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3 questions à… Véronique Sauvat, responsable de la division Éducation-formation-emploi à l’AFD

Éduquer, pour quoi faire ? Alors que l’avenir de l’aide internationale pour l'éducation sera discutée à Dakar les 1er et 2 février, l’AFD rappelle son engagement prioritaire dans la promotion de l’éducation pour toutes et tous. Explications avec notre spécialiste de la question, Véronique Sauvat.
 

Véronique Sauvat, AFD
Véronique Sauvat © Alain Goulard / AFD

 

Pourquoi l’AFD choisit de soutenir l’éducation et la formation à travers le monde ?


Il est essentiel de donner des opportunités aux jeunes, dans un contexte mondial d’allongement de la scolarité, de transformations technologiques, environnementales  et dans l’univers du travail. Il faut garantir leur inclusion professionnelle et citoyenne et permettre aux femmes de gagner en autonomie en développant leurs compétences. 


L’éducation et la formation sont les meilleurs investissements possibles pour le développement des sociétés et des économies.  Leurs  bénéfices sont aujourd’hui bien connus : amélioration de la santé, accélération de la transition démographique, adaptation aux transitions technologiques ou environnementales, développement de la mobilité sociale et de l’employabilité, renforcement de la confiance dans les institutions et de l’engagement citoyen, diversification des économies… Des personnes bien formées construiront un avenir meilleur pour elles-mêmes et leur famille, mais aussi pour leur communauté ou la société.


L’AFD soutient ces dynamiques de progrès social, en premier lieu sur le continent africain mais également en Méditerranée, en Amérique latine et en Asie. Nous nous adaptons aux contextes locaux, à la vitalité des économies, aux besoins en compétences et aux situations de vulnérabilités. Les avancées considérables réalisées sur tous les continents, y compris en Afrique subsaharienne, doivent être soutenues en faveur des populations les plus défavorisées et dans les contextes les plus fragiles. C’est vers cette « nouvelle frontière » qu’est orientée l’action de l’AFD. 

Nos priorités : l'éducation des filles, l'acquisition des savoirs, l’accès à l'emploi.

Quels sont les principaux axes d’intervention de l’AFD en matière d’éducation ?

L’AFD intervient sur l’ensemble du parcours éducatif pour accompagner les personnes et les projets de développement des pays ou des territoires : de l’éducation de base à l’emploi en passant par la formation technique et professionnelle, l’enseignement supérieur et la recherche. 


Nous soutenons des projets mais surtout des politiques publiques qui visent à améliorer l’offre de formation, en quantité comme en qualité, ou encore le financement des systèmes éducatifs, leur planification, leur gestion ainsi que le renforcement des capacités des ministères et des enseignants.


Les priorités de l’AFD sont de permettre à toutes les filles d’être éduquées, de donner à tous les jeunes la maîtrise des savoirs fondamentaux et des compétences de base, mais aussi les savoir-faire professionnels et l’accès à l’emploi. Nous appuyons également l’innovation et l’émergence de nouveaux modèles de développement des territoires : il s’agit notamment de renforcer l’enseignement supérieur et la recherche, en lien avec le secteur privé.

L’éducation est un levier majeur de lien social et d’inclusion.

Quels sont les principaux défis à relever ?


Le premier défi est sans aucun doute de remobiliser des ressources pour l’éducation : l’Aide publique au développement (APD)  consacrée à l’éducation a baissé au cours des dernières années, alors même que la croissance démographique, les situations de crise et les enjeux de transformation de nos sociétés ont accru les besoins en compétences. La conférence de reconstitution des fonds du Partenariat mondial pour l’éducation (PME) mais aussi l’engagement présidentiel d’amener l’APD française à 0.55% du revenu national brut devraient donner de nouveaux moyens pour accompagner les États dans leurs politiques d’éducation et de formation. 


Le deuxième défi est de garantir la qualité des apprentissages, de l’école jusqu’à l’enseignement supérieur, afin que la promesse d’éducation soit la même pour tous.  Enfin, le troisième défi consiste à consolider la gouvernance des systèmes et des établissements afin de renforcer la confiance des citoyens dans leurs institutions et leur avenir personnel. 


L’éducation n’est pas seulement un enjeu pour les personnes, c’est un levier majeur de lien social et d’inclusion. Ces défis impliquent l’engagement de tous, maintenant !