centre hospitalier ouest guyanais, santé
L’AFD et le Centre hospitalier de l’ouest guyanais viennent de signer une convention de partenariat qui marque une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération sanitaire entre la Guyane française et le Suriname. Cet accord intervient juste après l’inauguration de deux nouveaux hôpitaux de part et d’autre de la frontière.

Trois heures et demie de route à l’aller et tout autant au retour. Jusqu’ici, c’est le trajet que devaient faire plusieurs fois par semaine les patients sous dialyse habitant Saint-Laurent-du-Maroni, à la frontière ouest de la Guyane française afin de rejoindre l’hôpital de Cayenne, seul établissement équipé pour les prendre en charge sur le territoire.

À partir du 28 janvier 2019, ils n’auront plus à parcourir de telles distances : le Centre hospitalier de l’ouest guyanais (CHOG), à Saint-Laurent-du-Maroni, vient d’emménager dans un édifice flambant neuf de 28 000 m2. Il s’apprête désormais à accueillir de nouveaux services et équipements : dialyse, unités de soins continus (USC), réanimation néonatale, IRM, etc. La chimiothérapie viendra également compléter le tout en avril. De nouvelles offres qui bénéficieront aussi aux patients vivant du côté surinamais de la frontière, à Albina ou Moengo, par exemple. Ces derniers devaient auparavant rouler trois ou quatre heures aller-retour pour rejoindre l’hôpital de Paramaribo, la capitale de leur pays.
 

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Le Centre hospitalier de l'ouest guyanais vu de l'intérieur © Marguerite Gouarné / AFD


En parallèle, un autre hôpital a été inauguré au Suriname. Il devrait ouvrir complètement ses portes courant 2019 pour des consultations de proximité, mais aussi pour les petites urgences et les accouchements sans complications. Cela contribuera à désengorger le CHOG, mais aussi à simplifier les démarches administratives des Surinamais.

Le trajet ne représente que quinze minutes en pirogue, beaucoup de femmes surinamaises viennent donc aujourd'hui accoucher à Saint-Laurent-du-Maroni. Mais elles rencontrent ensuite des difficultés à déclarer la naissance de leur enfant au Suriname. En accouchant près de chez elles, à Albina, leurs formalités se trouveront simplifiées et leur confort nettement accru. En cas de complications, ces patientes pourront toujours être adressées au CHOG.

La construction des deux hôpitaux a en partie été financée par l’AFD, via un prêt de 47,5 millions d’euros au CHOG et un autre de 15 millions d’euros au gouvernement du Suriname. Leur ouverture intervient parallèlement aux efforts de coopération engagés depuis 2010 entre la Guyane et le Suriname, pour améliorer l’offre de soins sur ce territoire transfrontalier. Un effort que l’AFD continue de soutenir, puisqu’elle a signé, le 10 décembre 2018, une nouvelle convention de financement avec le CHOG, pour l’accord d’une subvention de 100 000 euros sur trois ans.

Bientôt plus besoin d’aller en Métropole pour une radiothérapie ?

Le nouveau programme, également soutenu par l’Union européenne, l’Agence régionale de santé (ARS) et la Préfecture, s’articule autour de deux grands volets :

  • Pour les professionnels de santé guyanais et surinamais, « nous allons constituer une sorte d’annuaire des offres médicales et paramédicales disponibles de part et d’autre de la frontière, dans les hôpitaux de Saint-Laurent-du-Maroni, Cayenne, Albina et Paramaribo, mais aussi dans les centres de santé comme celui de Moengo, explique le Dr. Frédérique Perotti, présidente de la Commission médicale d’établissement (CME) du CHOG. Ainsi, même les médecins fraîchement arrivés sauront vers qui orienter au mieux leurs patients. » Des ateliers seront par ailleurs organisés pour mettre en commun des protocoles de soins ou mutualiser des actions de prévention sur des sujets communs (VIH, etc.).
  • Auprès de la population, des campagnes de communication sur les possibilités d’accès aux soins vont être mises en œuvre. Un volet institutionnel vise également à faciliter les prises en charge transfrontalières. « L’idée sera de pouvoir ouvrir les offres de soins qui n’existent que d’un côté de la frontière aux personnes qui habitent de l’autre côté : la dialyse et la chimiothérapie par exemple à Saint-Laurent et, peut-être, la radiothérapie à Paramaribo », ajoute le Dr. Perotti. « Cette dernière opportunité est encore en discussion, précise Jean-Mathieu Defour, le directeur général du CHOG. Mais elle est intéressante pour tout le monde. » Cela éviterait d’envoyer nos patients guyanais en Métropole pour les radiothérapies, comme nous sommes obligés de le faire actuellement.

La subvention apportée par l’AFD vise à mettre en place une équipe de quatre personnes entièrement dédiée à la mise en œuvre de ce projet de coopération sanitaire : un coordonnateur basé au CHOG, un autre à l’hôpital d’Albina, ainsi qu’une assistante sociale surinamaise et un interprète pour accompagner et orienter les Surinamais qui se font soigner au CHOG.

L’objectif est de pouvoir mieux réguler les flux de patients entre le Suriname et la Guyane, grâce à des consultations près de chez eux.

Jean-Mathieu Defour, directeur général du CHOG

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