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Au Maroc, la gouvernance de l’approvisionnement alimentaire est sujette à de profondes contradictions du fait qu’elle implique des acteurs aux intérêts diversifiés, guidés par des logiques parfois divergentes. L’une des principales contradictions oppose ainsi une logique de « modernisation » (création de nouveaux marchés de gros « occidentalisés », « mise à niveau » des produits alimentaires dans une logique d’exportation, traçabilité et sécurisation sanitaire des produits, volonté de lutter contre le commerce de « vrac », appui à la grande distribution) et une logique conservatrice, qui vise à prévenir la déstabilisation (risques d’augmentation des prix, modification de l’offre alimentaire en inadéquation avec la demande, mouvements émanant des marchands et les vendeurs informels).
Pour analyser cette contradiction caractérisant aujourd’hui la politique d’approvisionnement des villes marocaines, nous proposons une réflexion en deux parties. Dans une première partie, nous en exposons tout d’abord la genèse, par le biais d’un retour sur les grandes évolutions de la politique alimentaire marocaine depuis l’indépendance. Puis nous présentons les principaux acteurs de la gouvernance de la politique d’approvisionnement des villes. Nous montrons que celle-ci reste aujourd’hui dominée par le Ministère de l’Intérieur, mais que la territorialisation de l’action publique est susceptible de favoriser la montée en puissance du référentiel modernisateur. Dans une seconde partie, nous mettons en lumière cette tension entre les acteurs centraux « conservateurs » et les acteurs locaux « modernisateurs » en analysant la controverse actuelle à propos de la réforme des marchés de gros de Casablanca et de Rabat, enjeu crucial pour l’approvisionnement des villes.

pdf : 972.75 Ko
auteur(s) :
Max Rousseau
Antoine Boyet
Tarik Harroud
coordinateur :
Gaëlle Balineau
issn :
2492 - 2846
pages :
23
numéro :
92
disponible aussi en : fr
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