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Formation professionnelle à Gaza
Dans cette enclave palestinienne la situation sociale est critique, chômage et pauvreté battant des records. Un programme d'accès au marché du travail cherche à améliorer l’employabilité des jeunes Gazaouis.

À chaque nouveau rapport, le paysage dans la bande de Gaza s’assombrit un peu plus. Le contexte social a de quoi inquiéter, ainsi le taux de chômage bat des records au fil des années. Déjà, en 2015, la Banque mondiale tirait la sonnette d’alarme : le chômage continuait d’augmenter pour toucher 44 % des Gazaouis, « le taux probablement le plus élevé au monde », soulignait l’institution financière internationale.

En 2019, plus de la moitié de la population de ce territoire était au chômage. Toujours selon les données de la Banque mondiale, le taux de chômage chez les jeunes atteignait même 61 % à Gaza.

La pauvreté suit la même courbe ascendante. Entre 2011 et 2017, son taux est passé de près de 39 % à 53 %.
 

Le travail contre la pauvreté

Ce territoire vit sous perfusion. En 2017, quatre habitants sur cinq bénéficiaient d’une aide, qu'elle soit gouvernementale ou non. Force est de constater que les subventions, seules, ne peuvent redresser la situation économique et sociale de la bande de Gaza. « L’accès au travail pour les jeunes dont les conditions de vie sont très difficiles est donc crucial », insiste Vannina Pomonti, chargée de l’instruction et du suivi des projets des ONG au Moyen-Orient pour l'Agence française de développement (AFD).

Cherchant à apporter une aide pérenne, le projet ANGE (Access to Employment for NECC Graduates in Gaza Strip) s'est concentré sur l’accès à l’emploi pour les jeunes Gazaouis. Mis en œuvre de 2017 à 2020 par l’ONG palestinienne le Conseil des Églises du Proche-Orient (NEEC) en partenariat avec le Secours catholique-Caritas France (SCCF), ce projet vise à améliorer l’employabilité des jeunes diplômés dans la bande de Gaza. D’un montant total de plus d’un million d’euros, il a été cofinancé à hauteur de 50 % par l’AFD.

Les jeunes éligibles à ce parcours de formation et d’accompagnement ont été identifiés à la suite d'un appel à manifestation d'intérêt auprès des centres de formation professionnelle et par des entretiens de sélection. 
 

Former à Gaza pour demain

Au départ, 250 jeunes devaient bénéficier d'un accès à un stage et d'un accompagnement vers l'emploi. Finalement, devant l’engouement suscité par le projet, 310 Gazaouis ont été sélectionnés. Ils ont donc pu suivre une formation professionnalisante avec un stage de six mois rémunéré, puis recevoir une formation à la gestion d’entreprise quand ils souhaitaient se lancer dans l'entrepreneuriat. 

Parmi eux, 60 jeunes, dont 18 femmes, ont été accompagnés dans la création de leur propre petite entreprise avec notamment l’attribution d’une bourse. « 25 % des jeunes ayant créé leur entreprise grâce au projet ont pu dégager un revenu mensuel supérieur à 250 dollars (USD) à l’issue de l'accompagnement ; 35 % d'entre eux ont atteint un revenu compris entre 150 et 250 USD », souligne Vannina Pomonti. Un moyen pour ces Gazaouis de se projeter dans un territoire difficile. 


Les métiers concernés par l’apprentissage sont divers : électricité, charpenterie, aluminium et autres métaux, ferronnerie pour les hommes ; couture et création de vêtements pour les femmes. 

Cette première édition 2017-2020 pourrait connaître une suite. En effet, le Secours catholique-Caritas France envisage de déposer cette année une demande de financement auprès de l’AFD pour une seconde phase.

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