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Les grandes banques nationales et régionales de développement, réunies au sein de l'International Development Finance Club (IDFC), présidé par l’AFD, ont publié leurs contributions climatiques à l’occasion du Sommet climat des Nations unies. Elles s'engagent notamment à mobiliser au moins 1000 milliards de dollars d'ici 2025 et appellent gouvernements et organismes réglementaires à libérer tout leur potentiel pour réorienter les flux financiers en faveur d’un développement sobre en carbone et résilient au changement climatique.

Communiqué de l’International Development Finance Club (IDFC)

Les banques nationales et régionales de développement disposent d’un énorme potentiel pour faciliter la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat et mobiliser un volume suffisant de finance verte et climatique – publique et privée – permettant de répondre aux besoins spécifiques des économies, sociétés et environnements nationaux.

Entre 2014 et 2018, les banques nationales et régionales de développement membres de l’IDFC ont mobilisé en moyenne chaque année environ 150 milliards de dollars de finance climat, soit près de 20 % du total de leurs engagements. Les membres du club ont également démontré leur capacité technique et financière à engager des volumes de financement encore plus élevés, le seuil de 200 milliards de dollars de finance climat annuelle ayant déjà été atteint sur cette période.

Cependant, si ces financements additionnels, tout comme ceux mobilisés par d’autres banques de développement multilatérales, internationales, régionales et nationales partout dans le monde, demeurent de la « finance climat habituelle », ils ne s’avèreront pas suffisants pour tenir nos objectifs climatiques communs. Au-delà de la finance climat publique et privée, la qualité et la réorientation de l’ensemble des flux financiers, quels qu’ils soient, sont essentiels. 

IDFC s’engage à soutenir cette ambition qualitative en prônant l’intégration des enjeux climatiques par l’ensemble des acteurs financiers, à l’échelle internationale comme nationale, et, avec les partenaires intéressés, à tout mettre en œuvre pour aligner les flux financiers sur les objectifs de l’Accord de Paris.
 

Plus de 1000 milliards de dollars d’ici 2025

À la lumière de ce qui précède et afin de concrétiser les objectifs ambitieux de l’Accord de Paris au service d’un développement durable, sobre en carbone et résilient, IDFC dispose du potentiel pour mobiliser d’importants volumes de ressources en appui à la réalisation de ces objectifs suivants :

  • fournir plus de 1 000 milliards de dollars de finance climat d’ici 2025, y compris en augmentant la part allouée aux mesures d’adaptation et à la résilience ;
  • mobiliser des financements du secteur privé et créer des instruments financiers mixtes public-privé afin d’accélérer la mobilisation et la réorientation des ressources privées pour soutenir un développement durable et climato-compatible.
     
Un cadre opérationnel robuste

Outre l’aspect quantitatif, l’IDFC s’engage à renforcer la qualité et les impacts des financements pour mettre en œuvre les agendas du climat et du développement durable. IDFC a commandé une étude à deux instituts de recherche, Institute for Climate Economics (I4CE) et Climate Policy Initiative (CPI), consacrée à l’alignement des financements sur les objectifs de l’Accord de Paris, publiée à l’occasion du Sommet Climat. Les institutions financières y trouveront un cadre opérationnel robuste, plaidant pour : 

  • l’extension du périmètre d’action, afin qu’elles examinent toutes les activités qu’elles financent en vue d’identifier leurs effets positifs et négatifs sur le climat ; 
  • l’enracinement des mesures de court terme dans les objectifs de long terme de l’Accord de Paris et des Objectifs de développement durable (ODD) ; 
  • l’adoption d’une approche visant à « ne pas nuire » tout en œuvrant aux transformations en profondeur des systèmes et des chaînes de valeur.

S’inspirant des recommandations de cette étude, l’IDFC continuera à œuvrer pour l’alignement des flux financiers sur l’Accord de Paris et les ODD en incitant les membres du Club à :

  • intervenir à l’échelon national et infranational et œuvrer avec d’autres acteurs pour soutenir les autorités nationales à respecter leurs engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris et apporter des conseils stratégiques pour concevoir des trajectoires de développement compatibles avec la résilience et la neutralité carbone à long terme ;
  • inclure plus systématiquement le changement climatique et l’alignement sur les objectifs de l’Accord de Paris dans leurs stratégies ;
  • réorienter les flux financiers en faveur d’un développement durable sobre en carbone et résilient au changement climatique.
     
Vers la neutralité carbone

Les membres de l’IDFC jouent un rôle de premier plan pour fournir des signaux aux marchés et permettre la réorientation des autres flux financiers, publics et privés, locaux et internationaux, vers des trajectoires d’investissements et de développement climato-compatibles. Rappelant son engagement pris en 2017 lors du One Planet Summit, à promouvoir l’élaboration de solutions alternatives durables aux combustibles fossiles, l’IDFC œuvrera au renforcement de la collaboration pour :

  • favoriser et contribuer à la neutralité carbone à long terme ;
  • soutenir l’accélération et le déploiement des investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les technologies propres ;
  • prendre en compte la part des investissements dans les combustibles fossiles dans les portefeuilles, œuvrer à l’application de critères d’investissements plus stricts, en fonction des mandats de ses membres, et envisager les manières et les moyens pour réduire cette part, en fonction des contextes nationaux et régionaux et en phase avec les contributions déterminées au niveau national (CDN) et les stratégies de long terme, à l’image de politiques explicites de sortie ou de réduction significative du financement du charbon.

Une facilité climat et un partenariat avec le Fonds Vert

Pour atteindre ces objectifs et concrétiser l’alignement des financements sur l’Accord de Paris, les membres de l’IDFC mettent en œuvre plusieurs actions concrètes, et notamment :

  • le lancement d’une Facilité Climat IDFC dotée de 10 millions de dollars pour renforcer les capacités collectives des membres de l’IDFC à initier et financer des actions en faveur du climat, qui sera opérationnelle avant la COP25, fin 2019, y compris avec la mise en place de l’Unité de Coordination de la Facilité et les dispositions connexes en termes de personnel ainsi que la mise en œuvre des premières actions d’échanges de connaissances et de travaux analytiques ;
  • la mise en place d’un partenariat stratégique avec le Fonds Vert pour le Climat (FVC), dans le but de réaliser ensemble les objectifs de l’Accord de Paris et promouvoir un accès direct aux banques de développement nationales et régionales, afin d’apporter, intermédier, mettre en œuvre et/ou mobiliser des ressources financières nationales et internationales en faveur du climat.
     
Libérer le potentiel des banques de développement

Par ailleurs, les membres de l’IDFC appellent les gouvernements et les organismes réglementaires à soutenir ouvertement et conforter cette dynamique et libérer le potentiel des banques de développement nationales et régionales pour :

  • déployer, réorienter et faciliter des investissements accrus pour un développement sobre en carbone, résilient et durable ; 
  • conduire les indispensables transitions sectorielles et nationales ;
  • contribuer de manière systémique à la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris et de l’agenda du développement durable.

Cela peut impliquer une inclusion plus explicite des considérations climatiques et en faveur du développement durable dans les mandats des banques de développement ou dans leurs plans d’affaires. Cela peut également conduire à des évolutions des cadres réglementaires de ces institutions pour renforcer les investissements en faveur du climat et les investissements de développement durable (IDD).
Enfin, cela implique également de conforter l’architecture internationale de financement du climat et du développement durable pour la rendre plus collaborative et mieux coordonnée, notamment en exploitant de manière optimale les ressources, les capacités et la valeur ajoutée des systèmes financiers locaux, des banques de développement nationales et régionales, des banques multilatérales de développement ainsi que des organismes et instruments financiers des Nations unies.
 

Un sommet des banques de développement ?

Dans cette perspective, l’IDFC propose que, sous l’égide des Nations unies, soit organisé  courant 2020, avant la COP26, un Sommet des banques de développement afin de mobiliser toutes les institutions de financement du développement opérant dans le monde et, plus largement, leurs actionnaires et parties prenantes, dans le but d’exploiter au mieux leur immense potentiel pour rendre possible la mise en œuvre des agendas du climat et des Objectifs de développement durable.