« Pour l’aide française, cette variété d’outils financiers permet de répondre à un plus grand nombre de situations, de l’urgence sociale aux besoins économiques, en intégrant le plus possible les questions liées à l’environnement et à la gouvernance », souligne Hubert de Milly.

La politique française d’aide au développement, telle qu’elle a été définie par le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) en février 2018, se traduit en cinq priorités : la stabilité internationale, le climat, l’éducation, l’égalité entre les femmes et les hommes, et la santé.

 

4Les États ne sont pas les seuls acteurs

aide publique développement Afrique école Unicef
© United Nations / Flickr

 

Dans le langage de l’aide au développement, on distingue l’aide allant directement du pays donateur vers le pays bénéficiaire, qu’on appelle « bilatérale », de l’aide apportée par les États via des contributions aux programmes des organismes internationaux – c’est l’aide dite « multilatérale ».

Les principaux bailleurs membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE font ainsi transiter une part non négligeable de leur aide publique au développement, un tiers en moyenne, via des institutions multilatérales : la Banque mondiale, les agences des Nations unies (Programme des Nations unies pour le développement, UNICEF, FAO, Haut Commissariat pour les réfugiés…), ou encore les fonds « verticaux » comme le Fonds pour l’environnement mondial et le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

Parmi les banques multilatérales, les banques de développement à mandat régional jouent également un rôle important : Banque africaine de développement (BAfD), Banque asiatique de développement (BAsD) ou encore Banque interaméricaine de développement (BID).

 

5En France aussi, ses acteurs sont nombreux

réunion développement agence française développement
© Alain Goulard / AFD

 

À la fois agence attribuant les subventions pour le compte de l’État français et banque se refinançant sur les marchés privés, l’AFD est la principale institution de mise en œuvre de la politique française de développement.

Elle n’est néanmoins pas la seule : une dizaine de sources participent au financement de l’aide, parmi lesquelles plusieurs ministères et collectivités locales.

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, celui de l’Économie et des Finances, celui de l’Éducation nationale et l’AFD représentent à eux quatre 93 % de l’aide française. Le ministère de l’Intérieur, et ceux des Armées, du Travail et de l’Agriculture jouent également un rôle actif.

 

numéro six 6 L’aide publique n'est qu'une part de la finance pour le développement

aide humanitaire ONG Croix rouge hélicoptère Afrique acheminement
© Nicolas Beaumont / AFD

 

Avec 149 milliards de dollars versés au niveau mondial en 2018, le montant de l’aide publique au développement n’est qu’une part de ce qu’on nomme la « finance pour le développement ».

Cette notion un peu floue englobe l’ensemble des financements publics et privés, nationaux et internationaux, disponibles pour les pays en développement : investissements privés, actions des fondations et des ONG, transferts d’argent des citoyens expatriés aux familles restées au pays – ces derniers représentaient à eux seuls 466 milliards de dollars (415 milliards d’euros) à l’échelle mondiale en 2017 d’après l’OCDE. Cette diversité de financements complique l’estimation des sommes en jeu. On parle cependant de 10 000 milliards de dollars par an (8 900 milliards de d’euros).

 

7Elle se concentre sur l’Afrique...

eau développement afrique afd
© Joseph Moura / AFD

 

La moitié de l’aide publique au développement a pour destination les pays les moins avancés (PMA), une catégorie forgée par les Nations unies en 1971 pour désigner les pays les moins développés et les plus fragiles de la planète. En 2019, 47 pays appartiennent à cette catégorie. La majorité se situe sur le continent africain.

Parmi les dix premiers pays bénéficiaires des subventions de l’AFD en 2017 figurent logiquement plusieurs de ces PMA, comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Sénégal. S’y ajoutent la Tunisie, la Jordanie, la Palestine et la Turquie, notamment pour travailler sur les problématiques migratoires et les conséquences de la crise syrienne. Au total, l’effort financier global de l’État français en faveur du développement est donc essentiellement concentré sur le continent africain (Sahel, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique du Nord) et au Moyen-Orient.


 
chiffre huit ...et entraîne plus de croissance dans les pays bénéficiaires

Shangai ville mégalopole croissance aide au développement
DR

 

S’il reste globalement difficile d’évaluer l’impact de l’aide publique au développement, trois chercheurs de l’université de Copenhague ont calculé, dans une étude publiée en 2010, que l’aide internationale contribuait à un point de croissance supplémentaire dans les pays en développement.

Les impacts de l’aide aux populations se mesurent aussi à partir d’indicateurs plus concrets, tels les taux de vaccination et de scolarisation. Les pays donateurs ont mis en place des mécanismes d’évaluation pour mesurer le rôle joué par leur soutien financier. À l’AFD, ces évaluations sont menées en partenariat avec des organismes de recherche des pays dans lesquels les projets sont mis en œuvre. Elles consistent le plus souvent à envoyer des enquêteurs sur le terrain et à utiliser des statistiques locales et nationales.

 

 

lire aussi

Tout savoir sur l'aide au développement

5 solutions pour une société plus juste

Choose Africa, l'initiative française pour accélérer la croissance des petites entreprises en Afrique

Hélène N'Garnim-Ganga : « Il n'y a pas de temps à perdre pour accélérer les transitions démocratiques »