Vers un développement bas carbone et résilient à l’horizon 2050

Facilité 2050

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Facilité 2050, AFD
Afin d’accompagner une trentaine de pays en développement parmi les plus émissifs ou les plus vulnérables dans leur transition vers un modèle de développement bas carbone et résilient, l’AFD a créé un outil de subvention dédié : la Facilité 2050.
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L’Accord de Paris invite chaque partie à formuler et communiquer des stratégies à long terme de développement à faible émission de gaz à effet de serre (GES). Chaque stratégie doit inclure une trajectoire à horizon 2050 prenant en compte les changements institutionnels, économiques et financiers, technologiques et sociaux nécessaires pour concourir à un développement durable et sobre en carbone dans un environnement plus résilient.

Accompagner les pays partenaires de l’AFD dans la mise en place de cette trajectoire, tel est l’objectif de la Facilité 2050, créée en 2018 dans le cadre des engagements français pris lors du One Planet Summit à Paris.

Dotée de 30 millions d’euros sous forme de subventions et mise en œuvre par l’AFD, cette nouvelle facilité finance des études et des programmes de renforcement de capacités. Elle est également conçue comme un outil de dialogue pour l’analyse de scénarios de long terme. 

Sa création initie une démarche de coopération pluriannuelle avec une trentaine de pays que l’AFD accompagne dans leur stratégie de transition, dans le respect des objectifs fixés par l’Accord de Paris. 

Contexte

Facilité 2050, AFD
Poursuivre un développement compatible avec la lutte contre le changement climatique

Les effets déjà constatés du réchauffement climatique (montée du niveau des mers, sécheresse, inondations ou catastrophes météorologiques) font peser de nouveaux risques sur les trajectoires de développement des pays les plus pauvres et fragilisent les progrès réalisés ces dernières décennies sur le plan socio-économique. 

Souvent, faute de pouvoir quantifier le degré des impacts à venir, de nombreux gouvernements se voient freinés dans leur volonté de construire et financer des politiques de développement à la mesure de ces nouveaux enjeux. 

Il est pourtant impératif de parvenir à diminuer les conséquences du réchauffement climatique en réduisant le plus rapidement possible nos émissions de GES. Les pays les plus émetteurs doivent fournir un effort particulier en fonction de leurs moyens et de ceux mobilisés par la communauté internationale.

Les acteurs du développement doivent, quant à eux, œuvrer à la diffusion de la prise en compte du climat à tous les niveaux de prise de décision, en mobilisant des financements de politiques d’adaptation au changement climatique et de réduction des émissions de GES dans les pays d’intervention, en particulier dans les investissements longue durée (énergie, agriculture, foresterie et autres affectations des terres, transports, bâtiments, industrie, aménagement du territoire). 


Contributions déterminées au niveau national et stratégies à long terme : vers une approche intégrée

Les contributions déterminées au niveau national (CDN) sont une exigence de l’Accord de Paris. Chaque pays doit ainsi communiquer régulièrement sur les actions mises en place pour réduire ses émissions de GES. C’est tout l’objectif des plans climat, qui font l’objet de révisions régulières. Ceux-ci doivent fournir la preuve des efforts réalisés par chaque pays pour maintenir l’augmentation de la température mondiale nettement en dessous de 2 °C et d’efforts plus soutenus pour limiter cette hausse à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. 

Si la définition des CDN est un exercice nécessaire, leur horizon à moyen terme ne permet pas, dans la plupart des cas, de repenser en profondeur les modèles de développement, ni d’intégrer des objectifs à la mesure de ceux fixés par l’Accord de Paris.

À l’inverse, l’élaboration de stratégies à long terme (SLT) permet d’explorer différents scénarios de décarbonation à l’échelle d’un pays, contribuant ainsi à guider les décisions de plus court terme, dont les objectifs révisés des CDN. Les SLT constituent ainsi une opportunité, pour les gouvernements, d’anticiper les coûts budgétaires et financiers de leurs actions et de définir les réformes politiques et les investissements prioritaires pour assurer un avenir résilient et sobre en carbone. Elles constituent également un guide précieux pour les acteurs de la finance et du développement désireux de soutenir un développement durable et inclusif. 

Pour essentielles qu’elles soient, les SLT sont encore perfectibles. Une meilleure prise en compte, dès leur phase de conception, des Objectifs de développement durable, serait notamment souhaitable. La mobilisation de l’ensemble des parties prenantes à chaque étape de leur élaboration favoriserait également une meilleure compréhension par tous des transformations qu'elles entraînent, qui pourraient faire l’objet d’un nouveau contrat social.

La réponse de l'AFD

Facilité 2050, AFD

La Facilité 2050 a pour objectif de mener des actions de coopération technique et de renforcement des capacités. Pour cela, elle finance des études dont les recommandations ont vocation à contribuer aux réflexions des pays engagés dans l’élaboration de stratégies à long terme. La facilité peut œuvrer à la définition d’objectifs sectoriels et/ou à la redéfinition de politiques publiques permettant d’impulser la transition, et/ou la mise en œuvre dans des secteurs à forts enjeux pour le climat.

L’appropriation est assurée par l’ancrage institutionnel des appuis, la participation d’institutions des pays partenaires (ministères, universités, centres de recherche, think tank…), ainsi que par la concertation des parties prenantes et de différents acteurs (publics et privés, société civile) dans l’élaboration des scénarios et le partage des résultats.

Les possibilités d’interventions sont multiples et peuvent couvrir

  • la modélisation macroéconomique de la transition, notamment via le déploiement du modèle GEMMES de l’AFD
  • la transition énergétique : modélisation sectorielle des trajectoires énergétiques, renforcement de capacités en lien avec des outils de modélisation ; modélisation et optimisation des systèmes électriques ; impacts macroéconomiques de la transition énergétique, risques de transition
  • la mobilité et le développement urbain feuille de route pour la décarbonation du secteur, schéma transport long terme, aménagement du territoire, politiques de mobilité, politiques de développement urbain, appuis à l’intégration des politiques climat
  • la transition écologique et les ressources naturelles : stratégies long terme de protection et gestion des ressources forestières, des ressources en eau dans leurs usages multiples, de développement rural, d'aménagement du territoire, de couverture des besoins alimentaires
  • la transition démographique et sociale : évaluation des impacts et développement de politiques en matière de protection sociale adaptative, schémas de redéploiement des ressources alimentant les subventions aux énergies fossiles, formation professionnelle et transition juste.

Nos projets

Facilité 2050, AFD
  • Algérie : étude prospective sur les scénarios de transition énergétique à l’horizon 2050

L’Algérie fait partie des principaux pays exportateurs de gaz dans le monde, avec un modèle économique fortement dépendant des hydrocarbures. Fort d’une volonté de réduction de ses émissions de GES, de 7 % à 22 % à l’horizon 2030, le ministère de l’Énergie algérien a sollicité la Facilité 2050 pour soutenir une coopération technique sur la modélisation de sa transition énergétique et de sa trajectoire de développement à l’horizon 2050.    

  • Chine : dialogues de politique publique autour de la trajectoire de transition énergétique

La Facilité 2050 appuie la mise en œuvre de dialogues de politique publique engagés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avec les autorités chinoises, en finançant des études pour contribuer aux réflexions liées à l’élaboration d’une stratégie à long terme, la mise en œuvre d’un marché national d’émissions de GES et l’optimisation du système électrique dans la perspective d’intégrer davantage d’énergies renouvelables intermittentes dans le réseau. 

  • Colombie : élaboration de la stratégie 2050 de développement bas carbone et résilient

La Facilité 2050 soutient le ministère de l’Environnement et du Développement durable colombien pour mener à bien différentes activités (études, consultations des parties prenantes, appuis de consultants…), qui doivent aboutir à la publication de sa stratégie de long terme. Celle-ci constituera la feuille de route de la transition du pays vers la décarbonation de son économie, tout en intégrant les enjeux d’adaptation au changement climatique et la gestion du risque de désastres. Ce projet est mis en œuvre par Expertise France

  • Indonésie : étude sur l’efficacité énergétique dans le cadre d’une initiative sur la transition bas carbone

La politique nationale de l’énergie indonésienne a pour objectif de réduire l’intensité énergétique du pays de 1 % par an jusqu’à 2025. Afin de définir les modalités de mise en œuvre d’une politique renouvelée et plus ambitieuse en matière d’efficacité énergique, notamment en réfléchissant à la mise en place d’éventuelles incitations financières et d’un cadre réglementaire plus adapté, le ministère du Plan indonésien souhaite renforcer ses outils de modélisation. Il souhaite également disposer de données actualisées pour définir des objectifs plus réalistes d’efficacité énergétique.

La Facilité 2050 soutient le développement d’un modèle permettant de formuler des recommandations en termes de politiques sectorielles, de réglementation et d’investissement, et contribue à l’élaboration d’un plan d’action efficacité énergétique pour le secteur industriel.

  • Maroc : étude prospective sur les scénarios d’adaptation au changement climatique à l’horizon 2050

La Facilité 2050 appuie le ministère de l’Économie et des Finances marocain sur l’analyse des impacts de différents scénarios climatiques sur l’économie marocaine à travers le développement d’un modèle GEMMES (outil de modélisation développé par l’AFD), adapté à la réalité du pays. Une attention particulière est portée aux impacts du stress hydrique, notamment sur l’économie marocaine via le secteur agricole. Il s’agit d’interroger la viabilité du modèle de développement agricole axé sur l’irrigation dans un contexte d’aridification croissante, sur plusieurs décennies.

De façon plus générale, cet appui de modélisation permettra au pays de disposer d’un nouvel outil pour alimenter les travaux d’élaboration de la politique économique du royaume, et ce dans une perspective de long terme. Ce projet est complémentaire d’un appui mis en œuvre par la Plateforme 2050 Pathways pour accompagner le Maroc dans la formulation de sa stratégie à long terme. 

  • Pakistan : modélisation des émissions de GES

L’objectif de cet appui au ministère du Changement climatique (MoCC) est de compléter, au-delà du secteur de l'énergie, la modélisation des émissions de GES du pays. Les secteurs de l’agriculture, des forêts et de l’usage des sols, encore non couverts ou de façon imprécise par le modèle existant, y seront inclus. Cet appui vise également à développer un ensemble de scénarios de réduction compatibles avec les politiques publiques actuellement envisagées ou plus ambitieux. À terme, l’analyse menée identifiera les efforts d’abattement potentiels du niveau de GES par secteur et leur coût. 

  • Vietnam : analyse des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation à moyen et long terme

Le Vietnam est l’un des cinq pays au monde les plus vulnérables au changement climatique. Dans ce contexte, l’objectif de l’outil de modélisation GEMMES développé par l’AFD est de proposer une étude intégrée des différents aspects des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation possiblement mises en œuvre dans le pays, pour l’accompagner dans la construction d’une trajectoire de développement résiliente. Ce projet est réalisé en collaboration avec la Direction du changement climatique du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement vietnamien et l’IRD.

Par ailleurs, la Facilité 2050 accompagne également le ministère du Plan et de l’Investissement dans l’intégration des enjeux climatiques dans ses stratégies et son plan de développement socio-économique. 

  • Multi-pays Afrique : trajectoires de décarbonation profonde (Deep Decarbonization Pathways)

Portée par l’IDDRI, l’initiative DDP a pour objectif d’aider les États et les acteurs non étatiques à élaborer des scénarios de décarbonation. La Facilité 2050 prévoit de soutenir des appuis dans des pays africains (Nigéria, Sénégal : en cours d’identification) où la discussion d’objectifs climatiques de sobriété carbone et de résilience nécessite de s’inscrire d’emblée dans la perspective plus générale des trajectoires de développement visant à répondre aux urgences économiques, sociales et environnementales de court terme, et à satisfaire les besoins sur le long terme.