Facilité 2050

Facilité 2050

Afin d’accompagner une trentaine de pays en développement parmi les plus émissifs ou les plus vulnérables dans leur transition vers un modèle de développement bas carbone et résilient, l’AFD a créé un outil de subvention dédié : la Facilité 2050.
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L’Accord de Paris invite chaque partie à formuler et communiquer des stratégies à long terme de développement à faible émission de gaz à effet de serre (GES). Chaque stratégie doit inclure une trajectoire à horizon 2050 prenant en compte les changements institutionnels, économiques et financiers, technologiques et sociaux nécessaires pour concourir à un développement durable et sobre en carbone dans un environnement plus résilient.

Accompagner les pays partenaires de l’AFD dans la mise en place de cette trajectoire, tel est l’objectif de la Facilité 2050, créée en 2018 dans le cadre des engagements français pris lors du One Planet Summit à Paris.

Dotée de 30 millions d’euros sous forme de subventions et mise en œuvre par l’AFD, cette nouvelle facilité finance des études et des programmes de renforcement de capacités. Elle est également conçue comme un outil de dialogue pour l’analyse de scénarios de long terme. 

Sa création initie une démarche de coopération pluriannuelle avec une trentaine de pays que l’AFD accompagne dans leur stratégie de transition, dans le respect des objectifs fixés par l’Accord de Paris. 

Contexte

Facilité 2050, AFD
Poursuivre un développement compatible avec la lutte contre le changement climatique

Les effets déjà constatés du réchauffement climatique (montée du niveau des mers, sécheresse, inondations ou catastrophes météorologiques) font peser de nouveaux risques sur les trajectoires de développement des pays les plus pauvres et fragilisent les progrès réalisés ces dernières décennies sur le plan socio-économique. 

Souvent, faute de pouvoir quantifier le degré des impacts à venir, de nombreux gouvernements se voient freinés dans leur volonté de construire et financer des politiques de développement à la mesure de ces nouveaux enjeux. 

Il est pourtant impératif de parvenir à diminuer les conséquences du réchauffement climatique en réduisant le plus rapidement possible nos émissions de GES. Les pays les plus émetteurs doivent fournir un effort particulier en fonction de leurs moyens et de ceux mobilisés par la communauté internationale.

Les acteurs du développement doivent, quant à eux, œuvrer à la diffusion de la prise en compte du climat à tous les niveaux de prise de décision, en mobilisant des financements de politiques d’adaptation au changement climatique et de réduction des émissions de GES dans les pays d’intervention, en particulier dans les investissements longue durée (énergie, agriculture, foresterie et autres affectations des terres, transports, bâtiments, industrie, aménagement du territoire). 


Contributions déterminées au niveau national et stratégies à long terme : vers une approche intégrée

Les contributions déterminées au niveau national (CDN) sont une exigence de l’Accord de Paris. Chaque pays doit ainsi communiquer régulièrement sur les actions mises en place pour réduire ses émissions de GES. C’est tout l’objectif des plans climat, qui font l’objet de révisions régulières. Ceux-ci doivent fournir la preuve des efforts réalisés par chaque pays pour maintenir l’augmentation de la température mondiale nettement en dessous de 2 °C et d’efforts plus soutenus pour limiter cette hausse à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. 

Si la définition des CDN est un exercice nécessaire, leur horizon à moyen terme ne permet pas, dans la plupart des cas, de repenser en profondeur les modèles de développement, ni d’intégrer des objectifs à la mesure de ceux fixés par l’Accord de Paris.

À l’inverse, l’élaboration de stratégies à long terme (SLT) permet d’explorer différents scénarios de décarbonation à l’échelle d’un pays, contribuant ainsi à guider les décisions de plus court terme, dont les objectifs révisés des CDN. Les SLT constituent ainsi une opportunité, pour les gouvernements, d’anticiper les coûts budgétaires et financiers de leurs actions et de définir les réformes politiques et les investissements prioritaires pour assurer un avenir résilient et sobre en carbone. Elles constituent également un guide précieux pour les acteurs de la finance et du développement désireux de soutenir un développement durable et inclusif. 

Pour essentielles qu’elles soient, les SLT sont encore perfectibles. Une meilleure prise en compte, dès leur phase de conception, des Objectifs de développement durable, serait notamment souhaitable. La mobilisation de l’ensemble des parties prenantes à chaque étape de leur élaboration favoriserait également une meilleure compréhension par tous des transformations qu'elles entraînent, qui pourraient faire l’objet d’un nouveau contrat social.

La réponse de l'AFD

Facilité 2050, AFD

La Facilité 2050 a pour objectif de mener des actions de coopération technique et de renforcement des capacités. Pour cela, elle finance des études dont les recommandations ont vocation à contribuer aux réflexions des pays engagés dans l’élaboration de stratégies à long terme. La facilité peut œuvrer à la définition d’objectifs sectoriels et/ou à la redéfinition de politiques publiques permettant d’impulser la transition, et/ou la mise en œuvre dans des secteurs à forts enjeux pour le climat.

L’appropriation est assurée par l’ancrage institutionnel des appuis, la participation d’institutions des pays partenaires (ministères, universités, centres de recherche, think tank…), ainsi que par la concertation des parties prenantes et de différents acteurs (publics et privés, société civile) dans l’élaboration des scénarios et le partage des résultats.

Les possibilités d’interventions sont multiples et peuvent couvrir

  • la modélisation macroéconomique de la transition, notamment via le déploiement du modèle GEMMES de l’AFD
  • la transition énergétique : modélisation sectorielle des trajectoires énergétiques, renforcement de capacités en lien avec des outils de modélisation ; modélisation et optimisation des systèmes électriques ; impacts macroéconomiques de la transition énergétique, risques de transition
  • la mobilité et le développement urbain feuille de route pour la décarbonation du secteur, schéma transport long terme, aménagement du territoire, politiques de mobilité, politiques de développement urbain, appuis à l’intégration des politiques climat
  • la transition écologique et les ressources naturelles : stratégies long terme de protection et gestion des ressources forestières, des ressources en eau dans leurs usages multiples, de développement rural, d'aménagement du territoire, de couverture des besoins alimentaires
  • la transition démographique et sociale : évaluation des impacts et développement de politiques en matière de protection sociale adaptative, schémas de redéploiement des ressources alimentant les subventions aux énergies fossiles, formation professionnelle et transition juste.

Les projets

Facilité 2050, AFD
Algérie
  • Étude prospective sur les scénarios de transition énergétique à l’horizon 2050

L’Algérie fait partie des principaux pays exportateurs de gaz dans le monde, avec un modèle économique fortement dépendant des hydrocarbures. Fort d’une volonté de réduction de ses émissions de GES, de 7 % à 22 % à l’horizon 2030, le ministère de l’Énergie algérien a sollicité la Facilité 2050 pour soutenir une coopération technique sur la modélisation de sa transition énergétique et de sa trajectoire de développement à l’horizon 2050.

Brésil
  • Appui à l’élaboration de trajectoires de développement bas carbone et résilientes au Ceara et Nordeste

La région semi-aride du Nordeste brésilien, et en particulier l’État du Ceará, fait face à une grave sécheresse pluriannuelle qui, associée à l’augmentation des besoins dans les zones métropolitaines, a placé la question de l’eau au centre de l'agenda politique national. Dans ce contexte, l’appui de la Facilité 2050 consiste à octroyer à l’État du Ceará, à travers sa Fondation de météorologie et ressources hydriques (FUNCEME), une subvention pour l’élaboration de trajectoires de développement durable limitant l’empreinte carbone.     

Le financement proposé vise à appuyer la FUNCEME et ses partenaires pour des actions de recherche et de renforcement de capacités, selon trois axes principaux : analyse des impacts du changement climatique sur le lien eau/énergie/agriculture et évaluation des effets des politiques publiques ; identification de trajectoires de développement agricole avec des pratiques moins émettrices, dans une perspective de transition agroécologique ; renforcement des capacités des institutions du secteur hydrique pour développer des instruments et des voies de développement inclusives à faibles émissions.

Burkina Faso
  • Appui à la formulation de la stratégie à long terme de développement bas-carbone et résilient 

Un financement a été accordé au ministère de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique du Burkina Faso afin d’appuyer les autorités à conduire le processus d’élaboration d’une stratégie à long terme (SLT, horizon 2050) de développement bas-carbone et résilient, ou « LT-LEDS » en anglais (Long Term - Low Emission Development Strategy).

Parmi les effets attendus : le renforcement du dialogue sur les enjeux climat/développement au Burkina Faso, notamment dans des secteurs stratégiques pour l’AFD (développement rural, énergie). Le Burkina Faso serait l'un des rares pays d’Afrique de l’Ouest à élaborer une stratégie à long terme. La réussite de l’exercice pourrait inciter ses voisins à faire de même.

Cambodge
  • Modélisation des scénarios de transition énergétique à horizon 2050

Dans un contexte de forte croissance de l’économie cambodgienne, la demande en électricité est particulièrement soutenue (prévisions de +15 % par an en moyenne jusqu’à 2040). Les défis sont nombreux afin d’assurer un accès à l’électricité pour tous et abordable, ainsi qu’une sécurité et une indépendance énergétique à long terme, tout en respectant les engagements de l’Accord de Paris. Ce projet réalisé en collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances soutient notamment la modélisation de scénarios de transition énergétique à horizon 2050 afin de nourrir les futures décisions de politique énergétique. 

Chine
  • Dialogues de politique publique autour de la trajectoire de transition énergétique

La Facilité 2050 appuie la mise en œuvre de dialogues de politique publique engagés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avec les autorités chinoises, en finançant des études pour contribuer aux réflexions liées à l’élaboration d’une stratégie à long terme, la mise en œuvre d’un marché national d’émissions de GES et l’optimisation du système électrique dans la perspective d’intégrer davantage d’énergies renouvelables intermittentes dans le réseau.

Colombie
  • Élaboration de la stratégie 2050 de développement bas-carbone et résilient

La Facilité 2050 soutient le ministère de l’Environnement et du Développement durable colombien pour mener à bien différentes activités (études, consultations des parties prenantes, appuis de consultants…), qui doivent aboutir à la publication de sa stratégie de long terme. Celle-ci constituera la feuille de route de la transition du pays vers la décarbonation de son économie, tout en intégrant les enjeux d’adaptation au changement climatique et la gestion du risque de désastres. Ce projet est mis en œuvre par Expertise France

  • Comprendre l'impact sur l’économie et le système financier colombien du risque de transition climatique

La Facilité 2050 a permis le financement d’une étude démontrant aux pouvoirs publics colombiens, aux acteurs privés et aux parties prenantes de la société civile les impacts négatifs potentiels des transitions bas carbone sur l’économie et le système financier colombiens, si elles ne sont pas bien gérées. L’analyse microéconomique menée par le Climate Policy Initiative (CPI) et l’université de Los Andes porte notamment sur l’impact sur les activités d’exploitation du charbon et du pétrole colombien, qui représentent 60% des exportations du pays.     

L’étude met en avant les conséquences sur la stabilité du système financier, l’équilibre des finances publiques et l'impact sur les travailleurs, communautés, entreprises et territoires particulièrement exposés. Elle propose également une série de recommandations pour atténuer ces risques et leurs impacts et accélérer la transition bas-carbone. 

COSTA RICA
  • Appui à l’organisation, la gestion et le pilotage du plan national de décarbonation

Le 24 février 2019, le gouvernement de Carlos Alvarado, élu 10 mois plus tôt, a présenté son plan national de décarbonation (PND), dont l’objectif est de faire du Costa Rica un pays neutre en carbone d’ici 2050. Ce PND a été déposé auprès de la CCNUCC en décembre 2019 en tant que stratégie à long terme en vertu de l’Accord de Paris. L’AFD et la BID soutiennent financièrement et techniquement la mise en œuvre du PND dans le cadre d’un dialogue avec l’État du Costa Rica portant sur les axes prioritaires du PND (transport, secteur AFOLU - Agriculture, foresterie et autres utilisations des terres) et sur les sujets transversaux de gouvernance climat comme le cadre institutionnel, réglementaire et financier. 

Dans ce cadre, le projet soutenu par la Facilité 2050 vise à apporter des appuis de coopération technique pour aider les institutions à se structurer et à mettre en place des outils nécessaires à la mise en œuvre du plan de décarbonation sur le long terme : appui organisationnel au ministère de l’Environnement et de l’Energie et tout particulièrement à la cellule en charge de la lutte contre le changement climatique, consolidation du dispositif mesure/notification/vérification (MNV) créé en septembre 2019 pour accompagner la mise en œuvre du PND à l’échelle sectorielle et de sa plateforme SINAMECC, élaboration d’un dispositif de suivi des résultats du PND, renforcement de compétences et appui à la cellule changement climatique du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. 

Côte d'Ivoire
  •  Développement d’un outil de modélisation pour accompagner la définition de la stratégie de transition énergétique à horizon 2050

Dans le cadre du défi électrique de la Côte d'Ivoire d’ici 2050, qui consiste à concilier développement économique et engagements climatiques, les objectifs de l’appui sont les suivants : 
-  Produire des outils d’aide à la décision permettant au ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie de tenir compte des enjeux de lutte contre la pauvreté et contre le changement climatique dans sa politique de transition énergétique.
- Renforcer les capacités nationales (notamment MMPE, CI-ENERGIES, Institut national polytechnique Felix Houphouët-Boigny et Cellule d’analyse de politiques économiques du Cires- CAPEC) en modélisation du secteur de l’énergie et sur la compréhension des liens entre trajectoire de transition énergétique, lutte contre la pauvreté et lutte contre le changement climatique.
- Développer un modèle du secteur de l’énergie couplé avec un modèle macroéconomique permettant d’élaborer différents scénarios de transition énergétique avec leurs impacts sur les grands indicateurs macroéconomiques (emploi, PIB, balance commerciale, consommation, investissement) et en termes de lutte contre la pauvreté et contre le changement climatique. 

Éthiopie
  • Appui à la formulation de la stratégie à long terme de développement bas-carbone et résilient (LT-LEDS)

L'Éthiopie est très vulnérable aux impacts négatifs du changement climatique, l'agriculture, l'eau et l'énergie étant les secteurs les plus sensibles au climat. Depuis 2010, le pays s'est engagé à lutter contre le changement climatique avec l'adoption d'une stratégie pour une économie verte résiliente au changement climatique pour traiter à la fois l'adaptation au changement climatique et son atténuation. En 2015, dans le cadre de l'Accord de Paris, le gouvernement éthiopien a pris l'initiative de publier une ambitieuse contribution déterminée au niveau national (CDN) visant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64 % d'ici 2030, par rapport aux affaires courantes. En juillet 2021, l'Éthiopie a publié une CDN actualisée dont l'ambition a clairement progressé, avec un objectif de réduction des émissions de 69 % d'ici 2030 par rapport aux affaires courantes.

Suite à l'appel de l'Accord de Paris, le gouvernement éthiopien a formulé une demande de soutien pour déployer sa stratégie de développement à long terme à faibles émissions et résiliente (LT-LEDS).

Ce projet soutient le gouvernement éthiopien dans l’élaboration de son document LT-LEDS (horizon 2050) afin de le soumettre à la CCNUCC en 2022.  Il va notamment :
- Identifier l'évolution potentielle de secteurs spécifiques dans un scénario d’affaires courantes, les principaux facteurs d'émissions et leurs tendances, et les facteurs clés de la demande.
- Identifier les options de développement à faible émission de carbone techniquement, politiquement et économiquement réalisables, susceptibles d'atténuer la croissance des émissions de GES et de renforcer les puits et la résilience du pays, en étroite consultation avec les parties prenantes.
- Rédiger la vision à long terme avec les objectifs stratégiques en matière de climat et de développement, et la voie possible pour sa mise en œuvre. 
- Évaluer le coût de la mise en œuvre de la trajectoire et les options et instruments de financement potentiels des options à faible émission de carbone en fonction des besoins d'investissement,
- Évaluer le potentiel d'égalité des sexes, d'autonomisation des femmes, d'inclusion sociale et de réduction de la pauvreté dans les options à faible émission de carbone proposées, 
- Proposer des options politiques et un plan d'action de mise en œuvre qui peuvent aider à réaliser le potentiel d'atténuation quantifié.

Inde
  • Énergie et émissions pour une qualité de vie souhaitée pour tous

Afin d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et ses contributions déterminées au niveau national (CDN) en termes de changement climatique, l’Inde a besoin d’une planification stratégique lui permettant de découpler la réalisation des objectifs de développement de sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles.

La Facilité 2050 finance une étude menée par le Center for Study of Science, Technology and Policy (CSTEP, l'un des think tanks les plus influents d'Asie du Sud) qui examine les questions de recherche suivantes : quelles seraient les implications pour l'Inde en termes de matériaux, d'énergie et d'émissions si elle parvenait à atteindre un niveau de vie souhaité pour tous ? Comment le niveau de vie souhaité pour tous peut-il être quantifié en termes d'objectifs nationaux de développement ? Dans quelle mesure les besoins énergétiques futurs de l'Inde peuvent-ils être couverts par des sources d'énergie non fossiles afin d'être compatibles avec les aspirations mondiales visant à limiter le réchauffement à moins de 1,50°C ?

Les résultats permettront avant tout de développer un modèle qui sert de banc d'essai pour l'évaluation des politiques, en articulant des options autour de la résilience au changement climatique et des stratégies à long terme compatibles avec l’Accord de Paris pour l'Inde ; d'enrichir le débat sur les trajectoires futures de l’Inde et apporter des éléments essentiels à la stratégie indienne à l’horizon 2050, et enfin de créer une base de connaissances permettant des discussions informées sur les stratégies d'approvisionnement, les matériaux et combustibles alternatifs, les technologies, etc.

Indonésie
  • Étude sur l’efficacité énergétique dans le cadre d’une initiative sur la transition bas-carbone

La politique nationale de l’énergie indonésienne a pour objectif de réduire l’intensité énergétique du pays de 1 % par an jusqu’à 2025. Afin de définir les modalités de mise en œuvre d’une politique renouvelée et plus ambitieuse en matière d’efficacité énergique, notamment en réfléchissant à la mise en place d’éventuelles incitations financières et d’un cadre réglementaire plus adapté, le ministère du Plan indonésien souhaite renforcer ses outils de modélisation. Il souhaite également disposer de données actualisées pour définir des objectifs plus réalistes d’efficacité énergétique.

La Facilité 2050 soutient le développement d’un modèle permettant de formuler des recommandations en termes de politiques sectorielles, de réglementation et d’investissement, et contribue à l’élaboration d’un plan d’action efficacité énergétique pour le secteur industriel.

Maroc
  • Étude prospective sur les scénarios d’adaptation au changement climatique à l’horizon 2050

La Facilité 2050 appuie le ministère de l’Économie et des Finances marocain sur l’analyse des impacts de différents scénarios climatiques sur l’économie marocaine à travers le développement d’un modèle GEMMES (outil de modélisation développé par l’AFD), adapté à la réalité du pays. Une attention particulière est portée aux impacts du stress hydrique, notamment sur l’économie marocaine via le secteur agricole. Il s’agit d’interroger la viabilité du modèle de développement agricole axé sur l’irrigation dans un contexte d’aridification croissante, sur plusieurs décennies.

De façon plus générale, cet appui de modélisation permettra au pays de disposer d’un nouvel outil pour alimenter les travaux d’élaboration de la politique économique du royaume, et ce dans une perspective de long terme. Ce projet est complémentaire d’un appui mis en œuvre par la Plateforme 2050 Pathways pour accompagner le Maroc dans la formulation de sa stratégie à long terme. 

Mexique
  • Construire une trajectoire de résilience des municipalités les plus vulnérables au changement climatique

Dans le contexte de sa contribution déterminée au niveau national (CDN), dont l’adaptation constitue une partie très importante, le Mexique s’est engagé à réduire de 50 % le nombre de municipalités en situation de haute vulnérabilité au changement climatique, à mettre en place des actions pour la protection et la restauration des écosystèmes et atteindre un taux zéro de déforestation, et à générer un système de prévention des évènements hydrométéorologiques extrêmes dans tout le pays. Une ambition qui requiert un effort de long terme.

Le gouvernement mexicain a identifié 319 municipalités particulièrement vulnérables au changement climatique, ce qui représente environ un quart de la population nationale. C’est dans ce contexte que la Facilité 2050 l’aide à appuyer, dans un premier temps, au moins dix municipalités prioritaires dans la réduction de la vulnérabilité climatique à long terme. 

Le projet vise à accompagner le Mexique pour atteindre ses objectifs d’adaptation au niveau des municipalités, en mettant l'accent sur la planification de l’adaptation (priorités, investissements) dans les villes les plus vulnérables au changement climatique.

MOZAMBIQUE
  • Modélisation de la dynamique territoriale pour une gestion durable des terres (outil LANDSIM)

Le secteur des terres (forêt, changement d’affectation des terres et agriculture) constitue le principal facteur d’émission du Mozambique, et des objectifs ambitieux de réduction des émissions concernent ce secteur, avec de nombreux projets à l’appui. Cependant, des écarts significatifs d’estimation de GES existent selon les sources, soulignant la nécessité pour le pays de renforcer ses capacités méthodologiques dans ce domaine.

Le projet vise à créer un pôle de compétences locales en modélisation et analyse des dynamiques territoriales sur le secteur des terres au sein des institutions mozambicaines en charge (FNDS et Universités), en développant l’outil prototype LANDSIM (données spatialisées et simulations de dynamiques). 

Le projet permettra :

- de poursuivre le développement du prototype LANDSIM pour construire l’outil LUCCIA (Land Use and Climate Change Impact Assessment) en intégrant de nouvelles données et en l’opérationnalisant pour qu’il devienne un outil de simulation spatiotemporel permettant d’évaluer et d’orienter les investissements impactant l’évolution de l’usage des terres
- de calibrer LUCCIA avec l’étude de cas sur une région
- de l’utiliser à l’échelle nationale pour appuyer l’élaboration d’une trajectoire bas carbone et résiliente du secteur AFOLU (en lien avec les travaux de la stratégie long terme en cours) 
- et de renforcer les capacités nationales en matière de modélisation et d’analyse des dynamiques territoriales au service d’une trajectoire de développement bas carbone et résilient.

Namibie
  • Appui scientifique et technique au gouvernement pour lutter contre la sécheresse

La Namibie est le pays le plus sec d’Afrique australe. Afin de mieux préparer le pays à la gestion des sécheresses de plus en plus critiques, la Facilité 2050 met l’accent sur la formation des cadres et l’élaboration de documents simples directement interprétables pour des décisions de gestion intégrée des ressources en eau.

Le développement des compétences est proposé sous la forme d’un projet de formation complet, adapté aux besoins de l’administration namibienne, visant à faire monter en compétences les équipes des ministères concernés (techniciens, hydrogéologues, géomaticiens, géochimistes, etc), et de la participation à un projet de recherche appliquée mené par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et d’acteurs scientifiques locaux (comme le Service géologique de Namibie) visant à identifier des terrains susceptibles d’accueillir des projets de stockage souterrain par recharge artificielle.

Le BRGM propose également de contribuer à la réflexion en cours sur la planification et la gestion des épisodes de sécheresse en développant une carte de planification des ressources en eau pour les provinces d’Omusati et de Kunene auxquelles le gouvernement namibien porte une attention particulière.

Pakistan
  • Modélisation des émissions de GES

L’objectif de cet appui au ministère du Changement climatique (MoCC) est de compléter, au-delà du secteur de l'énergie, la modélisation des émissions de GES du pays. Les secteurs de l’agriculture, des forêts et de l’usage des sols, encore non couverts ou de façon imprécise par le modèle existant, y seront inclus. Cet appui vise également à développer un ensemble de scénarios de réduction compatibles avec les politiques publiques actuellement envisagées ou plus ambitieux. À terme, l’analyse menée identifiera les efforts d’abattement potentiels du niveau de GES par secteur et leur coût. 

Vanuatu
  • Impacts climatiques futurs et plans d’adaptation valorisant les savoirs écologiques locaux

La République de Vanuatu, archipel de plus de 80 îles situé au sud de l'océan Pacifique en Mélanésie, est l’un des quatre pays les moins avancés (PMA) de l’Océanie et l’un des pays les plus vulnérables à la menace climatique à l’échelle mondiale. 

Le projet Facilité 2050, porté par Météo France, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’AFD, vise à faciliter la formulation de plans d’adaptation au changement climatique au Vanuatu, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, ainsi qu’à accroître leur résilience grâce au développement de nouvelles données du climat futur, fiables et précises (d’ici 2100), qui n’existent pas à ce jour.

Il s’agira ainsi de produire des projections du climat futur à haute résolution sur le Pacifique Sud à une échelle de 20 km, puis de 2 km, pour capturer l’évolution du climat sur les îles hautes. De telles données inédites offriront aux décideurs des analyses d’impact du dérèglement climatique dans différents secteurs (ressources en eau, agriculture ou développement des maladies à vecteur) pour orienter les politiques publiques locales. L’élaboration des plans d’adaptation comprendra une étape de collecte des savoirs traditionnels, en particulier des savoirs écologiques locaux, pour qu’ils puissent être valorisés et fassent l’objet d’une transmission.

Vietnam
  • Analyse des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation à moyen et long terme

Le Vietnam est l’un des cinq pays au monde les plus vulnérables au changement climatique. Dans ce contexte, l’objectif de l’outil de modélisation GEMMES Vietnam développé par l’AFD est de proposer une étude intégrée des différents aspects des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation possiblement mises en œuvre dans le pays, pour l’accompagner dans la construction d’une trajectoire de développement résiliente. Ce projet est réalisé en collaboration avec la Direction du changement climatique du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement vietnamien et l’IRD.

Par ailleurs, la Facilité 2050 accompagne également le ministère du Plan et de l’Investissement dans l’intégration des enjeux climatiques dans ses stratégies et son plan de développement socio-économique. 

Multi-pays Afrique
  • Trajectoires de décarbonation profonde (Deep Decarbonization Pathways)

Portée par l’IDDRI, l’initiative DDP a pour objectif d’aider les États et les acteurs non étatiques à élaborer des scénarios de décarbonation. La Facilité 2050 prévoit de soutenir des appuis dans des pays africains (Nigéria, Sénégal : en cours d’identification) où la discussion d’objectifs climatiques de sobriété carbone et de résilience nécessite de s’inscrire d’emblée dans la perspective plus générale des trajectoires de développement visant à répondre aux urgences économiques, sociales et environnementales de court terme, et à satisfaire les besoins sur le long terme.

Facilité 2050

Afin d’accompagner une trentaine de pays en développement parmi les plus émissifs ou les plus vulnérables dans leur transition vers un modèle de développement bas carbone et résilient, l’AFD a créé un outil de subvention dédié : la Facilité 2050.
Logo Facilité 2050

 

L’Accord de Paris invite chaque partie à formuler et communiquer des stratégies à long terme de développement à faible émission de gaz à effet de serre (GES). Chaque stratégie doit inclure une trajectoire à horizon 2050 prenant en compte les changements institutionnels, économiques et financiers, technologiques et sociaux nécessaires pour concourir à un développement durable et sobre en carbone dans un environnement plus résilient.

Accompagner les pays partenaires de l’AFD dans la mise en place de cette trajectoire, tel est l’objectif de la Facilité 2050, créée en 2018 dans le cadre des engagements français pris lors du One Planet Summit à Paris.

Dotée de 30 millions d’euros sous forme de subventions et mise en œuvre par l’AFD, cette nouvelle facilité finance des études et des programmes de renforcement de capacités. Elle est également conçue comme un outil de dialogue pour l’analyse de scénarios de long terme. 

Sa création initie une démarche de coopération pluriannuelle avec une trentaine de pays que l’AFD accompagne dans leur stratégie de transition, dans le respect des objectifs fixés par l’Accord de Paris. 

Contexte

Facilité 2050, AFD
Poursuivre un développement compatible avec la lutte contre le changement climatique

Les effets déjà constatés du réchauffement climatique (montée du niveau des mers, sécheresse, inondations ou catastrophes météorologiques) font peser de nouveaux risques sur les trajectoires de développement des pays les plus pauvres et fragilisent les progrès réalisés ces dernières décennies sur le plan socio-économique. 

Souvent, faute de pouvoir quantifier le degré des impacts à venir, de nombreux gouvernements se voient freinés dans leur volonté de construire et financer des politiques de développement à la mesure de ces nouveaux enjeux. 

Il est pourtant impératif de parvenir à diminuer les conséquences du réchauffement climatique en réduisant le plus rapidement possible nos émissions de GES. Les pays les plus émetteurs doivent fournir un effort particulier en fonction de leurs moyens et de ceux mobilisés par la communauté internationale.

Les acteurs du développement doivent, quant à eux, œuvrer à la diffusion de la prise en compte du climat à tous les niveaux de prise de décision, en mobilisant des financements de politiques d’adaptation au changement climatique et de réduction des émissions de GES dans les pays d’intervention, en particulier dans les investissements longue durée (énergie, agriculture, foresterie et autres affectations des terres, transports, bâtiments, industrie, aménagement du territoire). 


Contributions déterminées au niveau national et stratégies à long terme : vers une approche intégrée

Les contributions déterminées au niveau national (CDN) sont une exigence de l’Accord de Paris. Chaque pays doit ainsi communiquer régulièrement sur les actions mises en place pour réduire ses émissions de GES. C’est tout l’objectif des plans climat, qui font l’objet de révisions régulières. Ceux-ci doivent fournir la preuve des efforts réalisés par chaque pays pour maintenir l’augmentation de la température mondiale nettement en dessous de 2 °C et d’efforts plus soutenus pour limiter cette hausse à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. 

Si la définition des CDN est un exercice nécessaire, leur horizon à moyen terme ne permet pas, dans la plupart des cas, de repenser en profondeur les modèles de développement, ni d’intégrer des objectifs à la mesure de ceux fixés par l’Accord de Paris.

À l’inverse, l’élaboration de stratégies à long terme (SLT) permet d’explorer différents scénarios de décarbonation à l’échelle d’un pays, contribuant ainsi à guider les décisions de plus court terme, dont les objectifs révisés des CDN. Les SLT constituent ainsi une opportunité, pour les gouvernements, d’anticiper les coûts budgétaires et financiers de leurs actions et de définir les réformes politiques et les investissements prioritaires pour assurer un avenir résilient et sobre en carbone. Elles constituent également un guide précieux pour les acteurs de la finance et du développement désireux de soutenir un développement durable et inclusif. 

Pour essentielles qu’elles soient, les SLT sont encore perfectibles. Une meilleure prise en compte, dès leur phase de conception, des Objectifs de développement durable, serait notamment souhaitable. La mobilisation de l’ensemble des parties prenantes à chaque étape de leur élaboration favoriserait également une meilleure compréhension par tous des transformations qu'elles entraînent, qui pourraient faire l’objet d’un nouveau contrat social.

La réponse de l'AFD

Facilité 2050, AFD

La Facilité 2050 a pour objectif de mener des actions de coopération technique et de renforcement des capacités. Pour cela, elle finance des études dont les recommandations ont vocation à contribuer aux réflexions des pays engagés dans l’élaboration de stratégies à long terme. La facilité peut œuvrer à la définition d’objectifs sectoriels et/ou à la redéfinition de politiques publiques permettant d’impulser la transition, et/ou la mise en œuvre dans des secteurs à forts enjeux pour le climat.

L’appropriation est assurée par l’ancrage institutionnel des appuis, la participation d’institutions des pays partenaires (ministères, universités, centres de recherche, think tank…), ainsi que par la concertation des parties prenantes et de différents acteurs (publics et privés, société civile) dans l’élaboration des scénarios et le partage des résultats.

Les possibilités d’interventions sont multiples et peuvent couvrir

  • la modélisation macroéconomique de la transition, notamment via le déploiement du modèle GEMMES de l’AFD
  • la transition énergétique : modélisation sectorielle des trajectoires énergétiques, renforcement de capacités en lien avec des outils de modélisation ; modélisation et optimisation des systèmes électriques ; impacts macroéconomiques de la transition énergétique, risques de transition
  • la mobilité et le développement urbain feuille de route pour la décarbonation du secteur, schéma transport long terme, aménagement du territoire, politiques de mobilité, politiques de développement urbain, appuis à l’intégration des politiques climat
  • la transition écologique et les ressources naturelles : stratégies long terme de protection et gestion des ressources forestières, des ressources en eau dans leurs usages multiples, de développement rural, d'aménagement du territoire, de couverture des besoins alimentaires
  • la transition démographique et sociale : évaluation des impacts et développement de politiques en matière de protection sociale adaptative, schémas de redéploiement des ressources alimentant les subventions aux énergies fossiles, formation professionnelle et transition juste.

Les projets

Facilité 2050, AFD
Algérie
  • Étude prospective sur les scénarios de transition énergétique à l’horizon 2050

L’Algérie fait partie des principaux pays exportateurs de gaz dans le monde, avec un modèle économique fortement dépendant des hydrocarbures. Fort d’une volonté de réduction de ses émissions de GES, de 7 % à 22 % à l’horizon 2030, le ministère de l’Énergie algérien a sollicité la Facilité 2050 pour soutenir une coopération technique sur la modélisation de sa transition énergétique et de sa trajectoire de développement à l’horizon 2050.

Brésil
  • Appui à l’élaboration de trajectoires de développement bas carbone et résilientes au Ceara et Nordeste

La région semi-aride du Nordeste brésilien, et en particulier l’État du Ceará, fait face à une grave sécheresse pluriannuelle qui, associée à l’augmentation des besoins dans les zones métropolitaines, a placé la question de l’eau au centre de l'agenda politique national. Dans ce contexte, l’appui de la Facilité 2050 consiste à octroyer à l’État du Ceará, à travers sa Fondation de météorologie et ressources hydriques (FUNCEME), une subvention pour l’élaboration de trajectoires de développement durable limitant l’empreinte carbone.     

Le financement proposé vise à appuyer la FUNCEME et ses partenaires pour des actions de recherche et de renforcement de capacités, selon trois axes principaux : analyse des impacts du changement climatique sur le lien eau/énergie/agriculture et évaluation des effets des politiques publiques ; identification de trajectoires de développement agricole avec des pratiques moins émettrices, dans une perspective de transition agroécologique ; renforcement des capacités des institutions du secteur hydrique pour développer des instruments et des voies de développement inclusives à faibles émissions.

Burkina Faso
  • Appui à la formulation de la stratégie à long terme de développement bas-carbone et résilient 

Un financement a été accordé au ministère de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique du Burkina Faso afin d’appuyer les autorités à conduire le processus d’élaboration d’une stratégie à long terme (SLT, horizon 2050) de développement bas-carbone et résilient, ou « LT-LEDS » en anglais (Long Term - Low Emission Development Strategy).

Parmi les effets attendus : le renforcement du dialogue sur les enjeux climat/développement au Burkina Faso, notamment dans des secteurs stratégiques pour l’AFD (développement rural, énergie). Le Burkina Faso serait l'un des rares pays d’Afrique de l’Ouest à élaborer une stratégie à long terme. La réussite de l’exercice pourrait inciter ses voisins à faire de même.

Cambodge
  • Modélisation des scénarios de transition énergétique à horizon 2050

Dans un contexte de forte croissance de l’économie cambodgienne, la demande en électricité est particulièrement soutenue (prévisions de +15 % par an en moyenne jusqu’à 2040). Les défis sont nombreux afin d’assurer un accès à l’électricité pour tous et abordable, ainsi qu’une sécurité et une indépendance énergétique à long terme, tout en respectant les engagements de l’Accord de Paris. Ce projet réalisé en collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances soutient notamment la modélisation de scénarios de transition énergétique à horizon 2050 afin de nourrir les futures décisions de politique énergétique. 

Chine
  • Dialogues de politique publique autour de la trajectoire de transition énergétique

La Facilité 2050 appuie la mise en œuvre de dialogues de politique publique engagés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avec les autorités chinoises, en finançant des études pour contribuer aux réflexions liées à l’élaboration d’une stratégie à long terme, la mise en œuvre d’un marché national d’émissions de GES et l’optimisation du système électrique dans la perspective d’intégrer davantage d’énergies renouvelables intermittentes dans le réseau.

Colombie
  • Élaboration de la stratégie 2050 de développement bas-carbone et résilient

La Facilité 2050 soutient le ministère de l’Environnement et du Développement durable colombien pour mener à bien différentes activités (études, consultations des parties prenantes, appuis de consultants…), qui doivent aboutir à la publication de sa stratégie de long terme. Celle-ci constituera la feuille de route de la transition du pays vers la décarbonation de son économie, tout en intégrant les enjeux d’adaptation au changement climatique et la gestion du risque de désastres. Ce projet est mis en œuvre par Expertise France

  • Comprendre l'impact sur l’économie et le système financier colombien du risque de transition climatique

La Facilité 2050 a permis le financement d’une étude démontrant aux pouvoirs publics colombiens, aux acteurs privés et aux parties prenantes de la société civile les impacts négatifs potentiels des transitions bas carbone sur l’économie et le système financier colombiens, si elles ne sont pas bien gérées. L’analyse microéconomique menée par le Climate Policy Initiative (CPI) et l’université de Los Andes porte notamment sur l’impact sur les activités d’exploitation du charbon et du pétrole colombien, qui représentent 60% des exportations du pays.     

L’étude met en avant les conséquences sur la stabilité du système financier, l’équilibre des finances publiques et l'impact sur les travailleurs, communautés, entreprises et territoires particulièrement exposés. Elle propose également une série de recommandations pour atténuer ces risques et leurs impacts et accélérer la transition bas-carbone. 

COSTA RICA
  • Appui à l’organisation, la gestion et le pilotage du plan national de décarbonation

Le 24 février 2019, le gouvernement de Carlos Alvarado, élu 10 mois plus tôt, a présenté son plan national de décarbonation (PND), dont l’objectif est de faire du Costa Rica un pays neutre en carbone d’ici 2050. Ce PND a été déposé auprès de la CCNUCC en décembre 2019 en tant que stratégie à long terme en vertu de l’Accord de Paris. L’AFD et la BID soutiennent financièrement et techniquement la mise en œuvre du PND dans le cadre d’un dialogue avec l’État du Costa Rica portant sur les axes prioritaires du PND (transport, secteur AFOLU - Agriculture, foresterie et autres utilisations des terres) et sur les sujets transversaux de gouvernance climat comme le cadre institutionnel, réglementaire et financier. 

Dans ce cadre, le projet soutenu par la Facilité 2050 vise à apporter des appuis de coopération technique pour aider les institutions à se structurer et à mettre en place des outils nécessaires à la mise en œuvre du plan de décarbonation sur le long terme : appui organisationnel au ministère de l’Environnement et de l’Energie et tout particulièrement à la cellule en charge de la lutte contre le changement climatique, consolidation du dispositif mesure/notification/vérification (MNV) créé en septembre 2019 pour accompagner la mise en œuvre du PND à l’échelle sectorielle et de sa plateforme SINAMECC, élaboration d’un dispositif de suivi des résultats du PND, renforcement de compétences et appui à la cellule changement climatique du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. 

Côte d'Ivoire
  •  Développement d’un outil de modélisation pour accompagner la définition de la stratégie de transition énergétique à horizon 2050

Dans le cadre du défi électrique de la Côte d'Ivoire d’ici 2050, qui consiste à concilier développement économique et engagements climatiques, les objectifs de l’appui sont les suivants : 
-  Produire des outils d’aide à la décision permettant au ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie de tenir compte des enjeux de lutte contre la pauvreté et contre le changement climatique dans sa politique de transition énergétique.
- Renforcer les capacités nationales (notamment MMPE, CI-ENERGIES, Institut national polytechnique Felix Houphouët-Boigny et Cellule d’analyse de politiques économiques du Cires- CAPEC) en modélisation du secteur de l’énergie et sur la compréhension des liens entre trajectoire de transition énergétique, lutte contre la pauvreté et lutte contre le changement climatique.
- Développer un modèle du secteur de l’énergie couplé avec un modèle macroéconomique permettant d’élaborer différents scénarios de transition énergétique avec leurs impacts sur les grands indicateurs macroéconomiques (emploi, PIB, balance commerciale, consommation, investissement) et en termes de lutte contre la pauvreté et contre le changement climatique. 

Éthiopie
  • Appui à la formulation de la stratégie à long terme de développement bas-carbone et résilient (LT-LEDS)

L'Éthiopie est très vulnérable aux impacts négatifs du changement climatique, l'agriculture, l'eau et l'énergie étant les secteurs les plus sensibles au climat. Depuis 2010, le pays s'est engagé à lutter contre le changement climatique avec l'adoption d'une stratégie pour une économie verte résiliente au changement climatique pour traiter à la fois l'adaptation au changement climatique et son atténuation. En 2015, dans le cadre de l'Accord de Paris, le gouvernement éthiopien a pris l'initiative de publier une ambitieuse contribution déterminée au niveau national (CDN) visant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64 % d'ici 2030, par rapport aux affaires courantes. En juillet 2021, l'Éthiopie a publié une CDN actualisée dont l'ambition a clairement progressé, avec un objectif de réduction des émissions de 69 % d'ici 2030 par rapport aux affaires courantes.

Suite à l'appel de l'Accord de Paris, le gouvernement éthiopien a formulé une demande de soutien pour déployer sa stratégie de développement à long terme à faibles émissions et résiliente (LT-LEDS).

Ce projet soutient le gouvernement éthiopien dans l’élaboration de son document LT-LEDS (horizon 2050) afin de le soumettre à la CCNUCC en 2022.  Il va notamment :
- Identifier l'évolution potentielle de secteurs spécifiques dans un scénario d’affaires courantes, les principaux facteurs d'émissions et leurs tendances, et les facteurs clés de la demande.
- Identifier les options de développement à faible émission de carbone techniquement, politiquement et économiquement réalisables, susceptibles d'atténuer la croissance des émissions de GES et de renforcer les puits et la résilience du pays, en étroite consultation avec les parties prenantes.
- Rédiger la vision à long terme avec les objectifs stratégiques en matière de climat et de développement, et la voie possible pour sa mise en œuvre. 
- Évaluer le coût de la mise en œuvre de la trajectoire et les options et instruments de financement potentiels des options à faible émission de carbone en fonction des besoins d'investissement,
- Évaluer le potentiel d'égalité des sexes, d'autonomisation des femmes, d'inclusion sociale et de réduction de la pauvreté dans les options à faible émission de carbone proposées, 
- Proposer des options politiques et un plan d'action de mise en œuvre qui peuvent aider à réaliser le potentiel d'atténuation quantifié.

Inde
  • Énergie et émissions pour une qualité de vie souhaitée pour tous

Afin d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et ses contributions déterminées au niveau national (CDN) en termes de changement climatique, l’Inde a besoin d’une planification stratégique lui permettant de découpler la réalisation des objectifs de développement de sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles.

La Facilité 2050 finance une étude menée par le Center for Study of Science, Technology and Policy (CSTEP, l'un des think tanks les plus influents d'Asie du Sud) qui examine les questions de recherche suivantes : quelles seraient les implications pour l'Inde en termes de matériaux, d'énergie et d'émissions si elle parvenait à atteindre un niveau de vie souhaité pour tous ? Comment le niveau de vie souhaité pour tous peut-il être quantifié en termes d'objectifs nationaux de développement ? Dans quelle mesure les besoins énergétiques futurs de l'Inde peuvent-ils être couverts par des sources d'énergie non fossiles afin d'être compatibles avec les aspirations mondiales visant à limiter le réchauffement à moins de 1,50°C ?

Les résultats permettront avant tout de développer un modèle qui sert de banc d'essai pour l'évaluation des politiques, en articulant des options autour de la résilience au changement climatique et des stratégies à long terme compatibles avec l’Accord de Paris pour l'Inde ; d'enrichir le débat sur les trajectoires futures de l’Inde et apporter des éléments essentiels à la stratégie indienne à l’horizon 2050, et enfin de créer une base de connaissances permettant des discussions informées sur les stratégies d'approvisionnement, les matériaux et combustibles alternatifs, les technologies, etc.

Indonésie
  • Étude sur l’efficacité énergétique dans le cadre d’une initiative sur la transition bas-carbone

La politique nationale de l’énergie indonésienne a pour objectif de réduire l’intensité énergétique du pays de 1 % par an jusqu’à 2025. Afin de définir les modalités de mise en œuvre d’une politique renouvelée et plus ambitieuse en matière d’efficacité énergique, notamment en réfléchissant à la mise en place d’éventuelles incitations financières et d’un cadre réglementaire plus adapté, le ministère du Plan indonésien souhaite renforcer ses outils de modélisation. Il souhaite également disposer de données actualisées pour définir des objectifs plus réalistes d’efficacité énergétique.

La Facilité 2050 soutient le développement d’un modèle permettant de formuler des recommandations en termes de politiques sectorielles, de réglementation et d’investissement, et contribue à l’élaboration d’un plan d’action efficacité énergétique pour le secteur industriel.

Maroc
  • Étude prospective sur les scénarios d’adaptation au changement climatique à l’horizon 2050

La Facilité 2050 appuie le ministère de l’Économie et des Finances marocain sur l’analyse des impacts de différents scénarios climatiques sur l’économie marocaine à travers le développement d’un modèle GEMMES (outil de modélisation développé par l’AFD), adapté à la réalité du pays. Une attention particulière est portée aux impacts du stress hydrique, notamment sur l’économie marocaine via le secteur agricole. Il s’agit d’interroger la viabilité du modèle de développement agricole axé sur l’irrigation dans un contexte d’aridification croissante, sur plusieurs décennies.

De façon plus générale, cet appui de modélisation permettra au pays de disposer d’un nouvel outil pour alimenter les travaux d’élaboration de la politique économique du royaume, et ce dans une perspective de long terme. Ce projet est complémentaire d’un appui mis en œuvre par la Plateforme 2050 Pathways pour accompagner le Maroc dans la formulation de sa stratégie à long terme. 

Mexique
  • Construire une trajectoire de résilience des municipalités les plus vulnérables au changement climatique

Dans le contexte de sa contribution déterminée au niveau national (CDN), dont l’adaptation constitue une partie très importante, le Mexique s’est engagé à réduire de 50 % le nombre de municipalités en situation de haute vulnérabilité au changement climatique, à mettre en place des actions pour la protection et la restauration des écosystèmes et atteindre un taux zéro de déforestation, et à générer un système de prévention des évènements hydrométéorologiques extrêmes dans tout le pays. Une ambition qui requiert un effort de long terme.

Le gouvernement mexicain a identifié 319 municipalités particulièrement vulnérables au changement climatique, ce qui représente environ un quart de la population nationale. C’est dans ce contexte que la Facilité 2050 l’aide à appuyer, dans un premier temps, au moins dix municipalités prioritaires dans la réduction de la vulnérabilité climatique à long terme. 

Le projet vise à accompagner le Mexique pour atteindre ses objectifs d’adaptation au niveau des municipalités, en mettant l'accent sur la planification de l’adaptation (priorités, investissements) dans les villes les plus vulnérables au changement climatique.

MOZAMBIQUE
  • Modélisation de la dynamique territoriale pour une gestion durable des terres (outil LANDSIM)

Le secteur des terres (forêt, changement d’affectation des terres et agriculture) constitue le principal facteur d’émission du Mozambique, et des objectifs ambitieux de réduction des émissions concernent ce secteur, avec de nombreux projets à l’appui. Cependant, des écarts significatifs d’estimation de GES existent selon les sources, soulignant la nécessité pour le pays de renforcer ses capacités méthodologiques dans ce domaine.

Le projet vise à créer un pôle de compétences locales en modélisation et analyse des dynamiques territoriales sur le secteur des terres au sein des institutions mozambicaines en charge (FNDS et Universités), en développant l’outil prototype LANDSIM (données spatialisées et simulations de dynamiques). 

Le projet permettra :

- de poursuivre le développement du prototype LANDSIM pour construire l’outil LUCCIA (Land Use and Climate Change Impact Assessment) en intégrant de nouvelles données et en l’opérationnalisant pour qu’il devienne un outil de simulation spatiotemporel permettant d’évaluer et d’orienter les investissements impactant l’évolution de l’usage des terres
- de calibrer LUCCIA avec l’étude de cas sur une région
- de l’utiliser à l’échelle nationale pour appuyer l’élaboration d’une trajectoire bas carbone et résiliente du secteur AFOLU (en lien avec les travaux de la stratégie long terme en cours) 
- et de renforcer les capacités nationales en matière de modélisation et d’analyse des dynamiques territoriales au service d’une trajectoire de développement bas carbone et résilient.

Namibie
  • Appui scientifique et technique au gouvernement pour lutter contre la sécheresse

La Namibie est le pays le plus sec d’Afrique australe. Afin de mieux préparer le pays à la gestion des sécheresses de plus en plus critiques, la Facilité 2050 met l’accent sur la formation des cadres et l’élaboration de documents simples directement interprétables pour des décisions de gestion intégrée des ressources en eau.

Le développement des compétences est proposé sous la forme d’un projet de formation complet, adapté aux besoins de l’administration namibienne, visant à faire monter en compétences les équipes des ministères concernés (techniciens, hydrogéologues, géomaticiens, géochimistes, etc), et de la participation à un projet de recherche appliquée mené par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et d’acteurs scientifiques locaux (comme le Service géologique de Namibie) visant à identifier des terrains susceptibles d’accueillir des projets de stockage souterrain par recharge artificielle.

Le BRGM propose également de contribuer à la réflexion en cours sur la planification et la gestion des épisodes de sécheresse en développant une carte de planification des ressources en eau pour les provinces d’Omusati et de Kunene auxquelles le gouvernement namibien porte une attention particulière.

Pakistan
  • Modélisation des émissions de GES

L’objectif de cet appui au ministère du Changement climatique (MoCC) est de compléter, au-delà du secteur de l'énergie, la modélisation des émissions de GES du pays. Les secteurs de l’agriculture, des forêts et de l’usage des sols, encore non couverts ou de façon imprécise par le modèle existant, y seront inclus. Cet appui vise également à développer un ensemble de scénarios de réduction compatibles avec les politiques publiques actuellement envisagées ou plus ambitieux. À terme, l’analyse menée identifiera les efforts d’abattement potentiels du niveau de GES par secteur et leur coût. 

Vanuatu
  • Impacts climatiques futurs et plans d’adaptation valorisant les savoirs écologiques locaux

La République de Vanuatu, archipel de plus de 80 îles situé au sud de l'océan Pacifique en Mélanésie, est l’un des quatre pays les moins avancés (PMA) de l’Océanie et l’un des pays les plus vulnérables à la menace climatique à l’échelle mondiale. 

Le projet Facilité 2050, porté par Météo France, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’AFD, vise à faciliter la formulation de plans d’adaptation au changement climatique au Vanuatu, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, ainsi qu’à accroître leur résilience grâce au développement de nouvelles données du climat futur, fiables et précises (d’ici 2100), qui n’existent pas à ce jour.

Il s’agira ainsi de produire des projections du climat futur à haute résolution sur le Pacifique Sud à une échelle de 20 km, puis de 2 km, pour capturer l’évolution du climat sur les îles hautes. De telles données inédites offriront aux décideurs des analyses d’impact du dérèglement climatique dans différents secteurs (ressources en eau, agriculture ou développement des maladies à vecteur) pour orienter les politiques publiques locales. L’élaboration des plans d’adaptation comprendra une étape de collecte des savoirs traditionnels, en particulier des savoirs écologiques locaux, pour qu’ils puissent être valorisés et fassent l’objet d’une transmission.

Vietnam
  • Analyse des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation à moyen et long terme

Le Vietnam est l’un des cinq pays au monde les plus vulnérables au changement climatique. Dans ce contexte, l’objectif de l’outil de modélisation GEMMES Vietnam développé par l’AFD est de proposer une étude intégrée des différents aspects des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation possiblement mises en œuvre dans le pays, pour l’accompagner dans la construction d’une trajectoire de développement résiliente. Ce projet est réalisé en collaboration avec la Direction du changement climatique du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement vietnamien et l’IRD.

Par ailleurs, la Facilité 2050 accompagne également le ministère du Plan et de l’Investissement dans l’intégration des enjeux climatiques dans ses stratégies et son plan de développement socio-économique. 

Multi-pays Afrique
  • Trajectoires de décarbonation profonde (Deep Decarbonization Pathways)

Portée par l’IDDRI, l’initiative DDP a pour objectif d’aider les États et les acteurs non étatiques à élaborer des scénarios de décarbonation. La Facilité 2050 prévoit de soutenir des appuis dans des pays africains (Nigéria, Sénégal : en cours d’identification) où la discussion d’objectifs climatiques de sobriété carbone et de résilience nécessite de s’inscrire d’emblée dans la perspective plus générale des trajectoires de développement visant à répondre aux urgences économiques, sociales et environnementales de court terme, et à satisfaire les besoins sur le long terme.

Facilité 2050

Afin d’accompagner une trentaine de pays en développement parmi les plus émissifs ou les plus vulnérables dans leur transition vers un modèle de développement bas carbone et résilient, l’AFD a créé un outil de subvention dédié : la Facilité 2050.
Logo Facilité 2050

 

L’Accord de Paris invite chaque partie à formuler et communiquer des stratégies à long terme de développement à faible émission de gaz à effet de serre (GES). Chaque stratégie doit inclure une trajectoire à horizon 2050 prenant en compte les changements institutionnels, économiques et financiers, technologiques et sociaux nécessaires pour concourir à un développement durable et sobre en carbone dans un environnement plus résilient.

Accompagner les pays partenaires de l’AFD dans la mise en place de cette trajectoire, tel est l’objectif de la Facilité 2050, créée en 2018 dans le cadre des engagements français pris lors du One Planet Summit à Paris.

Dotée de 30 millions d’euros sous forme de subventions et mise en œuvre par l’AFD, cette nouvelle facilité finance des études et des programmes de renforcement de capacités. Elle est également conçue comme un outil de dialogue pour l’analyse de scénarios de long terme. 

Sa création initie une démarche de coopération pluriannuelle avec une trentaine de pays que l’AFD accompagne dans leur stratégie de transition, dans le respect des objectifs fixés par l’Accord de Paris. 

Contexte

Facilité 2050, AFD
Poursuivre un développement compatible avec la lutte contre le changement climatique

Les effets déjà constatés du réchauffement climatique (montée du niveau des mers, sécheresse, inondations ou catastrophes météorologiques) font peser de nouveaux risques sur les trajectoires de développement des pays les plus pauvres et fragilisent les progrès réalisés ces dernières décennies sur le plan socio-économique. 

Souvent, faute de pouvoir quantifier le degré des impacts à venir, de nombreux gouvernements se voient freinés dans leur volonté de construire et financer des politiques de développement à la mesure de ces nouveaux enjeux. 

Il est pourtant impératif de parvenir à diminuer les conséquences du réchauffement climatique en réduisant le plus rapidement possible nos émissions de GES. Les pays les plus émetteurs doivent fournir un effort particulier en fonction de leurs moyens et de ceux mobilisés par la communauté internationale.

Les acteurs du développement doivent, quant à eux, œuvrer à la diffusion de la prise en compte du climat à tous les niveaux de prise de décision, en mobilisant des financements de politiques d’adaptation au changement climatique et de réduction des émissions de GES dans les pays d’intervention, en particulier dans les investissements longue durée (énergie, agriculture, foresterie et autres affectations des terres, transports, bâtiments, industrie, aménagement du territoire). 


Contributions déterminées au niveau national et stratégies à long terme : vers une approche intégrée

Les contributions déterminées au niveau national (CDN) sont une exigence de l’Accord de Paris. Chaque pays doit ainsi communiquer régulièrement sur les actions mises en place pour réduire ses émissions de GES. C’est tout l’objectif des plans climat, qui font l’objet de révisions régulières. Ceux-ci doivent fournir la preuve des efforts réalisés par chaque pays pour maintenir l’augmentation de la température mondiale nettement en dessous de 2 °C et d’efforts plus soutenus pour limiter cette hausse à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. 

Si la définition des CDN est un exercice nécessaire, leur horizon à moyen terme ne permet pas, dans la plupart des cas, de repenser en profondeur les modèles de développement, ni d’intégrer des objectifs à la mesure de ceux fixés par l’Accord de Paris.

À l’inverse, l’élaboration de stratégies à long terme (SLT) permet d’explorer différents scénarios de décarbonation à l’échelle d’un pays, contribuant ainsi à guider les décisions de plus court terme, dont les objectifs révisés des CDN. Les SLT constituent ainsi une opportunité, pour les gouvernements, d’anticiper les coûts budgétaires et financiers de leurs actions et de définir les réformes politiques et les investissements prioritaires pour assurer un avenir résilient et sobre en carbone. Elles constituent également un guide précieux pour les acteurs de la finance et du développement désireux de soutenir un développement durable et inclusif. 

Pour essentielles qu’elles soient, les SLT sont encore perfectibles. Une meilleure prise en compte, dès leur phase de conception, des Objectifs de développement durable, serait notamment souhaitable. La mobilisation de l’ensemble des parties prenantes à chaque étape de leur élaboration favoriserait également une meilleure compréhension par tous des transformations qu'elles entraînent, qui pourraient faire l’objet d’un nouveau contrat social.

La réponse de l'AFD

Facilité 2050, AFD

La Facilité 2050 a pour objectif de mener des actions de coopération technique et de renforcement des capacités. Pour cela, elle finance des études dont les recommandations ont vocation à contribuer aux réflexions des pays engagés dans l’élaboration de stratégies à long terme. La facilité peut œuvrer à la définition d’objectifs sectoriels et/ou à la redéfinition de politiques publiques permettant d’impulser la transition, et/ou la mise en œuvre dans des secteurs à forts enjeux pour le climat.

L’appropriation est assurée par l’ancrage institutionnel des appuis, la participation d’institutions des pays partenaires (ministères, universités, centres de recherche, think tank…), ainsi que par la concertation des parties prenantes et de différents acteurs (publics et privés, société civile) dans l’élaboration des scénarios et le partage des résultats.

Les possibilités d’interventions sont multiples et peuvent couvrir

  • la modélisation macroéconomique de la transition, notamment via le déploiement du modèle GEMMES de l’AFD
  • la transition énergétique : modélisation sectorielle des trajectoires énergétiques, renforcement de capacités en lien avec des outils de modélisation ; modélisation et optimisation des systèmes électriques ; impacts macroéconomiques de la transition énergétique, risques de transition
  • la mobilité et le développement urbain feuille de route pour la décarbonation du secteur, schéma transport long terme, aménagement du territoire, politiques de mobilité, politiques de développement urbain, appuis à l’intégration des politiques climat
  • la transition écologique et les ressources naturelles : stratégies long terme de protection et gestion des ressources forestières, des ressources en eau dans leurs usages multiples, de développement rural, d'aménagement du territoire, de couverture des besoins alimentaires
  • la transition démographique et sociale : évaluation des impacts et développement de politiques en matière de protection sociale adaptative, schémas de redéploiement des ressources alimentant les subventions aux énergies fossiles, formation professionnelle et transition juste.

Les projets

Facilité 2050, AFD
Algérie
  • Étude prospective sur les scénarios de transition énergétique à l’horizon 2050

L’Algérie fait partie des principaux pays exportateurs de gaz dans le monde, avec un modèle économique fortement dépendant des hydrocarbures. Fort d’une volonté de réduction de ses émissions de GES, de 7 % à 22 % à l’horizon 2030, le ministère de l’Énergie algérien a sollicité la Facilité 2050 pour soutenir une coopération technique sur la modélisation de sa transition énergétique et de sa trajectoire de développement à l’horizon 2050.

Brésil
  • Appui à l’élaboration de trajectoires de développement bas carbone et résilientes au Ceara et Nordeste

La région semi-aride du Nordeste brésilien, et en particulier l’État du Ceará, fait face à une grave sécheresse pluriannuelle qui, associée à l’augmentation des besoins dans les zones métropolitaines, a placé la question de l’eau au centre de l'agenda politique national. Dans ce contexte, l’appui de la Facilité 2050 consiste à octroyer à l’État du Ceará, à travers sa Fondation de météorologie et ressources hydriques (FUNCEME), une subvention pour l’élaboration de trajectoires de développement durable limitant l’empreinte carbone.     

Le financement proposé vise à appuyer la FUNCEME et ses partenaires pour des actions de recherche et de renforcement de capacités, selon trois axes principaux : analyse des impacts du changement climatique sur le lien eau/énergie/agriculture et évaluation des effets des politiques publiques ; identification de trajectoires de développement agricole avec des pratiques moins émettrices, dans une perspective de transition agroécologique ; renforcement des capacités des institutions du secteur hydrique pour développer des instruments et des voies de développement inclusives à faibles émissions.

Burkina Faso
  • Appui à la formulation de la stratégie à long terme de développement bas-carbone et résilient 

Un financement a été accordé au ministère de l’Environnement, de l’Économie verte et du Changement climatique du Burkina Faso afin d’appuyer les autorités à conduire le processus d’élaboration d’une stratégie à long terme (SLT, horizon 2050) de développement bas-carbone et résilient, ou « LT-LEDS » en anglais (Long Term - Low Emission Development Strategy).

Parmi les effets attendus : le renforcement du dialogue sur les enjeux climat/développement au Burkina Faso, notamment dans des secteurs stratégiques pour l’AFD (développement rural, énergie). Le Burkina Faso serait l'un des rares pays d’Afrique de l’Ouest à élaborer une stratégie à long terme. La réussite de l’exercice pourrait inciter ses voisins à faire de même.

Cambodge
  • Modélisation des scénarios de transition énergétique à horizon 2050

Dans un contexte de forte croissance de l’économie cambodgienne, la demande en électricité est particulièrement soutenue (prévisions de +15 % par an en moyenne jusqu’à 2040). Les défis sont nombreux afin d’assurer un accès à l’électricité pour tous et abordable, ainsi qu’une sécurité et une indépendance énergétique à long terme, tout en respectant les engagements de l’Accord de Paris. Ce projet réalisé en collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances soutient notamment la modélisation de scénarios de transition énergétique à horizon 2050 afin de nourrir les futures décisions de politique énergétique. 

Chine
  • Dialogues de politique publique autour de la trajectoire de transition énergétique

La Facilité 2050 appuie la mise en œuvre de dialogues de politique publique engagés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avec les autorités chinoises, en finançant des études pour contribuer aux réflexions liées à l’élaboration d’une stratégie à long terme, la mise en œuvre d’un marché national d’émissions de GES et l’optimisation du système électrique dans la perspective d’intégrer davantage d’énergies renouvelables intermittentes dans le réseau.

Colombie
  • Élaboration de la stratégie 2050 de développement bas-carbone et résilient

La Facilité 2050 soutient le ministère de l’Environnement et du Développement durable colombien pour mener à bien différentes activités (études, consultations des parties prenantes, appuis de consultants…), qui doivent aboutir à la publication de sa stratégie de long terme. Celle-ci constituera la feuille de route de la transition du pays vers la décarbonation de son économie, tout en intégrant les enjeux d’adaptation au changement climatique et la gestion du risque de désastres. Ce projet est mis en œuvre par Expertise France

  • Comprendre l'impact sur l’économie et le système financier colombien du risque de transition climatique

La Facilité 2050 a permis le financement d’une étude démontrant aux pouvoirs publics colombiens, aux acteurs privés et aux parties prenantes de la société civile les impacts négatifs potentiels des transitions bas carbone sur l’économie et le système financier colombiens, si elles ne sont pas bien gérées. L’analyse microéconomique menée par le Climate Policy Initiative (CPI) et l’université de Los Andes porte notamment sur l’impact sur les activités d’exploitation du charbon et du pétrole colombien, qui représentent 60% des exportations du pays.     

L’étude met en avant les conséquences sur la stabilité du système financier, l’équilibre des finances publiques et l'impact sur les travailleurs, communautés, entreprises et territoires particulièrement exposés. Elle propose également une série de recommandations pour atténuer ces risques et leurs impacts et accélérer la transition bas-carbone. 

COSTA RICA
  • Appui à l’organisation, la gestion et le pilotage du plan national de décarbonation

Le 24 février 2019, le gouvernement de Carlos Alvarado, élu 10 mois plus tôt, a présenté son plan national de décarbonation (PND), dont l’objectif est de faire du Costa Rica un pays neutre en carbone d’ici 2050. Ce PND a été déposé auprès de la CCNUCC en décembre 2019 en tant que stratégie à long terme en vertu de l’Accord de Paris. L’AFD et la BID soutiennent financièrement et techniquement la mise en œuvre du PND dans le cadre d’un dialogue avec l’État du Costa Rica portant sur les axes prioritaires du PND (transport, secteur AFOLU - Agriculture, foresterie et autres utilisations des terres) et sur les sujets transversaux de gouvernance climat comme le cadre institutionnel, réglementaire et financier. 

Dans ce cadre, le projet soutenu par la Facilité 2050 vise à apporter des appuis de coopération technique pour aider les institutions à se structurer et à mettre en place des outils nécessaires à la mise en œuvre du plan de décarbonation sur le long terme : appui organisationnel au ministère de l’Environnement et de l’Energie et tout particulièrement à la cellule en charge de la lutte contre le changement climatique, consolidation du dispositif mesure/notification/vérification (MNV) créé en septembre 2019 pour accompagner la mise en œuvre du PND à l’échelle sectorielle et de sa plateforme SINAMECC, élaboration d’un dispositif de suivi des résultats du PND, renforcement de compétences et appui à la cellule changement climatique du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. 

Côte d'Ivoire
  •  Développement d’un outil de modélisation pour accompagner la définition de la stratégie de transition énergétique à horizon 2050

Dans le cadre du défi électrique de la Côte d'Ivoire d’ici 2050, qui consiste à concilier développement économique et engagements climatiques, les objectifs de l’appui sont les suivants : 
-  Produire des outils d’aide à la décision permettant au ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie de tenir compte des enjeux de lutte contre la pauvreté et contre le changement climatique dans sa politique de transition énergétique.
- Renforcer les capacités nationales (notamment MMPE, CI-ENERGIES, Institut national polytechnique Felix Houphouët-Boigny et Cellule d’analyse de politiques économiques du Cires- CAPEC) en modélisation du secteur de l’énergie et sur la compréhension des liens entre trajectoire de transition énergétique, lutte contre la pauvreté et lutte contre le changement climatique.
- Développer un modèle du secteur de l’énergie couplé avec un modèle macroéconomique permettant d’élaborer différents scénarios de transition énergétique avec leurs impacts sur les grands indicateurs macroéconomiques (emploi, PIB, balance commerciale, consommation, investissement) et en termes de lutte contre la pauvreté et contre le changement climatique. 

Éthiopie
  • Appui à la formulation de la stratégie à long terme de développement bas-carbone et résilient (LT-LEDS)

L'Éthiopie est très vulnérable aux impacts négatifs du changement climatique, l'agriculture, l'eau et l'énergie étant les secteurs les plus sensibles au climat. Depuis 2010, le pays s'est engagé à lutter contre le changement climatique avec l'adoption d'une stratégie pour une économie verte résiliente au changement climatique pour traiter à la fois l'adaptation au changement climatique et son atténuation. En 2015, dans le cadre de l'Accord de Paris, le gouvernement éthiopien a pris l'initiative de publier une ambitieuse contribution déterminée au niveau national (CDN) visant à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 64 % d'ici 2030, par rapport aux affaires courantes. En juillet 2021, l'Éthiopie a publié une CDN actualisée dont l'ambition a clairement progressé, avec un objectif de réduction des émissions de 69 % d'ici 2030 par rapport aux affaires courantes.

Suite à l'appel de l'Accord de Paris, le gouvernement éthiopien a formulé une demande de soutien pour déployer sa stratégie de développement à long terme à faibles émissions et résiliente (LT-LEDS).

Ce projet soutient le gouvernement éthiopien dans l’élaboration de son document LT-LEDS (horizon 2050) afin de le soumettre à la CCNUCC en 2022.  Il va notamment :
- Identifier l'évolution potentielle de secteurs spécifiques dans un scénario d’affaires courantes, les principaux facteurs d'émissions et leurs tendances, et les facteurs clés de la demande.
- Identifier les options de développement à faible émission de carbone techniquement, politiquement et économiquement réalisables, susceptibles d'atténuer la croissance des émissions de GES et de renforcer les puits et la résilience du pays, en étroite consultation avec les parties prenantes.
- Rédiger la vision à long terme avec les objectifs stratégiques en matière de climat et de développement, et la voie possible pour sa mise en œuvre. 
- Évaluer le coût de la mise en œuvre de la trajectoire et les options et instruments de financement potentiels des options à faible émission de carbone en fonction des besoins d'investissement,
- Évaluer le potentiel d'égalité des sexes, d'autonomisation des femmes, d'inclusion sociale et de réduction de la pauvreté dans les options à faible émission de carbone proposées, 
- Proposer des options politiques et un plan d'action de mise en œuvre qui peuvent aider à réaliser le potentiel d'atténuation quantifié.

Inde
  • Énergie et émissions pour une qualité de vie souhaitée pour tous

Afin d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) et ses contributions déterminées au niveau national (CDN) en termes de changement climatique, l’Inde a besoin d’une planification stratégique lui permettant de découpler la réalisation des objectifs de développement de sa dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles.

La Facilité 2050 finance une étude menée par le Center for Study of Science, Technology and Policy (CSTEP, l'un des think tanks les plus influents d'Asie du Sud) qui examine les questions de recherche suivantes : quelles seraient les implications pour l'Inde en termes de matériaux, d'énergie et d'émissions si elle parvenait à atteindre un niveau de vie souhaité pour tous ? Comment le niveau de vie souhaité pour tous peut-il être quantifié en termes d'objectifs nationaux de développement ? Dans quelle mesure les besoins énergétiques futurs de l'Inde peuvent-ils être couverts par des sources d'énergie non fossiles afin d'être compatibles avec les aspirations mondiales visant à limiter le réchauffement à moins de 1,50°C ?

Les résultats permettront avant tout de développer un modèle qui sert de banc d'essai pour l'évaluation des politiques, en articulant des options autour de la résilience au changement climatique et des stratégies à long terme compatibles avec l’Accord de Paris pour l'Inde ; d'enrichir le débat sur les trajectoires futures de l’Inde et apporter des éléments essentiels à la stratégie indienne à l’horizon 2050, et enfin de créer une base de connaissances permettant des discussions informées sur les stratégies d'approvisionnement, les matériaux et combustibles alternatifs, les technologies, etc.

Indonésie
  • Étude sur l’efficacité énergétique dans le cadre d’une initiative sur la transition bas-carbone

La politique nationale de l’énergie indonésienne a pour objectif de réduire l’intensité énergétique du pays de 1 % par an jusqu’à 2025. Afin de définir les modalités de mise en œuvre d’une politique renouvelée et plus ambitieuse en matière d’efficacité énergique, notamment en réfléchissant à la mise en place d’éventuelles incitations financières et d’un cadre réglementaire plus adapté, le ministère du Plan indonésien souhaite renforcer ses outils de modélisation. Il souhaite également disposer de données actualisées pour définir des objectifs plus réalistes d’efficacité énergétique.

La Facilité 2050 soutient le développement d’un modèle permettant de formuler des recommandations en termes de politiques sectorielles, de réglementation et d’investissement, et contribue à l’élaboration d’un plan d’action efficacité énergétique pour le secteur industriel.

Maroc
  • Étude prospective sur les scénarios d’adaptation au changement climatique à l’horizon 2050

La Facilité 2050 appuie le ministère de l’Économie et des Finances marocain sur l’analyse des impacts de différents scénarios climatiques sur l’économie marocaine à travers le développement d’un modèle GEMMES (outil de modélisation développé par l’AFD), adapté à la réalité du pays. Une attention particulière est portée aux impacts du stress hydrique, notamment sur l’économie marocaine via le secteur agricole. Il s’agit d’interroger la viabilité du modèle de développement agricole axé sur l’irrigation dans un contexte d’aridification croissante, sur plusieurs décennies.

De façon plus générale, cet appui de modélisation permettra au pays de disposer d’un nouvel outil pour alimenter les travaux d’élaboration de la politique économique du royaume, et ce dans une perspective de long terme. Ce projet est complémentaire d’un appui mis en œuvre par la Plateforme 2050 Pathways pour accompagner le Maroc dans la formulation de sa stratégie à long terme. 

Mexique
  • Construire une trajectoire de résilience des municipalités les plus vulnérables au changement climatique

Dans le contexte de sa contribution déterminée au niveau national (CDN), dont l’adaptation constitue une partie très importante, le Mexique s’est engagé à réduire de 50 % le nombre de municipalités en situation de haute vulnérabilité au changement climatique, à mettre en place des actions pour la protection et la restauration des écosystèmes et atteindre un taux zéro de déforestation, et à générer un système de prévention des évènements hydrométéorologiques extrêmes dans tout le pays. Une ambition qui requiert un effort de long terme.

Le gouvernement mexicain a identifié 319 municipalités particulièrement vulnérables au changement climatique, ce qui représente environ un quart de la population nationale. C’est dans ce contexte que la Facilité 2050 l’aide à appuyer, dans un premier temps, au moins dix municipalités prioritaires dans la réduction de la vulnérabilité climatique à long terme. 

Le projet vise à accompagner le Mexique pour atteindre ses objectifs d’adaptation au niveau des municipalités, en mettant l'accent sur la planification de l’adaptation (priorités, investissements) dans les villes les plus vulnérables au changement climatique.

MOZAMBIQUE
  • Modélisation de la dynamique territoriale pour une gestion durable des terres (outil LANDSIM)

Le secteur des terres (forêt, changement d’affectation des terres et agriculture) constitue le principal facteur d’émission du Mozambique, et des objectifs ambitieux de réduction des émissions concernent ce secteur, avec de nombreux projets à l’appui. Cependant, des écarts significatifs d’estimation de GES existent selon les sources, soulignant la nécessité pour le pays de renforcer ses capacités méthodologiques dans ce domaine.

Le projet vise à créer un pôle de compétences locales en modélisation et analyse des dynamiques territoriales sur le secteur des terres au sein des institutions mozambicaines en charge (FNDS et Universités), en développant l’outil prototype LANDSIM (données spatialisées et simulations de dynamiques). 

Le projet permettra :

- de poursuivre le développement du prototype LANDSIM pour construire l’outil LUCCIA (Land Use and Climate Change Impact Assessment) en intégrant de nouvelles données et en l’opérationnalisant pour qu’il devienne un outil de simulation spatiotemporel permettant d’évaluer et d’orienter les investissements impactant l’évolution de l’usage des terres
- de calibrer LUCCIA avec l’étude de cas sur une région
- de l’utiliser à l’échelle nationale pour appuyer l’élaboration d’une trajectoire bas carbone et résiliente du secteur AFOLU (en lien avec les travaux de la stratégie long terme en cours) 
- et de renforcer les capacités nationales en matière de modélisation et d’analyse des dynamiques territoriales au service d’une trajectoire de développement bas carbone et résilient.

Namibie
  • Appui scientifique et technique au gouvernement pour lutter contre la sécheresse

La Namibie est le pays le plus sec d’Afrique australe. Afin de mieux préparer le pays à la gestion des sécheresses de plus en plus critiques, la Facilité 2050 met l’accent sur la formation des cadres et l’élaboration de documents simples directement interprétables pour des décisions de gestion intégrée des ressources en eau.

Le développement des compétences est proposé sous la forme d’un projet de formation complet, adapté aux besoins de l’administration namibienne, visant à faire monter en compétences les équipes des ministères concernés (techniciens, hydrogéologues, géomaticiens, géochimistes, etc), et de la participation à un projet de recherche appliquée mené par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et d’acteurs scientifiques locaux (comme le Service géologique de Namibie) visant à identifier des terrains susceptibles d’accueillir des projets de stockage souterrain par recharge artificielle.

Le BRGM propose également de contribuer à la réflexion en cours sur la planification et la gestion des épisodes de sécheresse en développant une carte de planification des ressources en eau pour les provinces d’Omusati et de Kunene auxquelles le gouvernement namibien porte une attention particulière.

Pakistan
  • Modélisation des émissions de GES

L’objectif de cet appui au ministère du Changement climatique (MoCC) est de compléter, au-delà du secteur de l'énergie, la modélisation des émissions de GES du pays. Les secteurs de l’agriculture, des forêts et de l’usage des sols, encore non couverts ou de façon imprécise par le modèle existant, y seront inclus. Cet appui vise également à développer un ensemble de scénarios de réduction compatibles avec les politiques publiques actuellement envisagées ou plus ambitieux. À terme, l’analyse menée identifiera les efforts d’abattement potentiels du niveau de GES par secteur et leur coût. 

Vanuatu
  • Impacts climatiques futurs et plans d’adaptation valorisant les savoirs écologiques locaux

La République de Vanuatu, archipel de plus de 80 îles situé au sud de l'océan Pacifique en Mélanésie, est l’un des quatre pays les moins avancés (PMA) de l’Océanie et l’un des pays les plus vulnérables à la menace climatique à l’échelle mondiale. 

Le projet Facilité 2050, porté par Météo France, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’AFD, vise à faciliter la formulation de plans d’adaptation au changement climatique au Vanuatu, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, ainsi qu’à accroître leur résilience grâce au développement de nouvelles données du climat futur, fiables et précises (d’ici 2100), qui n’existent pas à ce jour.

Il s’agira ainsi de produire des projections du climat futur à haute résolution sur le Pacifique Sud à une échelle de 20 km, puis de 2 km, pour capturer l’évolution du climat sur les îles hautes. De telles données inédites offriront aux décideurs des analyses d’impact du dérèglement climatique dans différents secteurs (ressources en eau, agriculture ou développement des maladies à vecteur) pour orienter les politiques publiques locales. L’élaboration des plans d’adaptation comprendra une étape de collecte des savoirs traditionnels, en particulier des savoirs écologiques locaux, pour qu’ils puissent être valorisés et fassent l’objet d’une transmission.

Vietnam
  • Analyse des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation à moyen et long terme

Le Vietnam est l’un des cinq pays au monde les plus vulnérables au changement climatique. Dans ce contexte, l’objectif de l’outil de modélisation GEMMES Vietnam développé par l’AFD est de proposer une étude intégrée des différents aspects des impacts socio-économiques du changement climatique et des stratégies d’adaptation possiblement mises en œuvre dans le pays, pour l’accompagner dans la construction d’une trajectoire de développement résiliente. Ce projet est réalisé en collaboration avec la Direction du changement climatique du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement vietnamien et l’IRD.

Par ailleurs, la Facilité 2050 accompagne également le ministère du Plan et de l’Investissement dans l’intégration des enjeux climatiques dans ses stratégies et son plan de développement socio-économique. 

Multi-pays Afrique
  • Trajectoires de décarbonation profonde (Deep Decarbonization Pathways)

Portée par l’IDDRI, l’initiative DDP a pour objectif d’aider les États et les acteurs non étatiques à élaborer des scénarios de décarbonation. La Facilité 2050 prévoit de soutenir des appuis dans des pays africains (Nigéria, Sénégal : en cours d’identification) où la discussion d’objectifs climatiques de sobriété carbone et de résilience nécessite de s’inscrire d’emblée dans la perspective plus générale des trajectoires de développement visant à répondre aux urgences économiques, sociales et environnementales de court terme, et à satisfaire les besoins sur le long terme.