2012
Début du projet
21 649
hectares de terres reboisés
4 500
villageois formés à 15 métiers différents
La forêt joue un rôle primordial dans la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité. Dans l’État d’Assam, à l’extrême nord-est de l’Inde, un vaste programme reboise les écosystèmes forestiers menacés et protège la faune. Tout en ouvrant de nouveaux horizons économiques et sociaux aux populations locales.

L’Assam dispose d’un patrimoine de biodiversité inestimable. Les forêts occupent 35 % de son territoire et du fait de ses cinq parcs nationaux et 18 réserves naturelles, c’est un paradis où se développent une flore et une faune uniques. Depuis toujours, ici, de nombreuses tribus et communautés ont entretenu une relation étroite avec les forêts.

Au fil des ans cependant, cette relation a évolué. La forêt a commencé à rétrécir sous la pression démographique, les projets de développement et la surexploitation. Progressivement, ces mutations ont eu un impact sur toute l’écologie de la région.

Le gouvernement de l’Assam, avec le soutien de l’AFD, a lancé en 2012 le Projet de conservation des forêts et de la biodiversité de l’Assam. Objectif : restaurer les écosystèmes forestiers, protéger la faune et améliorer les moyens d’existence des populations dépendantes de la forêt. La participation active de toutes les parties prenantes est au cœur du dispositif.

Et les résultats sont là : le programme a permis de créer plus de 21 000 hectares de plantation dans différentes parties de la forêt, avec l’aide systématique de comités locaux. Des pépinières ont été établies et les marécages et prairies appauvris ont été restaurés. La population de l’emblématique rhinocéros unicorne atteint aujourd’hui le chiffre impressionnant de 2400 individus dans le parc national de Kaziranga. Par ailleurs, l’acquisition de nouvelles compétences et des perspectives de moyens de subsistance nouveaux ont donné aux habitants de la forêt l’espoir d’un avenir meilleur.  
 

Inde, Assam, rhinocéros
Inde, Assam, Manoj, Chandra
Compello : aider les habitants de la forêt à adopter un nouveau mode de vie
« Gagner la confiance de la population a été l’étape la plus cruciale de notre parcours… Une fois que les gens ont eu confiance en nous, ils étaient motivés pour apprendre », explique Manoj, un membre de Compello, une ONG qui a la responsabilité de former les populations locales et de commercialiser les produits qu'elles fabriquent.

Les consultations villageoises permettent à la population de décider du métier qui répond le mieux à leurs besoins. Un micro-planning est ensuite établi avant l’embauche de formateurs et l’achat des matières premières.

Aujourd’hui, la plupart des populations des alentours veulent en savoir plus sur la conception et la commercialisation de produits. « Ce changement d’attitude est la preuve du succès du projet », se félicite Manoj.
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Tisser un meilleur futur : l’histoire de Monju
Dans le village de Monju, le comité local a décidé qu’une formation au tissage bénéficierait grandement à la communauté. Deux métiers à tisser Jacquard ont été installés dans un local adjacent à l’école primaire et un maître tisserand a été embauché pour former ceux qui étaient intéressés.

Ces trois derniers mois, Monju et 23 autres femmes du village de Panbari Adarsh Mising ont appris à travailler des tissus comportant des motifs traditionnels, principalement des motifs des animaux qu’elles côtoient – comme par exemple des rhinocéros et des tigres.

« Cette formation m’a permis de gagner ma vie et de vivre dans la dignité, raconte Monju en souriant. Je veux vendre mes produits sur des marchés plus grands et gagner une somme d’argent raisonnable. La collecte de bois sous la pluie, c'est terminé ! »
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Les pickles de Joya
Bien que timide devant des étrangers, Joya Pal se transforme complètement dès que la conversation s’oriente vers les pickles, ces légumes, fruits et autres condiments en saumure. « Je peux faire des pickles d’olive, de tamarin, de piment, de citron, d’amla (la groseille à maquereau indienne), de bhomora ou de tenga. Certains de ces produits sont locaux, révèle la jeune femme. Nous avons la chance d’avoir une nature qui est généreuse, nous ne manquons donc pas de matières premières ! »

Joya est l’une des 24 femmes du comité du village de Hojai qui a suivi une formation d’un mois sur la fabrication des pickles, dans le cadre de la partie du projet dévolue aux formations de développement des compétences.
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Les opportunités prolifèrent

« Lorsque l’opportunité s’est présentée d’apprendre la culture du champignon, nous étions très enthousiastes et tout le monde peut voir les résultats », souligne Riazuddin Talukdar (à droite sur notre photo), un jeune villageois qui vit en bordure de la forêt de Daboka.

« Les champignons frais se vendent à un bon prix, tout comme les champignons séchés. C’est une excellente opportunité pour les membres de la communauté de gagner décemment leur vie et de vivre une vie meilleure », se réjouit le jeune homme.

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LES CRÉATIONS DES FORÊTS DE L’ASSAM S’INVITENT EN MAGASINS

Les produits fabriqués par les populations locales sont maintenant commercialisés sous la marque Banasrishti, qui signifie littéralement « création de la forêt ». Ces produits pourront être achetés dans les magasins Vanbazar à travers l’Assam, ainsi que dans une boutique de l’hôtel 5 étoiles du groupe Taj à Guwahati.

Un magasin dédié aux produits de la marque Banasrishti ouvrira également bientôt ses portes au zoo de Guwahati. Enfin, un protocole d’accord a été signé avec la chaîne de magasins Trifed : les produits de la marque Banasrishti seront disponibles dans leurs 42 magasins en Inde.
 

Parcelle par parcelle, les forêts retrouvent des couleurs
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© Yashas Chandra/AFD

 

La gestion participative de la forêt avec les villageois est un aspect important du projet. Des efforts massifs de reforestation ont ainsi été entrepris. Le bois de feu représente l’une des principales sources d’énergie pour les ménages des zones rurales, qui l’utilisent pour cuisiner et se chauffer. Cependant, avec la croissance de la population, la demande de bois de feu a largement dépassé les niveaux durables. Pour pallier ce problème, le ministère des Forêts a lancé un programme visant la plantation de bois de feu en collaboration avec les villageois.

« Le département des Forêts nous a aidés à identifier un terrain de 25 hectares dans la réserve forestière de Lumding qui était dégradé du fait de l’abattage excessif, résume Potuli Mazumdar, du village de Hatikuli. Nous avons donc planté de jeunes pousses d’arbres qui pourront être utilisés comme feu de bois dans sept à huit ans. Cela fait maintenant un an et les jeunes pousses ont pris racine. »

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LES PÉPINIÈRES DE LA BIODIVERSITÉ

Protéger la biodiversité passe aussi par le développement de pépinières. 31 d'entre elles ont été créées dans le cadre du projet, à l'aide de techniques de pointe. Ces pépinières comprennent une grande variété de plantes indigènes, de plantes rares et d’arbres fruitiers qui pourront par la suite être replantés. Objectif : augmenter la couverture végétale de l’État et protéger la biodiversité. Et, au final, renforcer la résilience des forêts au changement climatique.

RENFORCER LES CAPACITÉS DES GARDES FORESTIERS
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© Yashas Chandra/AFD

 

Les capacités des gardes forestiers du parc national de Kaziranga ont été renforcées, participant ainsi à la préservation de la biodiversité. Des séminaires, des visites de travail et des programmes d’échange avec l’Office national des forêts français ont été organisés pour les officiers des forêts. 

L’équipement des gardes et la restauration des infrastructures vieillissantes faisaient partie des actions indispensables à mener. L’achat de véhicules et la rénovation de plusieurs centaines de kilomètres de routes permettent ainsi aux gardes forestiers de se déplacer rapidement dans l’enceinte du parc, afin de mieux protéger la faune.