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logements sociaux
39,13 M€
coût global du projet
7,1 M€
de prêt bonifié de l'AFD
À Tahiti, de nombreux quartiers d’habitat précaire entraînent une forte demande de logements locatifs sociaux. C'est dans ce contexte qu'une nouvelle résidence sociale, au domaine Labbé, a accueilli le 9 avril ses premiers locataires dans la commune de Pirae. Plus vaste opération de logements sociaux réalisée en Polynésie française, le projet a bénéficié du financement mixte du Pays et de l'Etat ainsi que d'un prêt octroyé par l'Agence française de développement (AFD).

C'est désormais chose faite : à Pirae, commune française du littoral Nord-Ouest de Tahiti, la nouvelle résidence sociale - plus vaste opération de logements sociaux réalisée en Polynésie française à ce jour -  a accueilli le 9 avril ses premiers locataires.

Ce programme a été rendu nécessaire par la situation du parc social polynésien, loin de parvenir à soutenir une demande en forte croissance : en 2017, 2 300 à 2 400 familles sollicitaient ainsi une aide au logement à la construction à l'Office polynésien de l'habitat (OPH).

Le 9 avril 2019, ils étaient nombreux à assister à la cérémonie de remise des clefs, en présence du Président de la Polynésie française et Maire de Pirae, Edouard Fritch, et de Jean-Christophe Bouissou, ministre du Logement et de l’Aménagement du territoire du gouvernement polynésien, en charge des transports interinsulaires.

Erigé sur l’ancien domaine foncier de l’État dit « Labbé », la résidence comprend 120 logements constitués en modules individuels ou collectifs, mais également trois locaux associatifs, des équipements sportifs et des aires de jeux aménagées dans le respect des normes environnementales. Le chantier a notamment nécessité la réalisation d’un pont ainsi que des travaux connexes d’aménagement des berges afin de sécuriser l’accès au site.

Tahiti, logement social
résidence tahiti
Dix familles venues du quartier sinistré de Tenaho
Une dizaine d’autres familles viennent du quartier sinistré de Tenaho. Mais pour la plupart, il s’agit surtout de personnes à faibles revenus qui, sans accéder à la propriété, bénéficieront enfin d’un logement décent : « Ça fait cinq ans qu'on attend. Jusque-là, on vivait chez les grands-parents à Nahoata, témoignent ainsi Toriki et Christina. Mais on recherchait un peu d'intimité, surtout que nous avons un fils qui commence à être grand et nous avons besoin d'avoir chacun notre espace. Pour pouvoir payer leur loyer, ils bénéficieront également de l’aide de l’OPH, l’Office polynésien de l’habitat. »

« L'OPH nous a demandé beaucoup de renseignements sur notre vie actuelle, sur notre métier et notre salaire. Nous avions attendu plus de six mois, parce qu'ils ont étudié nos dépenses afin de voir si on était capable de payer notre loyer. Avant d'obtenir ce logement, nous avons cherché un appartement et les loyers étaient d'au moins 75 000 francs. Ici, on paiera deux fois moins grâce à l'aide de l'OPH. C'est beaucoup mieux et on pourra vivre avec ce qu'il nous restera. »

logement social
D'autres projets dans les cartons
D'autres projets sur Pirae sont encore dans les cartons de l'OPH. « Tout le quartier Tenaho va faire l'objet d'une reprise en main pour donner un dynamisme à l'intérieur de ce quartier, avec des commerces, des administrations déconcentrées et aussi de la reconstruction ou la réhabilitation de logements. Il faut sortir de cette vision de quartier indigne pour rebâtir les projets de logement. C'est donc à l'intérieur de Tenaho que cette opération va se faire. Il y a une autre opération de construction de logements sur les hauteurs de Pater. C'est une opération qui concerne 45 à 50 logements que l'OPH va démarrer », décrit Jean-Christophe Bouissou, ministre du logement social.

résidence tahiti
38 familles relogées, leurs domiciles rénovés
Parmi les 120 familles relogées, 38 d’entre elles viennent du quartier de Timiona, à Titioro. Elles posent leurs valises dans la résidence pour quelques années, le temps que la rénovation de leur domicile soit achevée. C’est le cas notamment de Cynthia, interviewée pour l’occasion par Tahiti infos : « Je vais être dans un logement de transit avec mon conjoint et mon petit garçon. Notre maison au quartier Timiona sera rénovée. Nous serons dans un F3 et nous devrions rester ici pendant au moins quatre ans. » Une situation rendue nécessaire par les conditions sanitaires désastreuses de leur ancien logement.
L'AFD en appui au secteur public local

L’appui au secteur public local est l'un des axes d’intervention prioritaire de l’AFD dans les Outre-mer. Le domaine « Faretahora » a été financé à parts égales par le Pays et l’État (80%) dans le cadre du volet « logement social » du Contrat de projets 2008-2014. L'Agence française de développement a en outre octroyé un prêt à l’OPH permettant à l’opérateur de compléter le financement de cette opération à hauteur de 20% du coût global.

Ce financement devrait ainsi contribuer à améliorer les conditions de vie de familles à faibles revenus en augmentant l’offre de logements sociaux. Et confirme la vocation d’opérateur historique du logement social en Polynésie française de l'AFD.