Océans et climat : une COP « bleue » pour faire bouger les lignes

publié le 29 novembre 2019
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Mauritanie, océan
À Madrid, lors de l’ouverture de la COP25 ce lundi 2 décembre, l’Agence française de développement (AFD) s’associe à un événement de haut niveau organisé sur le Pavillon France pour mettre la préservation des océans au coeur des négociations internationales. Bonne santé des océans et lutte contre les changements climatiques sont intimement liées.

Une COP « bleue » ? C’est ainsi que la COP25 de la convention sur les changements climatiques est présentée depuis quelques mois. En effet, pour la première fois, les océans et leur rôle dans la lutte contre le changement climatique vont être sur le devant de la scène à Madrid. Enfin ?

Couvrant plus des deux tiers de la surface du globe, les océans fournissent en effet des services essentiels au maintien de la vie sur Terre. Plus de trois milliards de personnes doivent leur moyen d’existence à la biodiversité marine et côtière. Mais le rôle des océans en matière de régulation climatique est aussi crucial et méconnu : ils absorbent plus de 25 % du CO2 émis chaque année par l’homme et fournissent 50 % de l’oxygène produit sur la planète. Ils absorbent également plus de 90 % de la chaleur résultant des émissions de gaz à effet de serre.


Mieux protéger les océans

Maintenir des océans en bonne santé est donc primordial pour limiter les impacts des changements climatiques. Lors de cette COP à Madrid, l’enjeu est de faire en sorte que les océans – et leur préservation face à  l’acidification, la surexploitation, la pollution… –   soient bien pris en compte dans les négociations sur le climat et par l’ensemble des pays.

Le rapport spécial du GIEC sur les océans et la cryosphère, publié en septembre, va tout d’abord faire l’objet de débats et d’une possible adoption par la COP. C’est une étape importante compte tenu de ses implications (lire notre note de synthèse sur ce rapport).

Plusieurs initiatives majeures visant à mieux protéger les océans vont par ailleurs être annoncées dans les jours qui viennent. Le Chili, pays aux 6 000 km de littoral, qui préside la COP, a fait de cet enjeu une priorité. 

Des recommandations opérationnelles claires vont également être présentées pour inclure dans les Contributions déterminées au niveau national (CDN) des solutions fondées sur les écosystèmes océaniques (mangroves, herbiers et forêt d'algues…).
 

Si l’océan est particulièrement vulnérable aux changements climatiques, il est également une partie de la solution pour lutter contre le réchauffement planétaire. 

Plateforme Océan et climat

Cette COP est aussi une opportunité pour comprendre l'interdépendance entre système climatique et biodiversité et mieux agir. La France s’est en effet engagée à faire de la biodiversité une priorité mondiale en vue de l’adoption d’un accord à l’automne 2020 lors de la conférence des parties de la convention sur la diversité biologique (CDB) en Chine. Les enjeux de lutte contre le changement climatique et de préservation de la biodiversité apparaissent plus que jamais interdépendants.

L’Agence française de développement soutient et accompagne ces ambitions françaises. Et finance depuis longtemps des projets en lien avec les océans : entre 2008 et 2018, ces financements ont permis d’accompagner 251 projets de développement pour un montant total de 4,8 milliards d’euros. Le climat et la biodiversité font également partie des priorités stratégiques de l’AFD.


Un portage de haut niveau

Cet événement sur le Pavillon France à Madrid va permettre d’ouvrir la COP « bleue » en présence notamment de Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Valérie Masson-Delmotte (co-présidente du groupe nᵒ1 du GIEC) et de Rémy Rioux (directeur général de l’AFD).

C’est la Plateforme océan et climat (POC) qui est à la manœuvre. La POC est une coalition de 70 acteurs rassemblés autour du message suivant : « Un océan en bonne santé, un climat protégé ». Depuis 2014, elle travaille à une meilleure compréhension des interactions océan-climat et à l’intégration des océans dans les négociations climatiques. Elle apporte une expertise scientifique, mène des actions de mobilisation de la société civile et fournit un soutien et une expertise au gouvernement français. L’AFD soutient financièrement les actions de la plateforme depuis mai 2019.