Afrique du Sud, Bio2Watt, vaches
Afrique du Sud
En Afrique du Sud,
du fumier
à l'énergie verte
40 000
tonnes de fumier utilisées par an
1ère
centrale de biogaz en Afrique du Sud
6 M€
prêtés par Sunref, le label « finance verte » de l'AFD
En Afrique du Sud, une centrale de production de biogaz utilise les ressources naturelles issues des élevages bovins locaux pour fournir une électricité 100% « verte ».

De part et d’autre de la route conduisant à la centrale Bronkhorstspruit, au nord de l’Afrique du Sud, des dizaines de fermes d’élevage bovin parsèment le paysage. 25 000 vaches paissent dans de vastes champs clôturés. Mais ce qui intéresse l’immense bâtiment à proximité n’est ni leur viande, ni leur lait : ce sont leurs déjections et leurs carcasses, fournies par les abattoirs voisins. Car la centrale Bio2Watt de Bronkhorstspruit est une unité de production de biogaz. En clair, l’usine transforme des déchets végétaux et animaux - dont le fumier des bovins - en énergie verte.


« Nous avons choisi ce site parce qu’il est à proximité d'un grand centre d’engraissement de bovins, explique Sean Thomas, directeur général de Bio2Watt, la plus grande centrale du genre en Afrique. En plus de servir de matière première à la production d’énergie, le fumier alimente aussi nos quatre digesteurs pour la production de biogaz ». Les digesteurs permettent de provoquer artificiellement la fermentation des matières naturelles qui y sont placées pour produire du méthane, utilisable comme biogaz. Ce gaz produit sans impact négatif pour le climat sert ensuite à la production de chaleur, d'électricité ou de biocarburant. 
 

Afrique du Sud, Bio2Watt, usine
Afrique du Sud, Bio2Watt, Sean Thomas
Sean Thomas, le visionnaire du biogaz
Professionnel dans le domaine de l’énergie renouvelable depuis une décennie, Sean Thomas rêvait d’implanter une centrale de biogaz en Afrique du Sud. Mais trouver les financements pour mener à bien un tel projet était une gageure : « L’investissement en capital nécessaire pour les projets d’énergie renouvelable est considérable, confirme Sean Thomas. Mais le biogaz est une technologie éprouvée et nombre d'installations fonctionnent actuellement dans le monde entier. Alors, il me semblait que c’était une innovation viable en Afrique du Sud compte tenu de la disponibilité des déchets ici ».

Ces déchets sont au centre du projet, le biogaz étant produit à partir d’un mélange de bouses de vache et de déchets végétaux et animaux. « L’utilisation des déchets est vraiment un avantage supplémentaire sur le plan environnemental, car ils finiraient normalement dans des décharges ou des usines de traitement », précise Sean.
Afrique du Sud, Bio2watt, usine BMW
De l’arrière-train des vaches à… BMW
Les quatre digesteurs de la centrale, hauts de plusieurs mètres, fonctionnent 24 h/24, sept jours sur sept, générant 4,4 mégawatts d'électricité par heure (MWh). Une énergie propre à 100 %. La sous-station électrique locale appartenant au fournisseur d’énergie national Eskom et un réseau de distribution de 13 kilomètres permettent d’alimenter le réseau électrique national.

L’électricité produite par Bio2Watt est revendue à une usine du constructeur automobile BMW située à une quarantaine de kilomètres, à Rosslyn, dans la banlieue de Pretoria. Cette énergie verte fournit un tiers des besoins en énergie du site de BMW et s’inscrit pleinement dans la vision du groupe automobile : la marque allemande ambitionne de devenir leader dans l’utilisation des énergies renouvelables d'ici 2020.
Afrique du Sud, Bio2Watt, Simon Harris
Bon pour l’environnement…
Les avantages écologiques de ce projet de valorisation énergétique des déchets sont évidents : « En récupérant environ 40 000 tonnes de fumier de vache par an, nous contribuons clairement à réduire les émissions de CO2 et de méthane qui participent au réchauffement de la planète », affirme avec fierté Simon Harris, directeur de l’usine de Bronkhorstspruit.

La centrale génère également des recettes en vendant des engrais liquides et solides, des sous-produits du processus de transformation. « L’engrais solide est notre "or " compte tenu de sa valeur élevée de revente, révèle Simon Harris. Il sert pour la fertilisation des pelouses et les aménagements paysagers. Quant à l’engrais liquide, il est utilisé par les exploitants agricoles, notamment lors des mois d’hiver chauds et secs. »
Afrique du Sud, Bio2Watt, travailleur
… bon pour l’emploi
Outre ses atouts écologiques, la centrale Bio2Watt de Bronkhorstspruit a créé plus de 50 emplois directs et indirects (comme celui de Thabo Brooms, assistant manager, en photo ci-dessus) et une centaine d’emplois temporaires. Des experts internationaux ont été sollicités pour former et améliorer les compétences de la main-d'œuvre locale. « Le projet a créé des emplois et responsabilisé les travailleurs locaux dans une région considérée comme péri-urbaine, où les possibilités d’emploi sont rares », observe Simon Harris, le directeur de la centrale.
Afrique du Sud, Bio2Watt, usine et vaches
Et demain ?

 

Bio2Watt montre le chemin à suivre pour la valorisation énergétique du biogaz et des déchets, en Afrique du Sud et pour l’ensemble du continent africain. La société envisage d’augmenter la capacité de l'usine de Bronkhorstspruit de 4,4 MW à 6,9 MW dans un avenir proche, et de mettre en place des projets d’énergie renouvelable similaires dans d’autres pays d’Afrique. 

SUNREF, LEVIER DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE « VERT »

Le label finance verte de l'AFD Sunref facilite l’accès à une énergie durable bon marché et favorise la gestion durable des ressources naturelles. Avec un but final : garantir le développement d’une économie sobre en carbone et participer à l’atténuation des causes du changement climatique. 

À travers ce programme, l’AFD appuie des institutions financières et leurs clients autour de projets de gestion durable des ressources naturelles, en particulier d’énergie propre. L’action de l’AFD consiste d’une part à proposer des instruments financiers adaptés, d’autre part à renforcer les capacités techniques des banques et de leurs clients, les entreprises.

Sunref, pour Sustainable Use of Natural Ressources and Energy Finance, c’est déjà 42 projets mis en œuvre pour accompagner la transformation des pratiques des acteurs financiers dans la promotion d'un modèle de développement durable. Ces projets correspondent à 20 % des engagements de l’AFD dans l’énergie sur la période 2012-2015 et 15 % de ses engagements climat en 2016.

 

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