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Le Vietnam doit répondre à une demande d’énergie toujours croissante, tout en respectant les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Pour soutenir la transition énergétique du pays, l’AFD a noué une relation de confiance avec EVN, l’opérateur public d’électricité du Vietnam. Dinh Quang Tri, vice-président d’EVN, détaille cette collaboration.
Portrait de M. Tri, vice-président EVN Vietnam
© Alain Goulard / AFD


Quels défis rencontre le Vietnam en matière d'électricité ?

La demande en électricité augmente de 10 % chaque année. Par conséquent, le Vietnam pourrait faire face à une pénurie d’ici très peu de temps. Or, si l’usage des énergies fossiles augmente pour répondre à la demande, la quantité de gaz à effet de serre émise pourrait être multipliée par 3 d’ici à 2030.

Pour le moment, les énergies renouvelables hors hydroélectricité ne représentent que 2,4 % de la capacité installée. Nous avons donc un rôle à jouer pour inverser la tendance et inciter les acteurs à investir dans le renouvelable !

Un autre enjeu est l’acheminement et la distribution de cette électricité, notamment en milieu rural : par exemple, les baisses de tension en bout de ligne ne permettent pas d’exploiter l’intégralité de la capacité des projets solaires et éoliens dans ces zones.


Vous travaillez avec l'AFD depuis près de vingt ans : quelles sont les réalisations qui vous ont le plus marqué ?

La première opération avec l’AFD remonte aux années 2000 avec le projet d’électrification rurale dans le delta du Mékong. La relation en direct d'EVN avec l’AFD a commencé en 2008, avec un premier prêt non souverain [NDLR : prêt destiné à des collectivités locales, des entreprises publiques ou privées sans garantie de l'État] pour le projet de centrale hydroélectrique de Huoi Quang, qui permet la réduction des émissions de CO2 de 1 120 000 t éq. par an. Nous avons ensuite reçu en 2012 un financement souverain pour la très importante ligne haute tension Pleiku-Cau Bong entre le centre et le sud du pays, qui a permis d’augmenter la capacité électrique disponible tout en réduisant les pertes lors du transport.

D’autres projets de grande ampleur en financement non souverain sont en cours, comme la réalisation de la centrale solaire Se San 4 (parmi les premières de taille importante avec ses 49 MWp de capacité) ou l’extension de la centrale hydroélectrique de Ialy d’une capacité additionnelle de 360 MW. 

Tous ces projets participent à la stratégie de développement des énergies renouvelables du Vietnam, en lien avec l’engagement du gouvernement vietnamien pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.


L’appui de l’AFD se limite-t-il au financement de projets ? 

Non, l’AFD accompagne également notre structuration et notre croissance ! Grâce à cette collaboration, nous avons atteint des succès sur le plan financier : par exemple, nous avons signé notre premier prêt sans la garantie de l'État. Ce partenariat nous a également aidés à nous positionner sur les marchés financiers internationaux : EVN est maintenant noté BB, ce qui signifie que nous pouvons émettre des obligations internationales afin de diversifier nos sources de financement.

Enfin, nous avons reçu des assistances techniques pour améliorer notre capacité à préparer et à mettre en œuvre les projets, mais aussi à mieux répondre aux exigences des acteurs internationaux.