Séance de formation en électricité dispensée à des Libanais et des réfugiés syriens dans le nord de Beyrouth (Liban) © Ammar Abd Rabbo / AFD
Groupes armés transnationaux, conflits inter-religieux et inter-ethniques, déplacements de populations... Si les guerres traditionnelles ont évolué, l’insécurité humaine représente encore et toujours un défi majeur pour l’époque. Au lendemain de la Journée internationale de la paix du 21 septembre, coup de projecteur sur l’action de l’Agence française de développement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Les guerres entre grandes puissances ont façonné les relations internationales. Naguère courantes, elles ont été, au fil des siècles, remplacées par des conflits armés produisant également leur lot de violences et de drames humains. L’enjeu aujourd’hui reste de prévenir et endiguer les conflits afin d'instaurer une paix durable. « Se relever, pour un monde plus équitable et durable », tel était ainsi le thème choisi par les Nations unies cette année dans le cadre de la Journée internationale de la paix du 21 septembre, avec en toile de fond, la crise du Covid-19.

Cette pandémie n’a pas effacé les tensions politiques, religieuses ou ethniques aux quatre coins du monde. La période est aussi marquée par la question des déplacements de populations et du renforcement de la résilience des pays d’accueil. Ainsi, au Moyen-Orient par exemple, l’enjeu est central.

Efforts de paix au Moyen-Orient

L’Initiative Minka Moyen-Orient a pour mandat de répondre aux crises irakienne et syrienne en se concentrant sur les déplacés forcés : plus de 15 millions de personnes ont fui à la suite des guerres en Syrie et en Irak. Plusieurs millions de Syriens ont quitté leur pays pour la Turquie, le Liban ou la Jordanie tandis que des centaines de milliers d’Irakiens sont toujours déplacés dans le pays, au Kurdistan et ailleurs.


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Depuis, l’armée irakienne ayant repris le contrôle de Mossoul, certains Irakiens sont revenus dans la région anciennement contrôlée par Daech. « Un enfant né sous Daech ne dispose pas toujours d’un état civil ou possède des documents émis par Daech qui ne sont pas reconnus par les autorités irakiennes, explique Thibault Notteghem, chargé de mission à l’AFD pour les crises et conflits au Moyen-Orient. Ces familles ayant vécu sous l’autorité de l’État islamique, et surnommées parfois "familles de Daesh", sont marquées au fer rouge. Ces populations sont aujourd’hui ostracisées et discriminées. »

Difficile de réconcilier des communautés sans un état civil. Ce dernier incarne la reconnaissance des individus au sein d’une société. « L’AFD participe donc au relèvement de ces territoires en renforçant le lien social, en participant à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes et en travaillant à l’accès pour tous aux services essentiels », insiste le chargé de mission. Sur cinq ans, 290 millions d’euros ont été alloués par le Fonds Paix et Résilience Minka au Moyen-Orient.

Prévenir les tensions

La consolidation de la paix passe aussi par un travail de développement social dans des territoires où les tensions peuvent très vite prendre la forme de conflits. « En Jordanie par exemple, nous travaillons beaucoup sur l’accès à l’eau et la mise en place de formations professionnelles », souligne Thibault Notteghem.


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En Irak, le PERMA (Promoting Economic Revival for Microbusiness and Agriculture) vise à soutenir près de 2 000 agriculteurs. Ce programme soutient le redémarrage d’une activité agricole à Al-Hamdaniya, dans la plaine de la Ninive, et ce pendant trois ans. Toutes les communautés du territoire sont concernées : Kurdes, sunnites, chiites, yézidis, chrétiens… Le projet bénéficie d’un financement via l’Initiative Minka de près de 10 millions d’euros.

L’AFD appuie également des projets d’insertion professionnelle en Afrique du Nord pour faire face aux enjeux de déplacement des populations. Ainsi, en Tunisie, pays en proie à plusieurs crises, la situation économique pousse de nombreux jeunes, souvent diplômés, à quitter le pays. Le partenariat entre l’AFD et les organisations Mercy Corps – spécialisée dans l’insertion socio-économique des jeunes – et Grdr (qui met en œuvre des stratégies de développement local dans les zones de migration) instaure des plans d’action « migration et développement » en association avec la diaspora tunisienne.

Débuté en 2018, ce projet agit directement sur l’insertion socio-économique des jeunes dans les gouvernorats de Jendouba, Médenine, Kasserine et Grand Tunis à travers la création d’entreprises et d’emplois, et le développement économique de ces régions. 3,3 millions d’euros ont été alloués pour ce projet soutenu par l’Union européenne. Autant d’actions qui participent sur le terrain à la cohésion sociale.


Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité de l’AFD et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’Union européenne. 

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