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Dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), un navire flambant neuf sillonne désormais la banquise et ses bases scientifiques. C’est le nouvel Astrolabe. Entièrement financé par l’AFD, il a pour double mission de desservir et ravitailler ces terres isolées et de protéger les ressources halieutiques. Retour sur sa première tournée.

28 mars 2018 - Après 5 mois et demi de tournée en terre antarctique, le navire patrouilleur polaire Astrolabe est de retour à La Réunion, son port de rattachement. Une mission réussie : ses cinq rotations entre Hobart en Tasmanie et la base scientifique française de Dumont d’Urville en Terre Adélie ont permis de livrer 1000 tonnes de fret (viviers, matériels divers, véhicules et moyens logistiques) et près de 1600 m3 de gazole. L’Astrolabe, baptisé en hommage aux célèbres bateaux des explorateurs français La Pérouse et Dumont d'Urville, a également transporté 200 scientifiques et techniciens.

C’était la première mission de ce navire qui a été livré en juin 2017. Sans un tel brise-glace, capable de naviguer dans des conditions météorologiques extrêmes, les bases de recherche ne pourraient pas continuer à être actives.  

Les TAAF, un observatoire du bout du monde

Car les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), hotspot de biodiversité unique au monde, sont un site de référence pour la recherche. Un territoire composé d’îles et de territoires inhabités… Les scientifiques sont répartis dans des bases sur le continent antarctique, les îles australes et les îles Éparses. 

Leur rôle : étudier l’impact du changement climatique, plus visible encore auprès des pôles. Le poste de l’île d’Amsterdam est ainsi la station d’observation du GIEC pour l’hémisphère Sud.

Une flotte renouvelée

Mais l’isolement de ces territoires, leur étendue et les conditions climatiques spécifiques compliquent leur ravitaillement. Ils imposent la mise en place d’une chaîne logistique complexe. Si les îles Éparses sont ravitaillées par avion militaire, toutes les autres bases sont desservies par la mer par des navires patrouilleurs dédiés.

Pour finaliser la modernisation de sa flotte, après le relooking du Marion Dufresne en 2013, également financé par l’AFD, la collectivité s’est donc dotée d’un nouveau navire hybride, fruit d’un partenariat original entre les TAAF, l’Institut polaire français Émile Victor (IPEV) et la Marine nationale. Ce brise-glace remplace à lui tout seul les anciens navires Astrolabe (navire logistique) et Albatros (patrouilleur). Il a été financé entièrement par l’AFD grâce à un prêt de 50 millions d’euros.

Des missions de souveraineté 

Un navire deux-en-un : en plus de sa mission logistique, l’Astrolabe endosse aussi le rôle de patrouilleur des mers dans une zone économique exclusive (ZEE) de 2 500 000 km2 abritant la plus grande réserve naturelle française. La protection de ce patrimoine est ainsi en première ligne de la stratégie française dans les TAAF.

Après un arrêt technique d’un mois à La Réunion, l’Astrolabe est actuellement en patrouille dans le sud de l’océan Indien, vers les archipels Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam. Armé en permanence par la Marine nationale, le navire participera à la surveillance des pêches, à la préservation de la biodiversité halieutique et à la lutte contre les trafics illicites. Un deuxième arrêt technique est prévu à La Réunion avant son retour en Antarctique à l’automne 2018.