1 milliard
de tonnes de CO2 sont séquestrées par la forêt du plateau des Guyanes
17 000
hectares de forêt ont disparu en 2015 sur le plateau
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pays coopèrent pour protéger la forêt
La France, le Suriname et le Guyana s’engagent dans un programme de coopération visant à mieux protéger les aires naturelles du plateau des Guyanes. Objectif : développer le partage de données et d’expérience. Une initiative qui devrait prendre racine.

C’est l’une des plus grandes forêts tropicales protégées au monde. Situé au nord-ouest de la forêt amazonienne, le plateau des Guyanes abrite une biodiversité exceptionnelle et joue un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique, en séquestrant à lui seul plus d’un milliard de tonnes de CO2 dans ses arbres et ses sols.

Mais cet espace n’échappe pas à la déforestation et à la pollution : plus de 17 000 ha de forêt y ont disparu en 2015, tandis que plusieurs cours d’eau ont été contaminés aux métaux lourds, d’après le WWF.

En cause : l'exploitation illégale du bois et de l’or, répandue dans la région, mais aussi conversion des massifs forestiers en cultures agricoles, routes ou retenues d’eau en amont de barrages hydroélectriques. Et ce, alors qu’une bonne partie de cette forêt tropicale est censée être protégée. 


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La préservation du plateau des Guyanes se heurte à un obstacle de taille : la zone est gérée par six États différents – Colombie, Venezuela, Guyana, Suriname, France (Guyane) et Brésil – sans concertation ni échange de bonnes pratiques.

La situation est néanmoins en train d’évoluer. Trois territoires viennent de lancer un programme commun, baptisé Renforesap, visant à renforcer leur coopération pour mieux protéger la zone. Il est soutenu par l'Union européenne et l'Agence française de développement (AFD).

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Trois pays coopèrent pour protéger la forêt
Début octobre, les gestionnaires des aires protégées de Guyane française, du Suriname et du Guyana se sont réunis pour la première fois à Paramaribo (Suriname) pour partager leur expérience et des données scientifiques, à l'occasion du lancement officiel du programme.

Cette coopération, portée par le Parc amazonien de Guyane, se poursuivra jusqu’en 2020 au travers d’ateliers communs et de visites de terrain autour de quatre thèmes : l’écotourisme, la gestion durable des ressources naturelles, l’orpaillage illégal et la transmission des patrimoines culturels vivants.

« Elle permettra aussi de faire le point sur ce qui ne marche pas pour pouvoir trouver des solutions aux problématiques communes aux trois pays », souligne Sevahnee Pyneeandy, coordinatrice du projet Renforesap au Parc amazonien de Guyane.
© Audrey Virassamy / PAG
Impliquer les communautés locales
Le projet accorde une attention particulière aux besoins des communautés vivant dans les zones forestières concernées.

« La reconnaissance et le renforcement des identités amérindiennes et bushinenguées ont pris une importance particulière pour les aires protégées du plateau des Guyanes, avec des actions majeures de proximité alliant participation et gouvernance inclusive, soutien actifs aux porteurs de pratiques traditionnelles et promotion des savoir-faire », précise Sevahnee Pyneeandy, coordinatrice du projet Renforesap.
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L'Europe et l'AFD s'engagent
En grande partie financé par l’Union européenne, via son Programme de coopération Interreg Amazonie (PCIA), Renforesap bénéficie aussi d’une subvention de l’AFD à hauteur de 20 000 euros. Un projet au cœur de la démarche de préservation du climat et des biens communs menée par l’AFD depuis de nombreuses années.
Cette publication n’engage que l’AFD ; elle n’engage pas la responsabilité de l’Union européenne.
Cette publication n’engage que l’AFD ; elle n’engage pas la responsabilité de l’Union européenne.

 

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