Initiative de l'Afrique sur les énergies renouvelables : le groupe AFD en pointe

publié le 23 septembre 2019
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Afrique, énergie, solaire
Le conseil d’administration de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (AREI) s’est tenu à New York le lundi 23 septembre, en marge du sommet des Nations unies sur le climat. Depuis 2017, le groupe AFD a contribué à 15 % des objectifs de l’AREI pour 2020 avec déjà 51 projets financés.

Augmenter de dix gigawatts la production d’énergie propre à l’échelle du continent africain d’ici 2020, c’est l’objectif fixé par l'Initiative de l'Afrique sur les énergies renouvelables (AREI). Lancée par les chefs d’États africains à la COP 21 de 2015, soutenue par l’Union africaine et le comité des chefs d’États et de gouvernements africains sur les changements climatiques (CAHOSCC), l’Initiative 2015 est actuellement pilotée par Alpha Condé, le président de la République de Guinée. L’ambition est bien d’accélérer, intensifier et exploiter le gigantesque potentiel du continent en matière d’énergie renouvelable.

Six projets de déploiement de centrales solaires et éoliennes soutenus par des producteurs privés ont ainsi été approuvés le 23 septembre à New York par le conseil d’administration de l’AREI. Financés par Proparco, la filiale de l’AFD en charge du secteur privé, ces nouveaux projets s’ajoutent aux 46 adoptés depuis début 2017. L’engagement de l’AFD à l’Initiative 2015 s’élève à ce jour à 2,2 milliards d’euros. 


Un soutien collectif

« Partenaire de cette Initiative, la France s’est engagée à contribuer à hauteur de trois milliards d’euros au développement des énergies renouvelables en Afrique pour la période 2016-2020, explique Jean-Pierre Barral, responsable du département Transition énergétique et numérique à l’Agence française de développement (AFD). Le groupe AFD s’est fortement mobilisé depuis quatre ans et nous sommes en bonne voie pour atteindre cet objectif. » 
La France se place parmi les premiers partenaires financiers de l’AREI, avec l’Allemagne et la Commission européenne. D’autres États soutiennent l’Initiative depuis sa création, notamment les pays du G7, la Suède et les Pays-Bas : collectivement, ces partenaires se sont avancés à mobiliser dix milliards de dollars pour atteindre l’objectif de 2020.


Une réponse aux besoins des populations

À ce jour, les projets soutenus par le groupe AFD totalisent une production de 1,5 gigawatt, soit une contribution de 15 % à l’objectif de l’AREI à horizon 2020. À l’échelle du continent, ils reflètent la diversité des enjeux du développement des énergies renouvelables dans les pays africains. « Ces projets sont répartis dans l’ensemble des sous-régions et contribuent au développement de l’accès à l’électricité, précise Jean-Pierre Barral. Ils participent à la production électrique par des sources renouvelables – tels que le solaire, l’éolien ou l’hydroélectricité – ainsi qu’à leur bonne intégration sur les réseaux. »

Pour répondre aux besoins énergétiques des populations, ces projets s’intègrent également dans les priorités stratégiques des pays partenaires. Selon le cas, ils impliquent les opérateurs publics d’électricité, des banques locales pour de l’intermédiation et des développeurs privés de projets renouvelables. 
 

Deux projets phares

Dans le panel des 52 projets soutenus par le groupe AFD et adoptés par l’AREI figure le projet mauritanien RIMDIR financé par l’AFD et l’Union européenne. Sa finalité : contribuer à l’augmentation du taux d’électrification rurale à 40 %, à horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, le projet RIMDIR promeut un nouveau modèle de délégation de service public de l’électricité en exploitant des mini-réseaux alimentés par des centrales hybrides, solaires et thermiques. Cette solution permet à la fois de répondre à la demande en période de pointe et d’accroître l’accès à une électricité plus durable pour plus de 2 800 ménages. 

Autre projet phare pour le continent africain, le barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW) au Cameroun, qui devrait être mis en service en 2023. Développée par EDF et financée à hauteur de 150 millions d’euros par le groupe AFD, la centrale produira en moyenne 2 900 GWh/an, soit près de 30 % de la production d'électricité du pays. Outre la diminution du coût moyen de la production d’électricité, ce barrage permettra d’améliorer et de sécuriser l’accès énergétique des populations tout en contribuant à la transition bas carbone du pays.