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République dominicaine, éducation, microfinance
De nombreux étudiants dominicains n’ont pas accès au secteur bancaire traditionnel. Pour pallier cet écueil préjudiciable au développement du pays, un organisme de microcrédit leur propose des prêts adaptés.


En République dominicaine, une part importante de la population ne peut bénéficier des services bancaires de base. Avec leur capacité d’épargne jugée trop modeste et des besoins de crédit trop faibles, les banques ferment purement et simplement leurs portes à ces citoyens. Parmi eux, beaucoup d’étudiants.

Pour remédier à ce problème, l’institution de microfinance dominicaine Fondesa propose depuis 2013 une offre de crédits étudiants grâce au soutien de l’AFD. « Ces ressources nouvelles nous ont permis de financer les études de 336 jeunes dominicains à faibles revenus souhaitant poursuivre une formation dans l’environnement, l’agronomie ou les sciences sociales en République dominicaine », complète María Yudelka Flores, directrice exécutive de Fondesa. 

Et ça marche. Un exemple ? Grâce au projet « Inclusion financière et appui à l’éducation », 15 jeunes de l’université ISA (Institut supérieur d'agronomie) ont reçu leur diplôme en novembre 2017. Depuis, ils travaillent comme ingénieurs agricoles, ingénieurs alimentaires, professeurs ou comptables.

En parallèle, l’appui de l’AFD a permis le développement d’une plateforme de gestion de portefeuille et le renforcement de la capacité de gestion de Fondesa pour le compte de tiers. Depuis mars 2016, Fondesa administre ainsi les portefeuilles de prêts étudiants pour le compte de différents établissements d’enseignement supérieur en République dominicaine. Grâce à ce service, Fondesa a accru les recouvrements de l’université ISA et de l’université Pontificale católica madre y maestra (PUCMM).


Des remboursements raisonnables


Les prêts estampillés Fondesa sont très appréciés dans ces établissements, où l’accompagnement proposé permet aux jeunes étudiants entrés dans la vie active de rembourser leur crédit dans de bonnes conditions : « Ces remboursements raisonnés n’affectent pas leur qualité de vie et ne compromettent pas leur capacité d’endettement à entreprendre d’autres projets », confirme María Yudelka Flores. Une logique de services bancaires au service du public qui se retrouve dans les témoignages des étudiants bénéficiaires d'un prêt Fondesa. 

République dominicaine, éducation, microfinance
Yeuris Pujols / © AFD


Yeuris Pujols

« Je suis né à San José de Ocoa, une région défavorisée de République dominicaine. J’ai grandi dans une famille modeste, sans les moyens nécessaires à une éducation de qualité. Mais mes parents m’ont appris les valeurs du travail, de la rigueur et le goût des études.

En 2009, Fondesa m’a accordé un prêt permettant de financer mes études. J’ai donc quitté ma région d’origine pour m’installer dans une ville plus grande et intégrer l’université ISA, où j’ai suivi une formation en comptabilité.Grâce au prêt, j’ai eu une éducation supérieure de qualité, à la hauteur de mes attentes, avec les mêmes possibilités que des jeunes issus de familles aisées pour réussir ma vie professionnelle. L’accompagnement d’enseignants qualifiés durant ma formation m’a beaucoup enrichi et apporté, tant sur le plan professionnel que personnel et humain.

Après avoir terminé mes études universitaires, j’ai été recruté par la banque BHD León, une des institutions financières les plus réputées du pays. Puis j’ai eu l’occasion de rencontrer les responsables d’une société productrice de récipients en plastique, qui m’ont proposé de travailler pour eux en tant que chargé de la logistique et des achats à l’échelle nationale. En 2015, j’ai obtenu un master en gestion financière à l’université UAPA avec mention très bien, ce qui m’a permis de travailler comme contrôleur financier pour une entreprise productrice de tabac. Suite à cette expérience, j’ai été recruté à l’âge de 25 ans par l’entreprise en bâtiment Arconim comme directeur financier. Tout cela n’aurait pas été possible sans l’appui de Fondesa. »

 

République dominicaine, éducation, microfinance
Ariela Yamilex Mora Díaz / © AFD


Ariela Yamilex Mora Díaz

« Faire un choix à la sortie du lycée représente toujours un défi. C’est à ce moment-là que l’on se pose des questions sur l’avenir pour la première fois. Et c’est encore plus compliqué quand on a peu de moyens. J’avais des ambitions professionnelles et je voulais poursuivre mes études, mais je n’avais pas les moyens financiers de réaliser mes objectifs.

J’ai appris que Fondesa accordait des prêts étudiants aux jeunes comme moi, qui souhaitaient suivre une formation mais avaient des difficultés en raison de leurs origines modestes. C’est ainsi que j'ai débuté mes études à l’université ISA.

Vivre loin de chez soi dans une résidence étudiante, avec les difficultés que cela entraîne parfois, a été une expérience difficile. Mais ces défis m’ont permis de comprendre qu’il fallait faire des sacrifices pour atteindre mes objectifs et être patiente pour obtenir les résultats. La possibilité d’avoir un prêt étudiant donne l’opportunité à tous d’accéder à une éducation supérieure de qualité et de poursuivre ses études sans excuses. »