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Visuel
Cette évaluation fait le bilan de trois projets poursuivants des finalités semblables dans des contextes très différents. Elle vise à tirer des enseignements généraux après avoir travaillé avec les trois organisations, dès le début de leurs interventions, sur un système de suivi harmonisé.
Contexte

La Facilité d’Innovation Sectorielle pour les ONG (FISONG) est un outil de financement de l’Agence Française de Développement (AFD) permettant de valoriser les savoir-faire spécifiques et la capacité d’innovation des ONG. Un appel à projets a été lancé en 2012 sur la thématique « Biodiversité et développement : partage des bénéfices de la biodiversité au profit des communautés villageoises ». Début 2013, trois projets d’ONG ont été sélectionnés par appel à projets en Tanzanie, au Niger et à Madagascar.

Objectifs

L’évaluation vise (i) à définir un système de suivi-évaluation au stade de la phase de démarrage de chaque projet permettant de comparer les projets sur certains indicateurs clés et (ii) de conduire l’analyse évaluative des trois projets tout en menant un travail de capitalisation transversal, comprenant un atelier de discussion des résultats et des recommandations avec les ONG bénéficiaires.

Méthode

Le cabinet Oréade-Brèche a réalisé cette évaluation et capitalisation. Il a tenté d’harmoniser un dispositif de suivi entre les trois projets conçus de manière totalement indépendante, dans des contextes totalement différents et avec des approches d’interventions distinctes. Il a en outre tenté d’améliorer autant que possible (sans coût additionnel au budget alloué aux ONG) les cadres logiques des projets initialement proposés, et donc l’évaluabilité finale des trois interventions. Les évaluations qualitatives ont consisté en une revue de la documentation produite par les dispositifs de suivi adoptés par chaque ONG complétée par des interviews et une mission de terrain dans chaque pays. A partir des trois rapports d’évaluations produits, le bureau d’étude a produit un rapport de capitalisation comparant les trois projets avec une batterie identique de 26 critères techniques autour de la gouvernance, du renforcement de capacité, de la conservation de la biodiversité, du développement socio-économique et de la pérennisation des acquis des aires protégées.

Résultats

Si globalement la pertinence est satisfaisante, l’efficacité et l’efficience le sont moins, tandis que la viabilité et les impacts de ces projets restent difficiles à évaluer et sont variables selon les sites. Le projet en zone saharienne du Niger souffre évidemment fortement des conditions d’insécurité tout en parvenant à atteindre certains résultats, avec des coûts de gestion élevés et une viabilité incertaine. A Madagascar, l’intervention positive sur de nombreux aspects reste fortement influencée par la mauvaise gouvernance publique. Le projet en Tanzanie semble atteindre un plus grand nombre de ses objectifs de gouvernance et de développement, mais avec des impacts sur la conservation de la biodiversité difficile à évaluer.

S’agissant de l’exercice couplé d’évaluation et de capitalisation lui-même, qui a duré plus de deux ans, il a présenté de nombreux avantages reconnus pas les participants, pour un coût additionnel aux évaluations raisonnable (environ 25 % de plus que la somme des trois évaluations) :

  • La mise au point d’une méthode de suivi des projets plus robuste que les cadres logiques de chaque projet, grâce aux apports méthodologiques du bureau d’études et des discussions en atelier ;
  • Des échanges réguliers entre les porteurs de projets sur des thèmes techniques où les échanges entre ONG sont peu nombreux en dehors de leurs propres cercles internes ;
  • Une discussion finale sur les recommandations incluant les apports de chacun et permettant de formuler des recommandations moins spécifiques et plus génériques.
Enseignements

Au regard des avantages de la démarche, les évaluateurs recommandent qu’elle soit reproduite par l’AFD de manière plus systématique. De nombreuses recommandations issues de la synthèse des évaluations des trois projets consistent à améliorer le contenu et le suivi des projets d’appui aux aires protégées menées par des ONG de conservation. Il est notamment proposé que l’état initial (socio-économique et biodiversité) des sites fasse l’objet d’une attention beaucoup plus soutenue lors de la préparation du projet, celui-ci pouvant être amélioré en exploitant plus les bases de données statistiques disponibles gratuitement sur Internet.

Les consultants constatent une dérive récurrente lors du montage de projets d’appui aux aires protégées : elle consiste à laisser croire dans le document de présentation que des résultats tangibles vont être atteints à l’issue d’un délai réduit de réalisation du projet en termes de conservation et de développement, sans forcément tenir compte de la situation de départ de l’aire protégée. Sans ces ambitions « démesurées » au départ, l’ONG porteuse du projet cours le risque de ne pas voir son projet sélectionné par le système d’appel à projets. Or les évaluations finales ont montré quasiment systématiquement que les résultats ambitieux de départ n’ont finalement pas été atteints.

Les consultants recommandent d’adopter une démarche plus raisonnable et efficace. Ils proposent un outil graphique « en radar » visant à décrire (i) l’état initial de l’aire protégée (pas du projet) et (ii), sur ce même graphique, les résultats de progrès que l’aire protégée prétend atteindre en fin de projet. Cette démarche permettrait à la fois d’éviter de constater qu’au final peu de projets d’aires protégées atteignent les résultats qui leurs étaient fixés au départ et de démontrer (s’il en est encore besoin) que ces processus sont longs et doivent passer par des étapes successives. La démarche permet d’expliciter que l’atteinte des résultats de ces différentes phases prend beaucoup de temps (15 ans selon une autre capitalisation de ce genre) et définitivement plus que la durée d’un seul projet traditionnel de 2 à 4 ans, tout en permettant de mesurer les progrès et d’assurer la redevabilité auprès des bailleurs de fonds.

 

Consultez le rapport de capitalisation sur ce projet.

15/04/2014
Date de début du projet
26/01/2017
Date de fin du projet
2 ans et 9 mois
Durée du programme
Secteurs
Tanzanie
Localisation
Achevé
État

Contact : Julien Calas, chargé d’évaluation (calasj@afd.fr)