Ce concept, qui s’est développé dans les années 90, allie sécurité alimentaire et bienfaits d’un environnement dans lequel l’assainissement, les services de santé et les pratiques de soins sont adéquats. La malnutrition peut prendre différentes formes, pouvant parfois coexister : la sous nutrition chronique (retard de croissance) ou aiguë (émaciation), les carences en micronutriments (notamment en fer, en iode, en zinc et en vitamine A), … ainsi que le surpoids et l’obésité. Une personne sur trois dans le monde est touchée par au moins une de ces trois formes. Or, la malnutrition a des conséquences négatives lourdes (elle est responsable de plus d’un tiers des décès chez les enfants de moins de 5 ans) et irréversibles sur les capacités physiques et cognitives d’un individu, notamment lorsqu’elle intervient entre la conception et l’âge de deux ans (1 000 premiers jours de vie). La malnutrition peut, d’autre part, entraîner des coûts élevés pour un pays, quand une part importante de sa population en est affectée : ainsi, le Rapport sur la Nutrition Mondiale (2015) estime à 11 % du PIB le coût économique de la malnutrition en moyenne en Afrique et en Asie. Le 1er avril 2016, les Nations Unies ont lancé la décennie de la nutrition. La France est engagée dans la lutte contre la malnutrition et a notamment publié un document d’orientation stratégique.
De nombreux secteurs d’intervention sont concernés par la lutte contre la malnutrition (développement agricole et agroalimentaire, santé maternelle et infantile, santé sexuelle et reproductive, eau et assainissement, éducation et formation professionnelle) et doivent contribuer conjointement à atteindre cet objectif. Le caractère multisectoriel des interventions constitue ainsi un grand défi, pour les bailleurs de fonds, les opérateurs de développement et les pays partenaires. L’étude vise à traduire ce concept en termes opérationnels dans deux secteurs d’intervention : la santé et le développement agricole.
Dans cette géographie, intégrer les préoccupations nutritionnelles dans les projets de santé permettrait d’obtenir les résultats les plus tangibles à court terme. On peut citer les actions menées par plusieurs ONG pour fabriquer et distribuer des farines infantiles à partir de matières premières essentiellement locales et à un coût accessible au plus grand nombre.
Contact : Florence Mouton
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