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Un partenariat innovant entre donneurs publics et fondations philanthropiques privées
Associés à des bailleurs publics et des fondations privées, la France via l’Agence française de développement (AFD), le ministère de l’Environnement allemand et la fondation Children Investment Fund lancent le South East Asia Energy Transition Partnership. L’objectif de cette coalition inédite : stimuler la transition énergétique dans cette région du globe grâce à un fonds de 50 millions de dollars.

Elle ferme ses portes sur une annonce forte. La 38e réunion des ministres de l’Énergie de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est – Energy Business Forum (AEBF), clôturée le 20 novembre à Hanoï (Vietnam), a été l’occasion d’officialiser le lancement du South-East Asia Energy Transition Partnership (ETP).

Initiée lors du One Planet Summit en 2017, cette coalition inédite rassemble des donneurs publics et des fondations privées. « Le groupe AFD est fier de prendre part au South East Asia Energy Transition Partnership, affirme Rémi Rioux, son directeur général. Cette initiative renforce la coopération entre bailleurs publics et fondations privées pour l’accélération de la transition énergétique en Asie du Sud-Est, et ce dans l’esprit de l’Accord de Paris. En rassemblant des acteurs qui soutiennent l’Indonésie, le Vietnam et les Philippines dans le développement des énergies renouvelables, cette coalition dynamise les initiatives partenariales en faveur de la finance verte. »

Ce partenariat d’acteurs déjà investis dans cette partie du globe se donne un double objectif : fluidifier leur coordination à travers une gouvernance incluant l’ensemble des donneurs et des pays de la zone, et rassembler des moyens d’intervention inédits pour se focaliser sur la lutte contre le changement climatique. 

Sur une durée de cinq ans, l’initiative ETP s’engage à financer de l’assistance technique pour accélérer la transition énergétique des pays de la région grâce à un fonds de placement de 50 millions de dollars (20 millions validés, 10 millions en discussion, plus de nombreuses nouvelles contributions attendues). Ce fond sera géré par le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS). « Je félicite les contributeurs du South East Asia Energy Transition Partnership d'avoir mis en place une nouvelle plateforme dynamique, agile et tournée vers l'avenir, pour soutenir l'Asie du Sud-Est dans ses efforts pour atteindre les objectifs climatiques et de développement durable », déclare Samina Kadwani, directrice de l'UNOPS pour la Thaïlande, l'Indonésie et le Pacifique.

Soutenir les énergies durables et l’efficacité énergétique

Dans un premier temps, l’ETP cible prioritairement ses actions au Vietnam, en Indonésie et aux Philippines et repose sur quatre piliers d’intervention. L’un d’eux soutient le renforcement des politiques en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. L’atteinte de cet objectif passe par l’augmentation des capacités institutionnelles des pays concernés en matière de planification et de mise en œuvre. Elle se fonde également sur l’amélioration des politiques, réglementations et lois en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique.

Un autre pilier concerne l’accroissement des investissements publics et privés dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. « Pour cela, il est primordial de soutenir les politiques, réglementations, lois fiscales et financières en faveur de ces investissements, explique Mathilde Bord-Laurans, responsable de la division Énergie de l’AFD. Tout en augmentant l’offre de financement de projets, d’instruments d’atténuation du risque et le soutien à l’émergence de projets porteurs. »

L’accroissement de la quantité d'énergies renouvelables intégrées dans des réseaux toujours plus intelligents – les smartgrids – est aussi un moyen de soutenir la transition énergétique des pays d’Asie du Sud-Est. L’atteinte de cet objectif passe par la fourniture d’expertise technique pour la planification et l'exploitation du réseau et la stimulation des investissements pour son renforcement.

Enfin, rien n’est possible sans le renforcement du capital humain, des connaissances et de la sensibilisation du public. Ce volet nécessite la diffusion de connaissances en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique auprès des acteurs du domaine et d’un public plus large. Sa réussite demande aussi le développement de capacités locales pour mettre en œuvre la transition énergétique. 

De l’expertise et des outils utiles aux décideurs

La Children Investment Fund Foundation (CIFF), fondation de droit privé très active dans la lutte contre le changement climatique, fait partie des membres fondateurs de l’ETP. « De nombreux pays d’Asie ont engagé une trajectoire zéro carbone à horizon 2050 et donné ainsi un nouvel élan à la course contre le changement climatique, se réjouit Kate Hampton, CEO de CIFF. Le South East Asia Energy Transition Partnership est une initiative audacieuse qui arrive à un moment charnière. Il apporte aux décideurs politiques vietnamiens, indonésiens et philippins l’expertise et les outils nécessaires pour orienter cette transition  pourvoyeuse d’emplois  vers une énergie propre et bon marché. » Dans les pas de la CIFF, d’autres fondations s’apprêtent à rejoindre le partenariat dans les prochaines semaines.

Côté secteur public, l’Allemagne, à travers son ministère de l’Environnement (BMU), a décidé dans un premier temps d’aligner à l’ETP son programme Clean, Affordable and Secure Energy for Southeast Asia (CASE). « Le South East Asia Energy Transition Partnership rassemble les gouvernements et les philanthropes avec leurs atouts respectifs, pour soutenir la transformation du système énergétique de la région conformément aux objectifs de l’Accord de Paris. Son approche innovante peut avoir une réelle valeur ajoutée. Grâce à l'ETP, les fonds et les projets de ses membres sont mis en commun et alignés, maximisant ainsi l’impact. Par ailleurs, nous envisageons ce partenariat comme un forum d’échange et de coordination avec les parties prenantes », estime la ministre fédérale allemande de l'Environnement, Svenja Schulze. Le Royaume-Uni, via son ministère de l’Industrie (BEIS), ainsi que le Canada, devraient apporter leur contribution très prochainement.

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