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Avec le parcours-spectacle « Nés quelque part », l’Agence française de développement et l’association Ars anima emmènent les visiteurs à la rencontre de leurs alter ego à Lagos, Phnom Penh ou Medellin. Un dispositif unique en son genre pour sensibiliser aux enjeux du climat et du développement durable.

Alberto surgit de nulle part, l’air ahuri sous son K-Way détrempé. Avec un fort accent, il explique à son auditoire captivé que le toit de sa maison de Medellin, en Colombie, vient de rompre sous l’effet des pluies torrentielles de plus en plus fréquentes à cause du changement climatique. Comme Alberto est bavard, il tombe son coupe-vent, visse son galurin sur la tête et raconte comment, dans leur quartier pauvre et isolé de Santo Domingo, la vie est rude pour une certaine Clara et son fils Manolo entre violence, inégalités sociales et enclavement. 

Nés quelque part, colombie


Ainsi commence l’un des scénarios de l’exposition vivante Nés quelque part, un parcours-spectacle de sensibilisation autour des grands enjeux du climat et du développement durable qui tourne à travers la France depuis quatre ans. Entre théâtre, jeu de rôle et exposition, Nés quelque part fait du visiteur un acteur, mué le temps de la visite en Mehiata, Manolo, Bilikiss ou d’autres personnages. Leurs pans de vie scénarisés par l’association Ars anima sont directement inspirés de vrais parcours de vie, et de projets de développement réellement conduits par l’Agence française de développement (AFD). Clara verra ainsi son quotidien se transformer au même rythme que sa ville et son quartier aujourd’hui désenclavé grâce, notamment, à un téléphérique urbain financé par l’AFD. L’aventure de Clara et les autres histoires de Nés quelque part ont déjà embarqué 43 000 visiteurs-acteurs français en Colombie, au Cameroun, en Polynésie, au Niger, au Cambodge et au Nigeria.

Immersion totale

Pour son ultime représentation, le spectacle pose son chapiteau dans le cadre exceptionnel de la toute nouvelle Cité de l’économie Citéco, dans le 17e arrondissement de Paris, du 26 septembre au 24 novembre. L’occasion de tirer le bilan après une première édition à Paris puis une tournée à Lyon, Roubaix, Bordeaux, Strasbourg et Marseille : « C’est un mode de sensibilisation qui fonctionne très bien, estime Cécile Delalande, directrice artistique de Ars anima. Le spectacle crée des ponts immédiats entre les gens et les sujets abordés, un lien d’empathie très fort s’établit tout de suite. » Ils n’ont ainsi pas été rares à quitter la scène les yeux humides et l’esprit chamboulé. Tout en repartant plein d’espoir : « Nous avons reçu énormément de remerciements par rapport au discours positif que nous véhiculons et des solutions concrètes qui sont présentées dans tous les scénarios », confirme Cécile Delalande. 

Même enthousiasme du côté des visiteurs. En ce 26 septembre inaugural, c’est une classe de prépa voisine qui est venue cheminer dans le dédale de pièces et de couloirs de Nés quelque part. « Ça nous permet de nous immerger vraiment dans la vie des gens et de vivre leurs problématiques, juge ainsi Hugo, 18 ans, au sortir de son parcours. J’ai beaucoup appris sur la Colombie et sur la façon dont Medellin a changé en quelques années. » « C’est très ludique, renchérit sa camarade Solène, 17 ans. On comprend comment vivent les habitants et on se laisse complètement embarquer dans l’histoire, notamment grâce aux comédiens. » 

La force du vécu
Nés quelques part, cambodge


De chair et d’os, les comédiens sont le cœur de Nés quelque part. Pour eux aussi, le dispositif est une première : « On sent que les gens accrochent et aiment le concept, lance Magali qui a joué plusieurs personnages dans le scénario du Cambodge à Roubaix, Strasbourg et Marseille (photo ci-dessus). En matière de sensibilisation c’est très efficace car les spectateurs sont dans l’action, ils sont impliqués et comprennent les enjeux exposés de façon très naturelle. »

Pour Luis, de relâche sur la Colombie ce jour mais habitué du rôle, « le spectacle est moins exigeant intellectuellement qu’une exposition figée ; il convoque la fibre de l’expérience personnelle, c’est bien plus fort. J’ai vu beaucoup de gens profondément émus au cours de nos représentations. » « C’est une démarche qui délivre un message optimiste, qui invite à la réflexion aussi, ajoute Solène Graille, de la cellule Sensibilisation, éducation et campagnes d'intérêt général de l’AFD. Et qui, on l’espère, incite les participants à agir, à leur niveau, pour un monde plus harmonieux. »

Photos : © Alexandre Grimaux / AFD

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