Un réseau d'eau potable et d’égouts vétuste représente une menace pour les populations et l’environnement. À Mwanza en Tanzanie, la plupart des habitants de la deuxième plus grande ville du pays, située au bord du lac Victoria, a connu les épidémies chroniques propagées par les eaux usées stagnant jusqu'à la saison des pluies avant d'être charriées vers le lac. Une époque révolue grâce à des blocs sanitaires d'un genre nouveau.

Avec le projet Lake Victoria WATSAN, soutenu par l’AFD, la Banque européenne d'investissement et l'Union européenne, un réseau de blocs sanitaires innovants a vu le jour un peu partout dans la ville. Ces installations sont aisément reconnaissables à leurs couleurs, bleu et blanc. Associés à une solution de raccordement au réseau d'égouts simple et novatrice, les blocs sanitaires de Mwanza changent la vie des habitants.

Eau_Mwanza_Bloc_sanitaire
Tanzanie, eau
Samuel, la concrétisation d'une carrière
L’eau courante et l’évacuation des eaux usées maîtrisée profitent également à la clinique Nyerere. Avant, l’absence d’hygiène était un facteur aggravant pour nombre de patients, victimes d’infections, notamment les plus jeunes enfants. « À présent, se réjouit Samuel, la salle d’accouchement est équipée d’une arrivée d’eau courante. » L'assistant médical n’espérait pas vivre pareille aubaine avant son prochain départ à la retraite.
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Le pouvoir d'achat retrouvé de Peter
Dans les travées d’un marché de la ville de Mwanza, l’installation de nouvelles toilettes attenantes est saluée par chacun. « Avant l’eau n’était pas régulière, la pression quasi absente et la qualité n’était pas bonne », explique une habituée du quartier. « C’est une bénédiction ! lance une autre femme. Plus de maladie, ça signifie que nous pouvons travailler davantage et gagner plus d’argent. »

Pour Peter, charpentier, « la distance à parcourir à pied pour se rendre aux nouvelles toilettes est inférieure à celle des anciennes. Cela signifie que nous avons plus de temps pour travailler et aussi moins de maladies : au final, nous gagnons en pouvoir d'achat. »
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Esta n'a plus d'excuses pour manquer les cours
Les écoles primaires de Mlimani et de Sokoine se partagent depuis quelques mois des blocs sanitaires flambant neuf. « Les anciennes toilettes étaient très sales, le plancher s’effondrait et il n’y avait presque pas d’eau », se souvient Esta, une élève de Mlimani School. « Il y avait des maladies, les filles plus âgées étaient autorisées à rester chez elles au besoin et les résultats scolaires en pâtissaient beaucoup. Maintenant, avec les nouvelles installations, il n'y a plus d’excuses pour manquer les cours ! »
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Un système simple et efficace dans les quartiers informels

Les habitants du quartier informel de Kilima Hewa apprécient, eux aussi, de ne plus voir les rues souillées par les eaux usées à la saison des pluies, vecteur de terribles épidémies de choléra.

Aujourd'hui, chacune des habitations adossées à cette colline sur la roche bénéficie d'un accès simple mais efficace au système d'assainissement et d'eau courante : des tuyaux souples, adaptés au terrain, ont été installés récemment. Bleus pour l'eau propre, jaunes pour les égouts.

Le système a révolutionné la vie de Francis (photo ci-contre), un ancien fermier : « Aujourd'hui, au lieu d'aller chercher de l'eau, je m'assois au soleil et j'écoute la radio. »

 


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