Grâce aux valeurs qu’il véhicule – participation, respect, tolérance – il entraîne dans son sillage éducation, santé, égalité des sexes et emploi. Le sport s’affirme de plus en plus comme un outil transversal précieux pour faire face aux grands enjeux d’éducation et de cohésion sociale dans les pays en développement.

Beaucoup plus qu'un luxe ou un divertissement. Le sport - sous forme de jeu, d’activité physique ou de compétition - joue un rôle important dans toutes les sociétés. Il est crucial pour l’équilibre des plus jeunes. Il constitue un cadre idéal pour acquérir santé et confiance en soi ; il enseigne la tolérance, la participation, la coopération et le respect, celui des autres et des règles établies. Mais aussi la valeur de l'effort et la manière de gérer la victoire ou la défaite. Autant de principes structurants pour le lien social.

« On ne découvre évidemment pas aujourd’hui le rôle social du sport, explique Jérémie Pellet, directeur général délégué de l’Agence française de développement (AFD, l’institution chargée de la mise en œuvre de la politique de développement française). Pour Coubertin déjà, ce n’était pas une fin mais un moyen… On se rend toutefois compte qu’une utilisation innovante du sport favorise l’inclusion sociale et la résolution de problèmes sociaux ou éducatifs. Le potentiel reste considérable dans de nombreux pays ! Alors on essaie de pousser dans ce sens.»

Construction de terrains ou de piscines dans les quartiers les moins favorisés, soutien de centres de formation mais aussi projets pédagogiques auprès des enfants... Les pistes de travail sont nombreuses pour les acteurs du développement. « Avec l’outil du sport, précise David Blough, de l’ONG Play International, il est possible d’agir dans des contextes de post-urgence comme dans des situations de développement social plus classique. Le sport est une porte d’entrée pour aborder des questions de manière différente : c’est un vecteur d’engagement des populations que l’on souhaite accompagner. »
 

esporte, Brásil, Cardoso
Booster un secteur économique en pleine émergence
Sport, légende
Dans le parc Al-Choura réhabilité à Amman, Jordanie © Zaid Ali Taher Assaf / AFD


L’économie du sport représente près de 2 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et ne cesse de croître. Pour de nombreux pays, c’est donc une vraie opportunité en termes de développement local et d’emplois. Afin d'aider à concrétiser ces opportunités, la France a lancé une plateforme de transformation par le sport lors de la réception à l’Élysée du président du Liberia et ex-footballeur George Weah, en février 2018. Les objectifs : plus de partenariats internationaux et une aide aux initiatives locales en faveur du sport de proximité et de la cohésion sociale. 

C’est une petite révolution culturelle : le sport entre par la grande porte et s’affiche désormais comme un marqueur de la politique extérieure française. « Le but est de renforcer les liens entre le monde sportif, les entreprises, les acteurs du développement et les institutions pour faire émerger plus de projets de développement » explique Jérémie Pellet, de l’AFD. Au cœur de ce nouveau dispositif, le groupe AFD va jouer son rôle de catalyseur et facilitateur. Il s’agit de s’appuyer sur le sport pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), tout en encourageant des filières économiques locales mobilisant le secteur privé. L’organisation des Jeux Olympiques 2024 à Paris, dont le thème central est celui des « Jeux durables », vient évidemment renforcer cette dynamique.